Côte d’Ivoire: Les députés de l’opposition jugent inappropriée la sortie du président de la Commission de l’UA et invitent Ouattara à reprendre les négociations


22/08/2019
Côte d’Ivoire: Les députés de l’opposition jugent inappropriée la sortie du président de la Commission de l’UA et invitent Ouattara à reprendre les négociations
Les députés de l'opposition ne sont pas du tout contents du président de la Commission de l'Union africaine

Les propos tenus par le président de la Commission de l’Union africaine lundi dernier sur la nouvelle Commission électorale indépendante (Cei) proposée par le gouvernement ivoirien ne sont pas du goût des députés de l’opposition ivoirienne. En effet dans un communiqué publié le lundi 19 août 2019 sur le site de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine jugeait la nouvelle mouture de la Commission électorale ivoirienne (Cei) conforme aux recommandations de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. Une position qui n’est pas du goût des députés de l’opposition ivoirienne (Pdci, Rassemblement et Vox-populi) qui ont animés un point de presse ce jeudi 22 août 2019 au siège du Pdci à Abidjan-Cocody.

« La loi n°2019-708 du 05 août 2019 portant recomposition de la Commission électorale indépendante telle qu’adoptée par les deux chambres du parlement ivoirien en maintenant les représentants du président de la République et le ministre en charge de l’Administration territoriale au sein de la commission centrale d’une part et en excluant la société civile dans les commissions locales d’autre part ne répond aucunement à l’esprit d’un dialogue inclusif entre toutes les parties prenantes. Promulguer cette loi consacre clairement le déséquilibre de la Cei au profit du pouvoir actuel et est indéniablement porteuse de germes conflictuels.», a dit le député Akoto Olivier estimant que les propos de Moussa Faki Mahamat ne sont pas les bienvenus.

« La Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples a été saisie d’une requête par les Parlementaires de l’opposition ivoirienne aux fins de permettre à cette haute juridiction de juger de la conformité de cette loi avec ces injonctions. Au regard de ce qu’il précède, les groupes parlementaires Pdci-Rda, Rassemblement et Vox-Populi à l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire déplorent cette publication inappropriée du président de la Commission de l’Union africaine qui ne se fonde malheureusement que sur l’exposé du préambule des motifs du projet de loi pour exprimer sa satisfaction. Il n’est pas unitile de préciser à toute fin utile que l’exposé des motifs n’est que la partie d’un projet ou d’une proposition de loi qui a pour but de donner les raisons de fait et de droits et ne saurait être assimilé à la loi.», a fait savoir le député de Daoukro qui s’exprimait au nom des groupes parlementaires Pdci, Rassemblement et Vox-Populi.

Poursuivant, Akoto Olivier a indiqué que les groupes parlementaires de l’opposition entendent utiliser tous les recours possibles en vue d’aboutir à l’installation d’une Commission électorale indépendante impartiale et équilibrée qui répond aux standards internationaux avec pour seule ambition de sortir la Côte d’Ivoire du spectre de la violence électorale par l’organisation d’élections transparentes, justes et démocratiques. Mieux, il souhaite que le président de la République, Alassane Ouattara reprenne les négociations avec toutes les parties prenantes pour la mise en en place d’un organe électoral consensuel. « Le processus de l’élaboration de la nouvelle loi s’est déroulé sans la participation des partis politiques représentatifs de l’opposition et des organisations représentatives de la société civile en raison des divergences avec le gouvernement en place qui proposait une simple recomposition en lieu et place d’une véritable réforme de la Cei telle que stipulée par la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples. Les groupes parlementaires Pdci, Rassemblement et Vox-populi appellent les organisations internationales et régionales éprises de paix et de justice à accompagner la Côte d’Ivoire dans sa quête de la réconciliation nationale pour une paix durable. Les groupes parlementaires Pdci, Rassemblement et Vox-populi invitent avec insistance le président de la République à reprendre à nouveau les négociations avec toutes les parties prenantes pour la mise en place d’une Cei véritablement consensuelle.», a marteléAkoto Olivier, visiblement très en verve.

A moins de 14 mois du scrutin présidentiel d’octobre 2020, la réforme de la Commission électorale indépendante (Cei) cristallise toutes les attentions. Alors que la loi portant recomposition de la Cei a été adoptée par les deux (02) chambres du Parlement ivoirien, puis promulguée le 05 août 2019 par le président de la République, Alassane Ouattara, car la jugeant conforme aux recommandations de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, l’opposition ivoirienne continue de crier haut et fort son indignation face à cette loi qu’elle juge inappropriée et porteuse de germes conflictuels.

Maxime KOUADIO                                                              

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