Côte d’Ivoire: soupçons de corruption dans le processus de réintégration des ex-combattants


10/03/2013
Des miliciens pro-Gbagbo viennent déposer leurs armes à Yopougon, le 29 avril 2011 REUTERS/Luc Gnago
L'autorité pour la démobilisation, le désarmement et la réintégration des ex-combattants, l'ADDR, évalue à un peu plus de 60 000 le nombre d'ex-combattants dans le pays.

Certains ont déjà été réinsérés comme gardes pénitentiaires fin 2012, d'autres attendent de devenir agents des douanes ou des eaux et forêts. Mais il y a peu de places et beaucoup de postulants, voire trop. De plus en plus de rumeurs parlent de transactions financières autour de ces emplois.

Vincent est un ancien milicien qui a combattu pour Laurent Gbagbo. Il porte le treillis et, chaque soir, il est posté à un corridor dans Yopougon, sous les ordres de militaires FRCI. Une manière, comme pour beaucoup d'ex-combattants, de gagner sa vie en attendant un emploi.

Comme tous ceux qui souhaitent dénoncer les mauvaises pratiques autour de la réintégration, Vincent veut garder l'anonymat, pour conserver une chance de faire un jour partie du processus.

« Certains chefs ont vendu des places à des gens qui n'ont rien à voir avec des ex-combattants à 150 000, 200 000 voire 300 000 (CFA, ndlr) », accuse-t-il. Pour lui, certains sont « laissés pour compte. Ils sont découragés, ils traînent dans les différents centres de regroupement. »

Des vérifications en partenariat avec l'Onuci

L'ADDR, l'autorité chargée de cette réintégration, se repose notamment sur des listes établies par les anciens chefs des Forces nouvelles pour sélectionner ceux qui rentreront en formation.

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