Prochaines élections municipales et régionales: Lider « annule » sa participation

Mamadou Koulibaly : « Je ne suis pas pour une amnistie »
08/02/2013
Le parti de Mamadou Koulibaly a donné sa position sur le dialogue entre l’opposition et le pouvoir.
Liberté et démocratie pour la République (Lider) ne participera pas, sauf changement, aux prochaines élections locales.

Benson De Gnacabi, le Délégué national à la communication de ce parti, l’a affirmé, jeudi 7 février 2013, au cours d’un point-presse tenu à la Riviera-Golf au siège de la formation politique de Mamadou Koulibaly. « Lider annule sa participation aux prochaines élections municipales et régionales, maintient en revanche sa participation au Cadre permanent de dialogue (Cpd) en vue de trouver des solutions adéquates aux questions soulevées », a annoncé Benson De Gnacabi en présence de ses camarades de parti notamment Gnepié Auguste et Yacouba Koné.

Ils sont respectivement Délégué national aux relations avec les partis politiques et la société civile et Délégué national à l’Economie et au développement durable de Lider. « Les questions soulevées » sont de plusieurs ordres. Le collaborateur de Koulibaly Mamadou a parlé de l’adoption d’une loi relative au statut de l’opposition, de la recomposition de la Commission électorale indépendante (Cei). Le Délégué national à la communication de Lider a évoqué « la mise à jour de la liste électorale indépendante établie depuis 2009 ».

Tout comme « la résolution des questions sécuritaires pour aboutir à un véritable Etat de droit mettant ainsi fin à l’état d’exception et d’impunité extraordinaire dans lequel nous vivons jusqu’à présent ». M. De Gnacabi de regretter aussi que « le désarmement des ex-combattants et autres miliciens et supplétifs » n’est pas encore effectif. Lider, par la voix de son Délégué à la Communication, a soutenu que son parti a pris part aux rencontres du Cpd pour « propulser le processus de sortie de crise et instaurer les fondements d’un véritable Etat de droit ». Il a rappelé que son parti avait assujetti sa participation à ces élections au respect de conditions évoquées plus haut.

« Les élections n’ayant pas eu lieu à la date initialement fixée par la Cei, Lider avait espéré en l’engagement et à la bonne foi de tous en vue de régler objectivement les problèmes posés par l’opposition », a-t-il indiqué. « Même si le dialogue initié par le gouvernement a permis d’aborder ces problèmes importants et de constater une avancée relative dans la forme, dans le fond, force est de constater que les questions cruciales n’ont pas encore été traitées », a souligné Benson De Gnacabi. D’où leur refus de prendre part à ces consultations électorales.

Encadré

Mamadou Koulibaly : « Je ne suis pas pour une amnistie »

Mamadou Koulibaly n’est pas favorable à une nouvelle loi d’amnistie en Côte d’Ivoire. Le président de Liberté et démocratie pour la République (Lider) a donné sa position sur ce sujet, qui divise, jeudi 7 février 2013, au siège de son parti à la Riviera-Golf. L’ex-président de l’Assemblée nationale n’avait pas participé à la rencontre de ses collaborateurs avec la presse sur les élections locales prochaines. C’est au moment où les journalistes quittaient le siège de sa formation politique que le leader de Lider est arrivé.

Et c'est au cours des échanges, à l’entrée du siège, que M. Koulibaly, décontracté, a expliqué pourquoi il ne défendait pas le vote d’une loi d’amnistie pour passer par pertes et profits les crimes commis en Côte d’Ivoire. « Je ne suis pas pour une loi d’amnistie », a lâché Mamadou Koulibaly. Quand nous lui avons demandé les raisons d’une telle position qui tranche d’avec celle de son ex-parti, le Front populaire ivoirien (Fpi), le Professeur d’Economie n’a pas manqué d’arguments.

« S’il n’y avait pas eu d’amnistie après le Forum de la réconciliation nationale de 2001, peut-être que (l’ex-ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et baron du Fpi) Boga Doudou -qui était pourtant favorable à l’amnistie- n’allait pas être tué (en 2002). S’il n’y avait pas eu d’amnistie, (le colonel) Dagrou Loulan’allait pas être tué. S’il n’y avait pas eu d’amnistie par le passé, les 60 gendarmes de Bouaké n’allaient pas être tués. S’il n’y avait pas eu d’amnistie (en 2003 et 2007), nos parents qui ont été tués en 2010 n’allaient être tués… », a soutenu l’ancien président par intérim du Fpi.

Pour M. Koulibaly, il faut juger tous ceux qui ont commis des crimes. Une position qu’il a promis de développer dans une déclaration. Finalement, l’ex-ministre de l’Economie et des finances de Laurent Gbagbo s’exprimera, en détails, sur le sujet ce vendredi 8 février 2013 en milieu de matinée à la Riviera-Golf. L’information nous a été donnée, hier après midi, par le service communication de Lider.

S.A

SYLLA Arouna

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  • SOURCE: Soir info

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