Après le discours du chef de l’Etat à l’Assemblée nationale, Gnamien Konan écrit à Ouattara : « Je suis déçu »


02/04/2019
Après le discours du chef de l’Etat à l’Assemblée nationale, Gnamien Konan écrit à Ouattara : « Je suis déçu »
Gnamien Konan espérait que le chef de l'Etat parle de Gbagbo, de la Cei, ou annonce qu'il ne serait plus candidat pour un 3ème mandat en 2020

Le président de ‘’La Nouvelle Côte d’Ivoire’’, Gnamien Konan, a décrypté le passage, le lundi 1er avril 2019, du président de la République, Alassane Ouattara, à l’Assemblée nationale. L’ancien ministre, député de Botro, qui disait fonder beaucoup d’espoir en cette présence de l’Exécutif, se dit déçu après le discours prononcé par le chef de l’Etat. Ci-dessous, sa réaction dont linfodrome.ci a reçu copie.

Monsieur le Président de la République.

Je voudrais vous remercier pour votre présence extraordinaire à la rentrée parlementaire du 1er avril 2019. J’avoue que je faisais partie de ceux qui ont cru au poisson d’avril. Je dois admettre qu’à l’arrivée, je me suis demandé si j’ai eu tort. En effet, lorsqu’une fois dans l’auditorium, j’ai appris que vous alliez vous adresser à nous, donc au peuple de Côte d’Ivoire, comme le prévoit notre constitution, je me suis dit que vous alliez faire nécessairement de grandes annonces, apaisantes et structurantes pour parler comme Achi Patrick. Du lourd en somme. Puisqu’il y avait dans l’auditorium beaucoup de Blancs, ceux qui nous disent ce que nous devons ou ne devons pas faire et fabriquent notre CFA. Mais, à l’arrivée disais-je, en dehors des éloges plus ou moins justifiés, au vu de notre constitution qui sépare les pouvoirs de l’Exécutif et du Législatif, adressés au tout nouveau PAN, ce fut un copier-coller de la conférence de presse du Premier ministre du 21 mars dernier.

Oui, je m’attendais à des annonces du genre, GBAGBO va être libéré, j’ai téléphoné à Fatou, elle ne fera plus appel et en plus, Dogbo Blé et ses amis seront libérés, on était en guerre donc nous tous on est dedans. Ou je vous le répète pour une dernière fois, je ne serai pas candidat à la présidentielle d’octobre 2020, après ce deuxième mandat. Ou bien, la CEI sera présidée par un Ivoirien de profil ingénieur chef de projet issu de la société civile suite à un appel à candidature. Ou bien j’ai décidé de remercier les ministres politiques pour former un gouvernement de 15 technocrates qui se contenteront de faire leur travail pendant que les autres pourront suivre tranquillement les traces d’Houphouët-Boigny en renaissant là où ils le désirent. On ne peut pas pendant des années payer des ministres avec l’argent du contribuable pour qu’ils soient tout le temps en campagne!

J’entends déjà les ''oh même en France, c’est comme cela''. Mais nous ne pourrons jamais les rattraper si nous ne faisons pas mieux qu’eux dans la gouvernance.

Comment un coureur peut-il rattraper ceux qui le devancent si ses efforts le limitent à la vitesse de ces derniers? Il nous faut dans tous les domaines une véritable révolution. Se contenter des fèves de cacao, des noix de cajous, d’une École coloniale et du FAFCI pour relever les défis de la mondialisation, c’est suicidaire. Je l’ai déjà dit: cette fameuse croissance qui nous fait rougir de plaisir et d’orgueil, n’est en aucun cas, le résultat d’une quelconque réforme. Elle est due à un effet de ressort. En effet, la Côte d’Ivoire a été divisée et comprimée par une décennie de crise militaro-politique. L’accalmie, suite à la victoire d’un camp a libéré les énergies. D’ailleurs si nous avions obtenu la réconciliation et réduit la corruption, nous serions à au moins 13% de taux de croissance, sans rien faire non plus. Essayez, vous verrez! Alors Excellence Monsieur le Président, avec tout le respect que je vous dois, j’ai été déçu et abandonné avec mon machoiron d’avril. Ce n’est que partie remise n’est-ce pas?

Gnamien Konan Deputé

Président de L@ Nouvelle Côte D’Ivoire.

Félix D. Bony

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  • SOURCE: Linfodrome

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