Belgique : Gbagbo et Bédié vont se rencontrer, c’est calé !

Les deux hommes préparent quelque chose de grand
28/06/2019
Belgique : Gbagbo et Bédié vont se rencontrer, c’est calé !
Ça pourrait être le plus haut événement politique que la Côte d’Ivoire va connaître, les prochains jours…

Ça pourrait être l’évènement politique le plus haut de l’année en Côte d’Ivoire. Henri Konan Bédié dit Hkb, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci), et Laurent Gbagbo, acquitté des crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale (Cpi), devraient se rencontrer à Bruxelles en Belgique, en marge de la remise du Prix Félix Houphouët-Boigny.

La rencontre entre ces deux hommes était dans l’air, depuis quelque temps. Leur entente informelle, par personne interposée, va finalement se concrétiser par la poignée de main qu’ils vont se donner. Sous le titre : « Côte d’Ivoire. Henri Konan Bédié rencontrera Laurent Gbagbo à Bruxelles les jours à venir », La Lettre du Continent, dans sa publication d’hier mercredi 26 juin 2019, informe que les deux anciens chefs d’État de Côte d’Ivoire, que tout divisait hier, notamment au plan politique, et qui se sont choqués lors de la présidentielle de 2010, ont décidé de se rencontrer et, pourquoi pas, de faire chemin ensemble dans la perspective de l’élection présidentielle de 2020. Une rencontre qui illustre la volonté des deux hommes de faire table rase du passé, et de mutualiser leurs efforts et stratégies, dans l’ultime but de reconquérir le pouvoir d’État face au Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), fondé par Alassane Ouattara. Hkb se rendra, le 9 juillet 2019, à Paris. « Il participera à la remise du Prix Félix Houphouët-Boigny, organisée à l’Unesco, qui récompensera le Premier ministre Ethiopien Abiy Ahmed Ali. Il rejoindra dans la foulée, Bruxelles où il doit rencontrer Laurent Gbagbo. Les deux hommes devraient évoquer la présidentielle de 2020. Une potentielle alliance entre le Front populaire ivoirien (Fpi) de Laurent Gbagbo et le Pdci au second tour de l’élection, doit être discutée », écrit le confrère.

Cette rencontre, en soi, n’est pas une grande surprise puisqu’elle se dessinait depuis des mois, après la visite de Maurice Kakou Guikahué.

De fait, mardi 7 mai 2019, une délégation du Pdci, mandatée par Henri Konan Bédié et conduite par son Secrétaire exécutif en chef, Pr Maurice Kakou Guikahué, avait été reçue, en audience, par Laurent Gbagbo, fondateur du Fpi, ex-président ivoirien à Bruxelles. Le communiqué, qui a sanctionné la rencontre, a fait état de ce que les émissaires du président du Pdci ont indiqué à Laurent Gbagbo, que leur mandant et son parti « se sont réjouis de son acquittement et souhaitent, ardemment, son retour en Côte d’Ivoire, afin qu’il participe activement au processus de réconciliation nationale». Après analyse de la situation socio-politique du pays, « les deux parties ont constaté qu’il était fondamental d’œuvrer ensemble pour le retour d’une paix définitive et durable en Côte d’Ivoire », ajoute le communiqué signé par Assoa Adou, Secrétaire général du « Parti de Gbagbo » et Pr Maurice Kakou Guikahué. « Elles ont, également, affirmé leur détermination pour la préservation des acquis démocratiques en Côte d’Ivoire, en vue de sauvegarder l’autonomie des partis politiques et la non-ingérence du pouvoir exécutif dans le fonctionnement de ceux-ci», précise le texte. C’est pourquoi, de l’avis des observateurs, cette rencontre Bédié-Gbagbo arrive à un moment crucial, notamment sur la question de la reforme de la Commission électorale indépendante (Cei). L’opposition a boycotté une rencontre convoquée par le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, alors que le chef de l’État, Alassane Ouattara, martèle que l’organe en charge des élections en Côte d’Ivoire, doit entrer en exercice d’ici juillet 2019. Dans cette perspective, il a instruit le chef du gouvernement, afin que soient accélérées les choses pour que le projet de loi lui soit transmis « d’ici à fin juin, au plus tard, début juillet 2019 ».

Pour Alassane Ouattara, l’opposition doit « bien lire » l’arrêt de la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples (Cadhp), qui a fait des « recommandations » non contraignantes. Il est évident que Gbagbo donnera sa petite idée pour amener le pouvoir à lâcher du lest sur la question de la Cei. Il est clair que les militants des camps placent un réel espoir dans une alliance féconde entre leurs deux leaders, Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo, qui avaient respectivement recueilli 25,24 % et 38,04 %, soit un total de 63,28 % au premier tour de l’élection présidentielle de 2010, contre 32, 07 % pour Alassane Ouattara.

Armand B. DEPEYLA

Armand B. Depeyla

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  • SOURCE: Soir info

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