Situation politique: De graves confidences de Ouattara livrées sur Bédié, les gros soucis du chef de l’État


16/07/2019
Situation politique: De graves confidences de Ouattara livrées sur Bédié, les gros soucis du chef de l’État
Alassane Oauttara dont la décision de se présenter ou pas en 2020, serait hanté…

Alassane Ouattara, le chef de l’État ivoirien, et son ex-allié, Henri Konan Bédié dit HKB, sont en ‘’guerre’’. C’est une lapalissade de le dire aujourd’hui en Côte d’Ivoire. Mais, cette guerre que les deux hommes, du fait de leur statut d’homme d’État, se livraient en dentelles, c’est-à-dire une guerre de convenance, dans le sens qu'ils tergiversaient en palabres pour s'éviter un réel affrontement, vient de basculer dans une véritable «  chiffonnerie », si l’on s’en tient aux confidences que l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique (J.A) vient de livrer.

Les confidences d’Alassane Ouattara, livrées par ce journal, sur Henri Konan Bédié, illustrent bien le degré d’animosité entre les deux hommes, aujourd’hui. Dans sa livraison de cette semaine sous le titre : « Côte d’Ivoire. Dans la tête de Ouattara », l’hebdomadaire, relativement à l’élection présidentielle de 2020, prête à un proche du président du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix ( Rhdp), des propos, pour le moins dégradants et particulièrement durs, tenus à l’encontre du « Sphinx de Daoukro ». Il a traité l’ancien président ivoirien HKB de « vieil homme vénal ». C’est-à-dire, un homme qui vend sa conscience, qui ne fait rien d’autre que par un intérêt illicite. Il traite Bédié de « menteur ». «  Ce n’est pas qu’Alassane Ouattara ait eu une grande admiration pour son ancien allié, qu’il considère comme un vieil homme vénal et prétentieux, un peu gâteux, qui ment à son sujet et le traîne dans la boue. Il n’a jamais oublié le Bédié des années 1990, prêt à agiter le concept d’ivoirité pour le disqualifier », écrit J.A. Qui poursuit : « Le président (Alassane Ouattara) est bien plus furieux contre Bédié qu’il ne l’a jamais été contre Gbagbo », affirme ce proche, ajoutant qu’au début de mai (2019), les propos du « Sphinx » sur les étrangers, passés d’abord inaperçus puis opportunément dénoncés par le gouvernement, n’ont fait que renforcer les crispations. « Quand Bédié nous ressort ses vieux refrains, c’est la preuve qu’il n’a jamais changé », estime un autre cadre du parti présidentiel. « Dans le fond, c’est une bénédiction. Quoi de mieux que cette vielle rengaine pour resserrer nos rangs ? », ajoute la source de l’hebdomadaire. Le confident de Jeune Afrique évoque l’offensive du chef de l’État contre Bédié, soulignant « que Ouattara va lui prouver qu’il n’a pas besoin de lui ».

On imagine aisément que c’est d’ailleurs dans cette dynamique, qu’Alassane Ouattara a jeté tout son dévolu sur les cadres du Pdci. Au-delà d’affaiblir Bédié, il veut l’isoler totalement pour l’aplatir en définitive. «C’est dans les rangs même du Pdci qu’il décide de recruter pour son tout nouveau Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) », écrit Jeune Afrique.

Pour cette source, l’élection présidentielle de 2020, avec ou sans Alassane Ouattara, pourrait être une simple promenade de santé pour le Rhdp. A en juger par ces calculs géo-strategiques. « Nous maîtrisons le Nord. Dans le Sud, nous avons Daniel Kablan Duncan, ( le vice-président) et Patrick Achi ( le Secrétaire général de la présidence de la République). Dans le Centre, c’est Ahoussou-Kouadio Jeannot et dans l’Ouest, il y a Albert Mabri Toikeusse ( le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique et président de l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire ( Udpci). Pour 2020, la messe est dite », jubile encore ce confident de Jeune Afrique. Celui-ci se moque éperdument du rapprochement entre Bédié et Soro, puis entre Bédié et Gbagbo. « L’hypothèse de leur alliance ne nous fait pas peur. Que pèsent-ils sur le terrain ? Rien ou pas grand-chose. Ce serait l’union des bras cassés », rapporte encore ce proche d’Alassane Ouattara.

Néanmoins,  Jeune Afrique apprend que le chef de l’État est sérieusement préoccupé par sa sortie de la scène politique en Côte d’Ivoire. Il serait hanté par le scenario à la Blaise Compaoré (Burkina-Faso) ou à la Omar El Béchir (Soudan), emportés par des soulèvements populaires. Selon J.A, à 77 ans, le président Alassane Ouattara « éprouve désormais une certaine lassitude ». Depuis 2015, apprend-t-on, il souhaitait passer la main avant la fin de son mandat… Après 2020, notre source voit un Alassane Ouattara « entre les plages d’Assinie et de sa maison française de Mougin ». Car, le chef de l’État «  ne veut pas partir chassé par son peuple ou par des militaires, à bord d’un avion des forces spéciales françaises », confie encore un proche d’Alassane Ouattara. Celui-ci de poursuivre : «  Il a même prévu de rédiger ses mémoires, décidément hanté par la trace qu’il laissera dans l’histoire de la Côte d’Ivoire. Il veut quitter la présidence en 2020, assure son ami ».

Armand B. DEPEYLA

Armand B. Depeyla

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  • SOURCE: Soir info

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