Présidentielles en 2020 : Un prêtre prévient : «...nous sommes en train de jouer avec le feu », son commentaire sur la CEI


11/07/2019
Présidentielles en 2020 : Un prêtre prévient : «...nous sommes en train de jouer avec le feu », son commentaire sur la CEI
Père Donald Zagoré de la Société des missions africaines (Sma), est catégorique que la paix est une option fondamentale. (Ph : DR)

Dans cette contribution dont Linfodrome a reçu copie, le père Donald Zagoré, de la Société des missions africaines (Sma), parle des conséquences d'une CEI non consensuelle et problématique qui peut conduire à des élections non consensuelles et problématiques.

Il est souvent dit avec raison qu’« on ne récolte que ce que l’on aura planté ». En effet, on ne peut pas prétendre avoir des élections sans violence, apaisées, libres, transparentes, et démocratiques, quand des contentieux aussi importants comme l’épineuse question de la CEI (Commission électorale indépendante) sont loin d’être résolus et continuent de susciter indignation et colère au sein d’une bonne partie de la classe politique et de la société civile. C’est un secret de polichinelle de dire que, tout le principe fondamental du jeu électoral démocratique repose essentiellement sur la CEI, et les bases pour l’émergence d’un État démocratique commencent essentiellement par des élections libres, transparentes, crédibles, et démocratiques.

Alors quand la crédibilité de notre nouvelle CEI est déjà contestée, on ne peut que se poser cette question fondamentale : Quel processus électorale pour 2020 quand l’organe central et vital de ces futures échéances électorales qu’est la CEI est déjà source de tension et de division ? C’est triste et malheureux, parce qu’une fois de plus encore, nous sommes en trains de construire non seulement sur le sable, mais aussi nous sommes en train de jouer avec le feu. Cette situation est inquiétante pour un pays qui dans un passé très récent, et encore très fragile, a vécu une grave crise post-électorale avec pour source, un cafouillage total au sein de la CEI.

Une CEI non consensuelle et problématique conduira nécessairement à des élections non consensuelles et problématiques. Les mêmes causes finissent toujours par produire les mêmes effets. C’est pourquoi, une chose reste certaine, tant que nos politiques ne se feront pas chantres, apôtres, et fervents défenseurs d’une dynamique absolue de neutralité et d’indépendance totale de nos institutions, surtout pour une institution comme la CEI, nous peinerons toujours à jeter des bases fondamentales et saines pour une démocratie vraie et authentique dans notre pays.

Il faut que nos politiques comprennent que la paix, pour nos peuples et pour nos pays en Afrique, n’est pas un facteur optionnel, mais une option fondamentale, un « MUST », une obligation, un devoir indiscutable et incontournable pour tous. Pour cela, pas seulement leurs beaux discours, mais surtout et avant tout, toutes leurs actions doivent être nourries par ce besoin intense du choix fondamental de la paix. il faut le souligner avec force, la paix de demain se nourrit aujourd’hui par le souci ardent d’une volonté manifeste du refus absolu d’autocratie dans la gestion de la res politica en travaillant à promouvoir les valeurs de transparences, d’équité, et surtout d’équilibre dans le rapport de force et de compétitivité politique.

P. Donald ZAGORE, Sma

NB : Le titre et l'accroche sont de la rédaction

 

Irene Bath

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  • SOURCE: Linfodrome

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