Sénégal/ Présidentielles deuxième tour

Rien n'est encore acquis pour macky Sall

Afrique & Monde
Publié le Source : L'inter
rien-nest-encore-acquis-pour-macky-sall Macky Sall est arrivé en seconde position avec 26,57% des votes aux élections au Sénégal

Si au deuxième tour de la présidentielle, le « tout sauf Wade » fonctionne comme l'opposition l'espère, on pourrait dire que Macky Sall, le challenger d'Abdoulaye Wade a déjà la victoire en poche. Mais jusqu'au 18 mars, date prévue pour l'ultime corps à corps, beaucoup de choses peuvent se passer.

Un peu moins de 70% des Sénégalais n'ont pas donné leurs suffrages au président sortant, par rapport à 2007 où ils étaient 1.914.043 à le voter dès le premier tour. Pour l'élection du 23 février dernier, ils n'étaient que 942.546 à lui faire confiance. Avec 34, 82%, Me Abdoulaye Wade est contraint à un second tour avec son ancien premier ministre Macky Sall arrivé en seconde position avec 26,57% des votes. Assuré du soutien du Mouvement du 23 juin, le (M23) dont il fait partie, ce libéral rêve déjà des or et lambris du palais. Dans sa déclaration au lendemain des résultats, il a dévoilé les premières mesures qu'il prendrait dès son arrivée au pouvoir : formation d'un gouvernement d'ouverture, réduction du mandat présidentiel de 7 à 5 ans renouvelable une fois, baisse des prix des produits de première nécessité.

Si l'adversaire de Wade est si sûr de sa victoire au soir du 18 mars, c'est parce qu'il compte sur les suffrages des quelques 65% de Sénégalais qui n'ont pas voté pour le chef de l'Etat sortant et sur le respect de la parole donnée par ses pairs de l'opposition. Mais ces calculs ne collent pas forcément à la réalité du terrain. D'abord, les voix de tous ceux qui n'ont pas voté pour Abdoulaye Wade, ne constituent pas à priori un acquis pour lui. La présidentielle 2012 ayant connu un taux de participation moins élevé, (51,58%) par rapport à celle de 2007, (70%), montre que les abstentionnistes étaient nombreux à ce scrutin. C'est donc un électorat que vont âprement disputer les deux candidats du second tour.

Ensuite, les promesses du M23 ne constituent pas un acquis pour Macky Sall. En effet, ce mouvement comme son nom l'indique, est tout sauf une organisation politique bien structurée avec un programme de gouvernement clairement établi et approuvé par les formations qui la composent, comme c'est le cas du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix , (RHDP), la coalition qui a porté Alassane Ouattara au pouvoir en Côte d'Ivoire. L'objectif majeur de ce « mouvement spontané » qui était d'empêcher Wade de se présenter à ces élections ayant échoué, rien ne prouve qu'un soutien inconditionnel de toute l'opposition , toutes tendances confondues, est garanti pour Macky Sall. A preuve, 72 heures après le verdict des urnes, seul le chanteur Youssou Ndour, d'ailleurs exclu de l'élection, lui a clairement promis son soutien.

Les autres, notamment Moustapha Niasse, 13,20% des voix, Ousmane Tanor Dieng, 11,30% et Idrissa Seck, 7,86%, attendent certainement chacun, la consistance de l'offre que leur ferait Macky Sall moyennant leur soutien. Pendant ce temps, Abdoulaye Wade qui détient encore tous les leviers du pouvoir, surtout financiers, pourrait profiter de ces tergiversations, pour semer la zizanie au sein du M23. Les deux semaines qui précèdent le deuxième tour, seront celles des grandes manœuvres politiques qui réserveront sans doute de grandes surprises.