Sommet de l’Apf au Maroc : Cacophonie entre Guillaume Soro et Amadou Soumahoro à Rabat, l’ex-Pan essuie des revers, mais…


Sommet de l’Apf au Maroc : Cacophonie entre Guillaume Soro et Amadou Soumahoro à Rabat, l’ex-Pan essuie des revers, mais…
La bataille pour la présidence de l'Apf ne s'annonce pas facile pour l'ex-président de l'Assemblée nationale contré à Rabat

La Côte d’Ivoire n’aura pas présenté un beau visage à la 27ème Assemblée de l’Assemblée Régionale Afrique de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie (APF) tenue à Rabat où bataille Soro – Soumahoro a polarisé tous les travaux.

Ce n’est vraiment pas une belle image de la Côte d’Ivoire qu’il y a eu à Rabat, au Maroc, où s’est tenue ces 14 et15 juin 2019, la 27ème Assemblée Régionale Afrique de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie (APF). La guéguerre qui a avait commencé, depuis Abidjan, entre l’ex-président de l’Assemblée nationale (Pan), Guillaume Soro, et son prédécesseur, Amadou Soumahoro, a été le point noir de ce sommet. « L’un des l’un des plus tumultueux, pour ne pas dire pire », tel que décrit dans sa réaction de fin par Guillaume Soro, lui-même.

C’est que les travaux n’auront pas été facilités par les protagonistes ivoiriens, qui se battent déjà autour du fauteuil de la présidence de l’institution que la Côte d’Ivoire devrait pouvoir occuper début juillet prochain, à l’issue du Sommet de l’Apf prévu à Abidjan.

Guillaume Soro, 1er vice-président sortant, et président de la Régionale Afrique veut bien se faire droit dans ce fauteuil. Et ce, malgré son éviction de la chaire de son pays. Une éviction, qui est saisie comme une opportunité par Amadou Soumahoro, le nouveau président de l’Assemblée nationale pour qui le fauteuil convoité par son prédécesseur lui revient de droit.

La guerre des communicants

Au Maroc, les débats ont été houleux. Et si l’on s’en tient à un point fait par la délégation conduite par le nouveau chef de la chambre basse du Parlement ivoirien, Guillaume Soro a eu du mal à s’imposer à Rabat. L’unique délégation ivoirienne reconnue, et ayant pris part aux travaux étant la sienne. L’ex-Pan n’aurait pas eu accès à la salle, encore moins à la table de séance où la veille de l’ouverture des assises, il annonçait qu’il co-présiderait les travaux avec le président du Parlement marocain, Jacques Krabal. Ce, en conformité avec sa posture de président de l’Assemblée régionale Afrique, et 1er vice-président de l’Apf.

Dans un communiqué, les communicants de l’ex-chef du Parlement ivoirien seront les premiers à donner un aperçu des échanges qui ont lieu dans la capitale marocaine. A commencé par le huis clos où des préalables ont été levés. « Le huis clos a duré plus de 02 h, bloquant ainsi le début de la cérémonie officielle. Au cours du huis clos la délégation de Côte d’Ivoire a exigé le poste de Premier Vice-président de l’APF pour le compte de M. Amadou Soumahoro et, subséquemment sa candidature pour la présidence de l’APF. Cette exigence ivoirienne a été rejetée. Le sommet a reconnu à SEM Guillaume Kigbafori Soro, au regard des statuts de l’APF, la qualité indéniable de Premier vice-président de l’APF. Pour éviter un blocage des travaux et créer ainsi un incident diplomatique, M. Guillaume Kigbafori SORO a choisi librement de renoncer à présider les travaux », ont relaté les hommes de Soro. Un revers ? C’en n’en était pas moins un.

A propos, dans un communiqué contradictoire, la délégation partie du Parlement ivoirien donnera d’autres clarification. A savoir que la Présidence des travaux était de la responsabilité exclusive du Président de la Section invitante, en l’occurrence Monsieur Habib El Malki, Président de la Section APF du Maroc et Président de la Chambre des Représentants du Maroc. « Ce texte excluait donc toute coprésidence. Il suit que la qualité de Premier Vice-président alléguée par M. Guillaume SORO était inopérante en la matière ».

Soro essuie deux revers

De même, la note émanant du président Soumahoro fait des précisions sur la participation voulue par l’ex-Pan à la réunion à laquelle il n’a pu finalement accéder. Selon cette note, seules les personnes figurant sur la liste des délégués, dont le nombre est fixé par la Conférence des Présidents, peuvent prendre part aux travaux de l’Assemblée Régionale Afrique. Conséquemment, pour être présent dans la salle de réunion et prendre part aux travaux de cette Assemblée, les conditions cumulatives requises sont, d’être membre d’une section nationale de la Région Afrique et surtout, d’être désignés comme membre de la délégation constituée par le Président de la section. En conséquence, la seule délégation officielle de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire était celle conduite par son Président. « Aucune autre personne, aucun autre député, fusse-t-il député ivoirien ou même simplement membre de la section nationale ivoirienne, ne doit être présent dans cette salle, parce que ne détenant pas la qualité de délégué ou de membre de la délégation de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire. C’est en raison de cette lecture rigoureuse des textes régissant la Région Afrique qu’aucune autre délégation n’a pas été admise sur le site du Palais du Parlement et dans la salle de réunion ». En clair, Guillaume Soro n’a pas pu avoir accès au site des travaux.

Un autre revers pour le député de Ferkessédougou, qui ne démords pas et pense malgré tout, avoir sauvé la face. « Venus dans l’unique but de m’humilier (quel programme ?). Je repars de Rabat stoïque et conforté dans mes prérogatives de 1er Vice-Président de l’APF. Le coup d’Etat n’a pas eu lieu », se satisfait Guillaume Soro, qui traduit sa reconnaissance au Secrétaire général de l’Apf, Jacques Krabal, pour le respect des textes de l’institution. Lesquels textes ont cependant fait droit à la délégation d’Amadou Soumahoro, reconnue, en plus de ne lui ayant pas permis de s’installer à la chaire de la réunion de Rabat.

La vérité, c’est que la suite s’annonce dure pour l’ex-Pan ivoirien déchu, car la bataille tourne pour le moment, à l’avantage de son successeur. Amadou Soumahoro étant bien parti pour occuper le fauteuil de président de l’Apf qu’il était à deux doigts de prendre.

Félix D.BONY

Félix D. Bony

|

  • SOURCE: Linfodrome
Previous ◁ | ▷ Next
 

Videodrome

Vous n'avez pas de compte? Créez votre compte

Connectez vous a votre compte