Après le communiqué du gouvernement, Jean Louis Billon : « Le Pdci n'a pas peur de la menace pénale »


13/06/2019
Après le communiqué du gouvernement, Jean Louis Billon : « Le Pdci n'a pas peur de la menace pénale »
Ph DR

Henri Konan Bédié n'est pas seul. Suite au communiqué du gouvernement, samedi 8 juin 2019, condamnant des "propos d'une extrême gravité, appelant à la haine de l'étranger", tenus par le président du Pdci-Rda trois jours plus tôt, il a le soutien de ses militants et aussi des autres partis politiques tels que le Rpci de Bamba Morifré, l'Urd de Daniel Boni Claverie… Ceux-ci ont marqué de leur présence la conférence de presse de Jean Louis Billon, secrétaire exécutif chargé de la communication, de l'information et de la propagande, tenue hier, lundi 10 juin 2019, au siège dudit parti sis à Abidjan-Cocody.

En présence de plusieurs vice-présidents, des membres du secrétariat exécutif, des inspecteurs du parti..., M. Billon a défendu son président qui a dénoncé les orpailleurs et la fraude sur l'identité ivoirienne à l'occasion d'une audience qu'il a accordée à des militants du Pdci de la commune de Koumassi. «Le président Henri Konan Bédié n'a fait que porter à l'attention de l'opinion nationale et internationale des faits bien troublants et récurrents vécus par les populations ivoiriennes et qui suscitent de véritables inquiétudes», a dit le conférencier. «Je ne vois pas où est le crime. Le Pdci n'a pas peur de la menace pénale quand il exprime librement son opinion dans un pays dit démocratique», a ajouté M. Billon, par ailleurs, très acclamé par les militants.

Dans un communiqué rendu public le samedi 8 juin 2019, Sidi Touré, ministre de la Communication et des Médias, a indiqué que l’Etat de Côte d’Ivoire a condamné cette sortie «qui n’honore pas son auteur qui ne doit pas méconnaître les obligations liées à son statut». «Il a tenu des propos d’une extrême gravité, appelant à la haine de l’étranger, qui sont de nature à mettre en péril, au-delà de la paix et de la cohésion sociale, l’unité nationale et la stabilité du pays», a déclaré le porte-parole du gouvernement.

Selon Jean Louis-Billon, le porte-parole du gouvernement a choisi délibérément des morceaux de la déclaration du président du Pdci-Rda, sortis de leur contexte, pour en faire une exploitation « tendancieuse à l'effet de ternir son image et porter atteinte à son honorabilité ». Pour le conférencier, le Pdci-Rda voudrait inviter le gouvernement ivoirien à faire siens les faits révélés publiquement et solennellement par le président Bédié. «Le gouvernement de Côte d’Ivoire doit se sentir interpellé, après l’adresse du président Bédié et mener les investigations en vue d’apporter de véritables et rassurantes solutions aux préoccupations des Ivoiriens, des Ivoiriennes et de tous les habitants de la Côte d’Ivoire», a fait savoir l'ex-ministre du Commerce.

«Est-ce du racisme, de la xénophobie, du tribalisme, de la discrimination raciale ou religieuse, de la haine de l’étranger que de regarder comme troublant ce phénomène qui est une réalité, principalement le fait de non nationaux armés et domiciliés à la lisière de nombreux de nos villages de Côte d’Ivoire ? Est-ce du racisme, de la xénophobie, du tribalisme, de la discrimination raciale ou religieuse ou de la haine de l’étranger que de dénoncer la réalité de la fraude sur l’identité ivoirienne ?», s'est interrogé l'ancien président du conseil régional du Hambol, estimant que le président du Pdci-Rda est qualifié et bien placé pour aborder ces préoccupations majeures pour alerter le gouvernement ainsi que l’opinion sur la gravité de ces événements qui menacent la paix sociale et la quiétude des populations ivoiriennes. Pour le Pdci, le gouvernement se fait complice des problèmes qui sont réels. « Le Pdci s’indigne du mauvais procès et invite le gouvernement à faire siens les problèmes sur la situation de l’orpaillage clandestin et le trafic de l’identité », a indiqué Billon.

Lors de cette conférence, l’émissaire du Pdci a énuméré de façon détaillée les différents cas sur la situation de l’orpaillage clandestin et la fraude sur la nationalité. Non sans relever les conséquences de ces questions. Pour Billon, les Ivoiriens attendent le gouvernement sur l’augmentation du prix de la viande, la situation sécuritaire et l’école. «Ce n'est pas la peine de nous détourner des vrais sujets. Il y a la réforme de la Cei, les cartes nationales d'identité, le découpage électoral. Il ne faut pas fuir le rendez-vous de 2020. Il arrive à grands pas. La peur de la défaite commence déjà à les ébranler», a conclu Jean-Louis Billon.

 

Cyrille DJEDJED

Cyrille Djedjed

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  • SOURCE: L'inter
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