Côte d’Ivoire : Zones ex-Cno: les mairies paralysées

Man : Les agents réclament 77 mois d’arriérés de salaire
La grève des agents municipaux largement survie.
08/02/2013
La grève des agents municipaux largement survie
A l’instar des autres agents de mairies des ex-zones Cno (centre, nord, ouest), ceux de Man sont entrés en grève le 06 février 2013 et ce jusqu’au 08 février prochain.

Ils réclament 77 mois d’arriérés de salaire allant de novembre 2002 à 2010. Suite à des négociations, certains mois avaient été payés aux agents envue de leur permettre d’assurer le minimum. Au cours l’Ag du mouvement pour la défense des droits des agents municipaux de Côte d’Ivoire (Moddamci), tenue le 05 janvier 2013 à Bouaké, un préavis de grève avait été déposé. L’Etat n’ayant pas réagi, l’ensemble des agents municipaux des ex-zones Cno ont décidé d'entrer en grève du 06 au 08 févier 2013.

« A Man, nous attendons 1.178.801.652 de FCfa qui équivaut à 77 mois de salaire impayé, y compris les indemnités de transport et de logement. Si nous reprenons le travail et que nos revendications n’aboutissent pas, nous reprendrons la grève le 12 février pour une durée illimitée » a confié Véhi Nestor, délégué régional Moddamci des montagnes.

Rappelons que ce sont au total 92 communes de Côte d’Ivoire qui sont concernées par cette grève. A Man, sur les 126 agents qu’ils étaient en 2002, 72 agents sont aujourd’hui concernés à cause des départs à la retraite et des décès. Le paiement de ces arriérés de salaire, permettra aussi de régulariser au niveau de la Cnps, la situation des retraités. Notons qu’à Man les agents municipaux ont depuis le déclanchement de cette grève, dressé des barricades à l’entrée principale de l’hôtel de ville afin de paralyser son fonctionnement.

Doumbia Balla Moïse
(District des montagnes)

Encadré

Bouaké : Grève des agents de la Mairie

Le cimetière municipal fermé

« Vous convenez avec moi que sans document administratif, à savoir un certificat d’inhumation, personne ne peut enterrer un corps. Donc les portes du cimetière municipal sont fermées parce que les agents de la mairie sont en grève. Sinon, nous n’avons empêché personne d’enterrer un corps. » Ces propos sont de Barro Souleymane, secrétaire général du mouvement pour la défense des droits des agents municipaux de Côte d’Ivoire (Moddamci).

Joint par téléphone hier, jeudi 7 février 2013, Barro Souleymane a voulu se montrer intransigeant face à leur mot d’ordre de grève de 72 heures enclenché depuis le mercredi dernier, 6 février 2013. Dans leur document de préavis de grève dont ampliation a été adressée aux préfets, maires et sous-préfets, les agents de mairies des ex zones Cno réclament plus de 17 milliards F Cfa représentant plusieurs mois. Barro Souleymane nous a fait remarquer que « ce ne sont pas les mois qui importent pour nous, mais plutôt la somme qui équivaut à près de 18 milliards F Cfa. »

Aussi, l’on peut lire clairement sur leur préavis de grève cet avertissement adressé aux gouvernements du pays. « Si après ces 72 heures d’arrêt de travail, rien n’est fait pour le paiement effectif de nos arriérés de salaires, le Moddamci se verra dans l’obligation de poursuivre la grève de façon illimitée à partir du mardi 12 février 2013 ». Dame Hahoua est agent de mairie. Elle soutien avoir perdu un fils parce qu’elle n’a pas été capable d’acheter des médicaments que le médecin aurait pourtant prescrit à son fils. Il fallait qu'elle trouve, par tous les moyens, de l'argent pour acheter les médicaments et soigner son fils.

« Cela fait plus de 50 mois que nous n’avons pas de salaire. Nos arriérés, personne n’en parle et nous faisons avec. Aujourd’hui, je crois que trop c’est trop. Il faut que cela s’arrête. Pour ma part, je demande au Président de la République de nous venir en aide. Il faut qu’il prenne lui-même ce dossier en main. A part lui, je ne sais plus qui peut nous sauver. Alors, il faut qu’il songe à nous » plaide-t-elle. Tout comme elle, B. T. affirme avoir perdu l’usage de l’un de ses membres supérieurs par faute de soins médicaux. « Sans argent, comment voulez vous que j’achète mes médicaments ? Mes enfants ne travaillent plus depuis que la crise a éclaté. Nous sommes devenus des mendiants. Il faut que cela cesse. Tous les engagements qui ont été pris à notre égard n’ont pas été respectés. Donc nous ne savons plus à quel saint nous vouer. Que les gouvernants nous aident sinon il aura encore des morts dans nos rangs » a martelé B.T.

Ladji Abou SANOGO

(Correspondant régional)

Ladji Abou Sanogo

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  • SOURCE: Soir info

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