Parti au pouvoir / Albert Flindé charge Mabri : « Il ne fait pas la promotion du Rhdp, il faut être cohérent, on ne peut pas être au Rhdp et à l’Udpci,... »


27/05/2019
Parti au pouvoir / Albert Flindé charge Mabri : « Il ne fait pas la promotion du Rhdp, il faut être cohérent, on ne peut pas être au Rhdp et à l’Udpci,... »
Pour le ministre Albert Flindé, Conseiller spécial du Premier ministre, il faut avoir le courage de le dire et de le faire, « la page de l’Udpci est tournée »

Il y a une véritable cassure au sein du parti unifié au pouvoir, le Rassemblement des Houphouëtistes (Rhdp), entre les cadres issus de l’Udpci. Notamment le groupe de l’ex-ministre Flindé Albert, fondateur du mouvement ‘’Tonkpi Rhdp 2020’’ pour la promotion du Rhdp dans le Tonkpi, bastion de l’Udpci, et le camp du ministre Albert Mabri Toikeusse, 2ème vice-président du Rhdp, que le premier cité accuse de ne pas jouer franc-jeu avec la formation conduite par le président de la République, Alassane Ouattara. Ci-dessous, les explications du Conseiller spécial du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.

M. le ministre, quel est le sens du mouvement ‘’Tonkpi Rhdp 2020’’ que vous avez créé, vous qui êtes un dignitaire de l’Udpci ?

‘’Tonkpi avec le Rhdp pour 2020’’ signifie que notre région, le Tonkpi, qui est le fief de l’Udpci, est et sera avec le Rhdp pendant les échéances de 2020, en particulier les élections présidentielles, et les élections législatives et locales. Nous avons créé ce mouvement à partir d’un constat. C’est que depuis le premier congrès ordinaire du Rhdp organisé le 26 janvier dernier, ça fait 4 mois que le parti unifié a été créé. Nous étions à la base de la création de ce parti, parce que nous étions 17 cadres à la direction du Rhdp qui faisait à peu près 77 personnes. Nous avons, donc, été parmi les membres fondateurs le 10 juillet 2018, et nous avons participé au premier congrès ordinaire du 26 janvier. Depuis, nous constatons que dans notre région, il n’y a pas de sensibilisation ni d’activités politiques qui tournent autour du nouveau parti. Nos parents, nos militants ont besoin d’être informés, d’être rassurer et de comprendre le processus du Rhdp. Donc, face à ce vide, nous avons décidé de créer un mouvement en attendant la mise en pl   ace par le président des structures du parti unifié pour le gérer dans nos régions. C’est un mouvement de sensibilisation, d’explication et de mobilisation pour que notre parti puisse être majoritaire sur le terrain dans la perspective des élections de 2020.

Comment comprendre que vous parlez d’un vide sur le terrain alors que le N°3 du Rhdp est de la région ?

La question pourrait s’adresser à la personne à qui vous faites allusions, je pense au président de notre parti. C’est ce que j’appelle le constat. Mais, ce que nous volons faire va dans le sens de la détermination des actions, des programmes pour expliquer à nos parents, à nos bases, à nos structures qui, de fait, sont devenus des structures, des militants automatiquement du Rhdp. Ça a été dit au congrès de janvier 2019. Eux, ils ont besoin d’être rassurés, qu’on leur explique de quoi il s’agit et comment ça va se faire de façon pratique. Vous savez que dans l’histoire, ce n’est pas nouveau ce qui se passe. C’est vrai qu’il faut le prendre dans son contexte, mais nous avons l’exemple du président Houphouët-Boigny qui a fait appel aux différents parti de l’opposition pour pourvoir faire un grand parti, le Pdci-Rda dans les années 1950. C’est ce qu’on va expliquer aux parents. Donc, je constate avec vous, effectivement que la 3ème personnalité du Rhdp est de notre région, mais nous sommes au regret de constater qu’il ne fait pas la promotion du Rhdp. Donc, nous aussi, en tant que responsables, nous prenons notre responsabilité. Je l’ai dit aux parents. Je leur ai dit que nous sommes nombreux, et nous avons le devoir de leur expliquer, parce que ce qui est en cours, c’est comment la Côte d’Ivoire va être gérée dans les années 2020, 2030. Donc, il faudra qu’on ne rate pas ce train au niveau de notre région et du courant que nous représentons à l’intérieur du Rhdp, c’est-à-dire la démarche de l’Udpci de fait.

Officiellement, le président de l’Udpci avait annoncé qu’il serait candidat pour les élections présidentielles de 2020. En créant ‘’Tonkpi Rhdp 2020’’, n’est-ce pas un clash des ambitions qui se profile ?

Ce que vous dites me donne l’occasion de réexpliquer ce que nous avons dit au congrès. Le congrès extraordinaire de l’Udpci pour aller au parti unifié Rhdp que nous avons organisé le 12 mai 2018 a dit ceci, puisqu’un parti politique existe pour avoir le pouvoir d’Etat et l’exercer démocratiquement. Si nous sommes donc fondus dans le Rhdp, notre ambition de conquérir le pouvoir d’Etat se fond dans ce processus. Mais, elle n’est pas éteinte, cette ambition. On dit qu’à l’intérieur du Rhdp, l’Udpci fera l’offre de la candidature de son président. Mais, à l’intérieur du Rhdp. Donc, si nous créons ‘’Tonkpi Rhdp 2020’’, en tant que militant du Rhdp issu de l’Udpci, nous pouvons faire cette offre-là. Encore faut-il que celui au bénéfice de qui on va faire l’offre en soit conscient et soit dans cette logique. Or, nous constatons qu’il n’est pas dans cette logique. Çà, on verra le moment venu. C’est pour ça on a créé notre mouvement pour que notre région, qui est le bastion de l’Udpci, se mette dans la logique d’être dans le train du Rhdp. Parce que nous croyons en la capacité du Rhdp, et en la capacité de son animateur principal qui est le président de la République, SE Alassane Ouattara, avec toute son équipe gouvernementale conduite par le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. Nous croyons que c’est là que se trouve la vérité et le bonheur de la Côte d’Ivoire par rapport à l’expérience que nous avons vécue. Un pays qui sort de crise, et qui, huit ans après, se positionne parmi les pays phares du monde entier. C’est pour cela que nous avons tu cette ambition en disant que si le président joue le jeu, nous allons l’accompagner, sinon nous sommes pour le Rhdp en 2020.

On pourra dire que pour vous la page de l’Udpci est tournée ?

Ah oui, de fait ! Nous l’avons dit au congrès, et nous savons qu’en Côte d’Ivoire, on ne peut pas appartenir à deux partis. En plus, il faut être cohérent. Pour nous, ça va de soi qu’on ne puisse pas être au Rhdp et à l’Udpci. Il faut avoir le courage politique de le dire et de le faire.

Quelles sont les activités qu’envisage ‘’Tonkpi avec le Rhdp pour 2020’’ pour inverser cette tendance ?

C’est un mouvement à la disposition des instances et des animateurs du Rhdp dans le Tonkpi. C’est-à-dire, les enfants et toutes les populations qui vivent dans les cinq départements du Tonkpi : Sipilou, Man, Biankouma, Danané, Zouan-Hounien. C’est parce qu’on est en politique, sinon le Tonkpi, c’est aussi les ressortissants d’autres régions, qui ont des intérêts dans notre région, ainsi que les fils et les fils de la région qui se trouvent dans toutes les régions de la Côte d’Ivoire et même dans le monde entier. Donc, nous avons déjà établi un programme d’activité pour la mobilisation, à la sensibilisation et aux explications politiques pour convaincre nos parents à adhérer au Rhdp dans les 5 départements, dans toute la Côte d’Ivoire et au niveau de la diaspora à l’extérieur. Ce programme tourne autour d’activités qui appellent les militants à s’apprêter à aller au combat sur le terrain au niveau de notre région et de toute la Côte d’Ivoire pour faire la promotion du Rhdp. Ça commence par des tournées que nous allons entreprendre. Dès le 6 juin, en tant qu’initiateur du mouvement, nous allons nous rendre dans la région pour faire des rencontres de proximité dans tous les départements, et à la fin du mois de juin, nous allons organiser deux grands rassemblements à Danané (au sud) et à Biankouma et Sipilou (au nord). Ces deux grands meetings seront des rencontres préparatoire au grand rassemblement que nous allons faire, en liaison avec tous ceux qui animent et son concernés par le Rhdp, à savoir un grand meeting d’hommage à notre président dans le mois de juillet, en fonction de la disponibilité des uns et des autres. C’est une proposition qui s’adresse à tous les animateurs des différents partis qui sont dans notre région, c’est-à-dire le Rdr, l’Udpci, le Mfa, le Pit, l’Upci, qui sont les responsables dans notre région. On va leur faire l’offre, et je pense qu’ils vont accepter de faire ce rassemblement pour rendre hommage au président de la République par rapport à tout ce qu’il fait pour la Côte d’Ivoire, et ce qu’il a fait pour l’instant pour notre région, et surtout pour ce qu’il, pourra faire davantage pour notre région, maintenant et à moyen terme.

Comment voyez-vous l’horizon du Rhdp st si Mabri Toikeusse, qui a affiché ses ambitions pour 2020, ne figurait pas sur le ticket du Rhdp, et maintenait sa trajectoire ?

Ça, c’est de la fiction. Ce que je sais, c’est que le ministre d’Etat, deuxième vice-président du Rhdp, ne peut pas ne pas être candidat à l’intérieur du Rhdp. Ça, c’est ma conviction, et c’est ça qui est logique. Maintenant, si cette offre est faite comme nous l’avons décidé au congrès extraordinaire de 2018, l’examen se fera à l’intérieur du Rhdp avec les règles du Rhdp. Donc, moi, je ne vais pas me prononcer sur les éventuelles hypothèses ou hypothétiques comportements et attitudes des uns et des autres.

Quel est votre avis sur l’éventualité d’un 3ème mandat du président Ouattara ?

Je n’ai pas de problème avec un 3ème mandat du président de la République. Si le président présente cette éventualité à l’intérieur du Rhdp, on va examiner. Moi, je ne suis pas, a priori, contre, compte-tenu d’un certain nombre de considérations et d’attitudes que nous avons dans le pays. Parce que pour moi, c’est le moindre mal.

Et si c’était le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, dont le nom revient de plus en plus ?

Moi, je suis son conseiller spécial. Donc, je suis dans le starting-block.

Donc, vous confirmez l’information ?

(Rire) Non non ! La candidature du Premier ministre sera dans le cadre du Rhdp. C’est une candidature d’ordre politique. La décision sera prise le moment venu. Que ce soit le président de la République, que ce soit le Premier ministre ou le ticket que le parti va désigner, moi je n’ai pas de problème. Mais, pour l’avoir pratiquer depuis les années 1990 et depuis 2011, le Premier ministre est un homme de dossier, un cadre averti et compétent que je connais depuis plus de la trentaine d’années. Il a la tête sur les épaules, il a fait ses preuves depuis le cabinet du Premier ministre d’alors qu’est l’actuel président de la République, Alassane Ouattara, jusqu’au Secrétariat général de la présidence de la République, et aujourd’hui à la Primature. Je pense que c’est un homme qui est bien et qui mérite d’être candidat.

La crise Bédié-Ouattara, qu’en dites-vous ?

Je dis souvent que la politique est jeu sans règle, parce qu’on ne pouvait pas s’imaginer avant août 2018 une situation comme celle-là. C’est par rapport à ça que je comprends l’attitude de ceux qui, responsables du Pdci-Rda d’antan, sont aujourd’hui dans le mouvement ‘’Renaissance’’. C’est incompréhensible. Si je n’étais pas en politique, j’allais dire qu’on allait prier pour que la situation redevienne normale. Mais, comme je suis en politique, et que je constate certaines tentatives de regroupements d’hommes et de femmes, un regroupement de gens dont les fondements, les actions, les idéologies sont incompatibles - mais en politique tout est possible – c’est regrettable. Sincèrement, c’st regrettable que ce tandem qui marchait si bien du grand frère et du petit frère devienne ce que ça donne aujourd’hui. Mais, c’est la politique, et nous, on a choisi notre camp.

Propos recueillis par F.D.BONY

Félix D. Bony

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  • SOURCE: Linfodrome

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