Béoumi : Une semaine après les affrontements meurtriers, le ministre Sidi Touré, fils de la région : « Le pardon viendra après, mais il faut la justice »


26/05/2019
Béoumi : Une semaine après les affrontements meurtriers, le ministre Sidi Touré, fils de la région : « Le pardon viendra après, mais il faut la justice »
Le ministre Sidi Touré et les autorités locales de Béoumi, après la rencontre pour restaurer la cohésion entre les communautés en conflit

Le ministre Sidi Touré a eu une rencontre, ce samedi 25 mai 2019 avec les protagonistes de la crise à Béoumi, localité dont il est originaire. Il a traduit sa position pour que justice soit faite, après les morts, même si pardon, il dont y avoir.

Le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, a appelé, ce samedi 25 mai 2019, à Béoumi, les communautés Malinké et Baoulé, protagonistes du conflit inter-communautaires qu’il y a eu dans cette localité, à privilégier la cohésion en leur sein gage de paix et de tout développement dans la cité. C'était au cours d'une cérémonie dite de pardon et de remise de dons organisée par les cadres et élus de la localité à la résidence du préfet du département.

Cette cérémonie, qui a réuni l'ensemble des cadres et élus de Béoumi, a été l'occasion pour le ministre Sidi Touré de se prononcer sur la suite des enquêtes menées par le Procureur de la République. « Il faut que la justice fasse son travail, et ça je ne vais pas lésiner là-dessus. Il faut qu'on sache ceux qui ont tué ou qui sont impliqués, car si on ne le fait pas, cette crise va resurgir. Après la justice, le pardon peut venir. Il faut que les deux camps sachent que quand il y a une crise, il faut la justice. Le pardon viendra après mais avant il faut qu'on sache qui a fait quoi pour honorer la mémoire de toutes les victimes. C'est la seule façon de régler cette crise », a asséné le ministre de la communication. Avant lui, les porte-paroles des deux communautés en conflit, Baoulé et Malinké, Nanan Agoh Barthélémy et Touré Siaka ont dit regretter ces scènes de violences qui ont occasionné de nombreuses victimes. Ils se sont, par ailleurs, engagés à sensibiliser et conseiller les membres de leurs communautés afin que pareille situation ne se reproduisent plus jamais sur la terre de Béoumi.

Jacques Mangoua, Jean Marc Kouassi et Nguessan Joachim respectivement président du Conseil régional de Gbêkê, maire et député de Béoumi, ont tour à tour exhorté leurs administrés à la nécessité pour eux d'entretenir des rapports de bonne cohabitation afin de permettre à Béoumi d'amorcer son développement. Le préfet du département de Béoumi, Djedj Mel, a pour sa part fustigé le comportement de certains politiques. « Vos ambitions personnelles ne doivent pas tuer Béoumi », a-t-il indiqué. Exhortant toutes les parties à donner des conseils à leurs membres.

Dans une dynamique de sortie de crise, l'administrateur a dit mettre en place un comité de suivi afin de recueillir toutes formes de propositions qui pourraient être bénéfiques. Ce comité, dont lui-même en assure la présidence, est composé des représentants du ministre Sidi Touré, des communautés, du maire, du député et du président du Conseil régional.

Notons que  plusieurs autorités et structures venues d'autres contrées ont tenu à apporter leur soutien aux victimes. Des dons en nature comme en espèces  ont été recueillis sur place pour soulager les quelques 300 déplacés enregistrés mais aussi les familles des victimes blessées et disparues. On peut citer entres autres le don du ministre des Equipements routiers, Amédé Kouakou, représenté pour l'occasion par le sénateur Paulin Alomo. Ce don se traduit par 5 tonnes de riz, une enveloppe de 5 millions de francs Cfa. Le préfet du département de Béoumi ayant réceptionné ces dons, a promis organiser, dans les prochains jours, une cérémonie officielle pour la remise aux bénéficiaires.

Simon  DEBAMELA, Correspondant Régional

Simon De BAMELA

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  • SOURCE: Linfodrome

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