Ouattara Issouf (ex-combattant et membre du CIDP) : « Nous réclamons nos 17 millions de francs cfa »

« Nous sommes ouverts au dialogue, nous ne sommes ennemis de personne »
« Si ce problème est réglé, les inquiétudes de 2020 seront effacées »
23/07/2019
Ouattara Issouf (ex-combattant et membre du CIDP) : « Nous réclamons nos 17 millions de francs cfa »
Ouattara Issouf, président-fondateur de la Cellule 39 des ex-combattants de Bouaké et président de la Fédération des associations des ex-combattants

Le président-fondateur de la Cellule 39 des ex-combattants de Côte d’Ivoire, président de la Fédération des associations des ex-combattants de Côte d’Ivoire (Forces Nouvelles), qui a adhéré au Congrès ivoirien pour le développement et la paix (CIDP) en même temps que de nombreux compagnons de lutte, réclame la somme de 17 millions de francs cfa à l’Etat de Côte d’Ivoire.

« De 2002 à 2007, les premiers démobilisés l’ont été avec le grade militaire de caporal. Nous avons des certificats en tant que des militaires caporaux démobilisés (…) Nous cherchons à avoir une certaine égalité avec les militaires intégrés, c’est-à-dire entrer en possession des 17 millions. On leur a donné 17 millions, alors que l’Etat de Côte d’Ivoire nous donne aussi 17 millions », a confié le dimanche 21 juillet 2019, à Linfodrome, Ouattara Issouf, le président-fondateur de la Cellule 39 des ex-combattants de Côte d’Ivoire, président de la Fédération des associations des ex-combattants de Côte d’Ivoire et actuel vice-président du grand nord pour le compte du CIDP, le parti dirigé par Babily Dembélé, parti auquel il vient d’adhérer avec plusieurs de ses frères d’armes.

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Ouattara Issouf a toutefois précisé que les ex-combattants sont ouverts au dialogue. « Nous sommes ouverts au dialogue parce que nous avons toujours dit que le dialogue, c’est l’arme des forts ». Il a ajouté que « Si ce problème est réglé, nous pensons bien que les inquiétudes de 2020 seront effacées. Nous ne voulons plus de guerre, on n’en fera plus. On ne veut plus de guerre, on veut la paix. Le CIDP nous dit que la Cote d’Ivoire d’abord. On court vers le dialogue, on veut la négociation. Que l’Etat de Côte d’Ivoire vienne s’asseoir. Ce qu’il nous dira, nous allons essayer de voir nos camarades et faire notre part pour que la Côte d’Ivoire puisse avancer. Nous ne sommes ennemis de personne. Nous sommes pour la Côte d’Ivoire »

Le vice-président du CIDP pour le compte du grand nord soutient avoir écrit aux différentes autorités d’ici et d’ailleurs afin d’obtenir gain de cause. En vain. « On a écrit aux différents préfets de région pour pouvoir atteindre le président de la République, nous avons écrit au chef du Gouvernement, au président de la République lui-même, au président de l’Assemblée national, aux différents rois, les chefs traditionnels. Nous avons écrit aux institutions, à l’Union Européenne, à la Banque Mondiale, pour qu’on puisse comprendre nos problèmes. Nous n’avons pas encore eu de résultat. Nous avons participé à des colloques. Nous faisons souvent des conférences, nous participons à des ateliers…on va voir les sociologues, les politologues qui viennent souvent hors du pays (Oxford, Canada, Angleterre, Suisse, France). Ils sont venus nous croiser en Côte d’Ivoire, sans parler de nos sociologues qui sont dans nos universités ici. Mais pas de résultat. Aujourd’hui nous parlons encore de DDR en Côte d’Ivoire. Demandez à l’Union Européenne…Aujourd’hui, il reste seulement la volonté politique de nos dirigeants ».

Et justement, c’est ce « manque de volonté politique » qui les a poussés à adhérer au CIDP. « Ce parti nous a ouvert la porte ». Ils auraient pu aller vers le RHDP ou vers les pro-Soro. Mais « Si vous allez au RHDP, ce sont des bruits, vous faites palabre avec les pro-Soro. Si vous allez chez les pro-Soro, vous aurez des problèmes avec le RHDP », a-t-il justifié leur choix politique.

 

Adolphe Angoua

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Adolphe ANGOUA

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