Politique nationale

Dialogue avec le Fpi, date des municipales et régionales: Ouattara donne une semaine pour trancher


08/02/2013
Le Président Alassane Ouattara ne veut pas que les discussions avec l'opposition, plombent l'action du gouvernement. Ph d'archives
Le Président de la République, Alassane Ouattara, ne veut pas s'éterniser dans les débats politiques qui ont lieu en ce moment en Côte d'Ivoire. Notamment en ce qui concerne les discussions avec le Front populaire ivoirien (Fpi, principal parti de l'opposition), et l'organisation des élections municipales et régionales couplées.

Il est vrai que Chef de l'Etat avait indiqué lors de sa visite officielle en Allemagne mi-janvier 2013, que les négociations avec l'opposition avaient pour but de faire en sorte que le Fpi participe aux élections locales à venir. C’est pourquoi d'ailleurs, le chef de l’Etat a accédé au principe d’un dialogue direct réclamé, à cor et à cri, par l’ex-parti au pouvoir. Mais, Alassane Ouattara était loin d’imaginer qu’il allait être attiré dans le piège de ce qui apparait, clairement, aujourd’hui, aux yeux du pouvoir, comme des manœuvres dilatoires ayant pour seul objectif, d’étrangler le « moteur » du processus de réconciliation nationale.

Le Front populaire ivoirien ( Fpi) conditionne sa participation à ces élections locales à une rencontre au sommet Ouattara-Gbagbo et une amnistie générale en faveur des prisonniers et exilés issus de ses rangs. L’arbre de ces préalables, quasiment insurmontables, ne saurait cacher la forêt du refus du Fpi d’aller à ces élections. Aujourd'hui, Alassane Ouattara semble ne plus supporter la lenteur des discussions qui ont débuté le 18 janvier 2013, et qui devraient s'achever 10 jours plus tard, soit le 27 janvier dernier. Cela fait donc exactement 21 jours que les pourparlers entre le gouvernement et le parti de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, se poursuivent et l’on continue de tournoyer sur les points clés.

Après le rapport de synthèses, les deux parties se tiraillent sur les questions relatives à l'amnistie générale et à la recomposition de la Commission électorale indépendante (Cei). Les prolongations qui se jouent en ce moment ne sont pas de nature à rassurer le numéro un ivoirien. Selon des sources concordantes, le Président de la République qui avait l'intention de donner la date des prochaines élections locales, mercredi 6 février dernier en Conseil des Ministres, s'est ravisé. Alassane Ouattara, toujours selon nos sources, ne veut pas que les discussions excèdent la mi-février. Mieux, il se donne une semaine pour trancher si d’aventure, les négociations n'évoluent pas.

En clair, si d'ici le 15 février prochain, les questions qui constituent un blocage entre le pouvoir et le Fpi, ne trouvent pas de réponses conciliantes, alors, le Gouvernement mettra officiellement fin aux négociations en cours. Toutefois, les discussions, de façon générale entre le pouvoir et l'opposition, se poursuivront, ''sans pression'', au niveau du Cadre permanent de dialogue (Cpd, regroupant les autres partis de l'opposition), et avec le Front populaire ivoirien. Alassane Ouattara estimerait avoir tout mis en œuvre pour que les élections municipales et régionales attendues, soient inclusives. Il ne souhaiterait donc pas voir celles-ci plomber l'action du gouvernement qui a plusieurs chantiers à exécuter.

Le Chef de l'Etat ne veut plus attendre longtemps pour organiser le scrutin afin de boucler le cycle des élections en Côte d'Ivoire, débuté le 31 octobre 2010 par le premier tour de l'élection présidentielle. Le Président de la République qui a été élu le 28 novembre 2010, faut-il le souligner, n'a pris véritablement fonction, qu'après son investiture, le 21 mai 2011 à Yamoussoukro.

Bamba Idrissa

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  • SOURCE: Soir info

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