Présidentielle 2020, Soro : «Priez pour qu'en 2020, on ait le fauteuil»


Soro Guillaume est déterminé à briguer la magistrature suprême en 2020.

Pour la première fois, l'éventualité d'un 3e mandat du président Alassane Ouattara a été abordée par l'ancien président de l'Assemblée nationale. Guillaume Soro a dit ses vérités sur ce débat qui continue d'alimenter l'actualité à moins de deux ans de la présidentielle de 2020, jeudi 14 mars 2019, lors d'un échange avec une forte délégation de la région du bafing, à son domicile de Marcory-résidentiel à Abidjan. 

Même s'il ne le dit pas franchement, le député de Ferké pense que l'idée d'un troisième mandat du président Ouattara, dont le deuxième s'achève en 2020, est inacceptable. D'où son invitation aux proches du président à ne pas l'induire en erreur. «Si on ne se dit pas entre nous la vérité et puis on se ment, on va blaguer le président Ouattara. Toute la Côte d'Ivoire t'aime, il faut faire un troisième mandat. Quand problème va arriver, on va faire comment ? Dites la vérité aux gens. Dites la vérité ! On est fatigué maintenant, dites la vérité aux gens», a prévenu Guillaume Soro. «N'allez pas blaguer le monsieur. Il a fait ses deux bons mandats, qu'il finisse ses deux bons mandats et puis il s'en va. N'aller pas le blaguer pour dire que tout le Nord est derrière toi pour un 3e mandat. Attention, n'allez pas blaguer le monsieur cadeau à cause de votre méchanceté. N'allez pas le blaguer», a-t-il insisté, précisant que le pouvoir a toujours une fin.

L'hôte des populations du Bafing a fait remarquer que tout pouvoir est « éphémère ». Le vice-président de l'Association des parlementaires de la francophonie a pris l'exemple du président algérien, Aziz Bouteflika qui vient de renoncer à un cinquième mandat grâce à la pression du peuple algérien. « En Algérie, qui avait pensé que Bouteflika n'allait plus se présenter ? Il a fait quatre mandats et au moment du cinquième mandat, les gens se sont levés pour dire : « trop, c'est trop». Il a été obligé de renoncer », a-t-il argumenté.

Avant cette mise garde, Guillaume Soro a dénoncé l'attitude du pouvoir. Qui, selon lui, fait des misères aux personnalités qui lui sont proches. «On aurait voulu connaître ce régime pour d'autres biens faits mais pas pour des renvois, des prisons. Cela me fait très mal», s'est-il offusqué. M. Soro faisait allusion, entre autres, à la condamnation de l'ancien ministre des Sports Alain Lobognon à six mois de prison avec sursis pour «un tweet», et aux limogeages du directeur général de la Loterie nationale de Côte d'Ivoire (Lonaci), Issiaka Fofana et du secrétaire national au renforcement des capacités (Snrc), Méité Sindou. « Ce n'est pas bon. Ce sont des discours dangereux. Le pouvoir appartient à Dieu», a encore alerté M. Soro.

Le député de Ferké a encore dit des vérités concernant le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), porté sur les fonts baptismaux en juillet 2018 et présidé par Alassane Ouattara. Affirmant qu'il ne va jamais mentir au chef de l’État, il a indiqué au cours de cette même rencontre les raisons pour lesquelles il n'a pas adhéré au Rhdp. «Le Rhdp, je ne suis pas dedans et je ne crois pas en ce parti. Ça ne peut pas marcher», a-t-il coupé court, invitant les populations à adhérer au Comité politique qu'il a mis sur pied une semaine après sa démission de la présidence de l'Assemblée nationale. Le Comité politique est un «outil» visant à participer au débat et à la vie publique. Il a notamment pour mission de « mener des réflexions sur les grandes questions d’intérêt national et proposer des instruments et des cadres de promotion de la démocratie, de l’État de droit et d’affermissement des valeurs républicaines ».

Il vise en outre à examiner les questions qui lui sont soumises par le président, selon le texte fondateur. Dans cette dynamique, il a demandé aux jeunes de sillonner la région pour donner la bonne nouvelle à «ses parents, amis et connaissances» avant son arrivée dans cette partie de la Côte d'Ivoire. «J'ai quitté la tête de l'Assemblée nationale. Je suis parti. Chers parents, continuez à prier pour qu'en 2020, on ait le fauteuil», a supplié Guillaume Soro. Avant de poursuivre: «les gens pensent qu'ils peuvent vous acheter avec l'argent. Vous êtes un peuple digne qui ne se laisse pas corrompre, qui ne se laisse pas acheter».

Cette rencontre entre Guillaume Soro et les populations du Bafing est la énième du genre depuis son départ ''forcé'' de la présidence de l'Assemblée nationale.

                                           

Cyrille DJEDJED

Cyrille Djedjed

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  • SOURCE: L'inter
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