Affaire « Akossi Bendjo »/Les avocats de Bendjo : «Il y a eu des manquements équitables dans le procès»

«Nous n'excluons pas de saisir les juridictions internationales»
13/07/2019
Affaire « Akossi Bendjo »/Les avocats de Bendjo : «Il y a eu des manquements équitables dans le procès»
Les avocats de l'ancien maire du Plateau sont sortis de leur silence pour dénoncer le procès contre leur client.

La sortie du procureur de la République, Richard Adou, vendredi 5 juillet 2017, relativement à la condamnation d'Akossi Bendjo à 20 ans de prison ne passe pas auprès des avocats de l'ancien maire du Plateau. Pendant plus d'une heure, jeudi 11 juillet 2919, à Abidjan-Cocody, le conseil du cadre du Pdci-Rda composé de maîtres Lamine Faye, Diallo Souleymane et Gohi Bi Raoul, a rompu le silence au cours d'une conférence de presse.

«Il y a eu des manquements équitables dans la conduite du procès contre notre client», a dénoncé Me Lamine Faye. Selon l'avocat, tout a commencé le jour de la révocation du maire du Plateau au cours d'un conseil des ministres. En mission à Paris, Noël Akossi-Bendjo n’avait pas été prévenu de cette décision, tombée comme un couperet, ce mercredi 1er août 2018. Le conseil des ministres a décidé de «révoquer» le maire du Plateau, pour «graves déviations dans sa gestion et faux en écriture publique». «Le gouvernement a conclu que notre client s'était rendu coupable de faux en écriture publique et de détournement de fonds portant sur plusieurs milliards. Une qualification qui relève exclusivement de la compétence des juges», a révélé l'avocat. Se référant à la Constitution, l'avocat a rappelé que lorsqu'un justiciable est soupçonné d'une infraction, il doit être en position équitable de s'expliquer sur les faits qui lui sont reprochés. Or, avant sa révocation, fait remarquer Me Lamine Faye, l'ancien maire du Plateau n'a jamais eu connaissance ni d'une enquête ouverte sur sa gestion dans sa commune, ni d'une éventuelle visite d'enquêteurs ou d'investigateurs, ni encore moins de la mise à disposition des éléments qui lui permettaient d'apporter sa part d'explication.

Sur les conditions de la tenue du procès qui a condamné leur client à 20 ans de prison et à plus de 10 milliards de fcfa d'amende assorti d'un mandat d'arrêt international, le conférencier a relevé que ni eux , ni leur client avaient été «formellement informés» de ce qu'il y avait une audience correctionnelle le concernant le 2 juillet dernier. «Notre client n’a pas bénéficié des garanties élémentaires de ses droits, dans les différentes procédures tant au niveau administratif qu’au niveau pénal. M. Noël Akossi Bendjo n’a eu droit, ni à un traitement administratif régulier, ni à un procès juste et équitable», a déclaré maître Faye.

Pour la suite, les avocats du cadre du Pdci comptent faire «opposition» mais pas à n'importe quel prix. «L'avocat n'exerce pas des recours comme ça parce que les textes disent de faire les recours, il doit apprécier l'opportunité, les conséquences de ce recours pour son client», a précisé Me Lamine Faye, rappelant que son client est en exil pour «état de nécessité». «Dès l'instant que nous avons l'assurance que les droits fondamentaux de notre client seront respectés, nous ferons opposition. Il faut l'assurance que mon client vienne en homme libre mais avec ce que nous avons vu comme traitement dans ce dossier, il y a de quoi s'interroger», a-t-il ajouté.

Dans le cas d'espèce, Me Diallo relève également beaucoup d’inquiétudes. Ainsi, outre les solutions internes possibles, l'avocat a brandi les solutions internationales. «La Côte d'Ivoire a ratifié plusieurs instruments internationaux relatifs au droit de l'Homme, notamment la charte africaine des droits de l'Homme et des peuples, le pacte civile sur les droits politiques et civils qui sont des instruments forts et pertinents qui garantissent les droits de l'Homme. Nonobstant les droits de recours internes, compte tenu du contexte de l'affaire, nous n'excluons pas de saisir les juridictions internationales qui sont chargées de veiller à la bonne résolution et au respect des droits de l'Homme», a mentionné l'avocat.

Pour Me Gohi Bi Raoul, tant que les procédures vont se dérouler dans le flou, la liberté de son client est en danger. Raison pour laquelle, il appelle au respect des droits de son client afin que la vérité soit dite sur cette affaire. «Si les conditions sont réunies, notre client sera là. Akossi Bendjo n'est pas un voyou. Il a besoin tout simplement que ses droits soit garantis», a-t-il conclu.

Cyrille DJEDJED

 

Cyrille Djedjed

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  • SOURCE: L'inter

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