Togo/ Présidentielle 2015 : Faure Gnassingbé dit non à la limitation du mandat

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Publié le Source : L'inter
togo-presidentielle-2015-faure-gnassingbe-dit-non-a-la-limitation-du-mandat Sur ce calicot brandi pendant la marche du 21 novembre dernier, l'opposition togolaise exprimait son ras-le-bol du régime Eyadéma père et fils.

Le porte-parole de l'Anc, le principal parti de l'opposition, a promis hier de répondre au bras de fer engagé par le pouvoir, après le refus de Faure Gnassingbé de procéder aux réformes constitutionnelles et institutionnelles réclamées depuis longtemps.

C'est le président Faure Gnassingbé qui a engagé les hostilités mardi dernier, depuis Accra au Ghana, où il était en visite officielle. Au cours d'une conférence de presse, le président togolais a clairement laissé entendre qu'il ne va pas réviser la Constitution, comme le demande l'opposition.

Depuis quelques mois, les opposants togolais ont renouvelé leur vieille revendication, en l'occurrence la demande de réformes constitutionnelles et institutionnelles. Il s'agit, d'une part, de la limitation du mandat présidentiel à deux, et d'autre part, du changement du mode de scrutin uninominal à un seul tour. La Constitution élaborée en septembre 1992 par la Conférence nationale, avait limité le mandat présidentiel à deux maximums et prévu un scrutin à deux tours, au lieu d'un seul. Mais, le 31 décembre 2002, le défunt président Gnassingbé Eyadéma a changé cette Constitution, en supprimant la limitation du mandat et en instaurant un scrutin à un seul tour. C'est cette Constitution, actuellement en vigueur, que son fils veut ''rigoureusement respecter''.

Le porte-parole de l'Alliance nationale pour le changement (Anc) de Jean-Pierre Fabre, a promis que l'opposition ne baissera pas les bras devant ce qu'elle considère comme une épreuve de force engagée par le pouvoir. M. Gnassingbé a fait cette déclaration quatre jours après deux grandes marches simultanées, l'une de l'opposition qui appelait à des réformes, l'autre du parti au pouvoir qui demandait le maintien du statu quo.

Au lendemain de ces manifestations, le chef de l’État togolais a reçu en audience Jean-Pierre Fabre, le leader de l'opposition et candidat désigné par les deux principaux regroupements de l'opposition, que sont le ''Collectif sauvons le Togo'' (Cst) et la coalition ''Arc-en-ciel'', à la présidentielle de 2015.

L'opposition n'est pas seule à exiger ces réformes au Togo. Les églises du pays ont formulé la même demande. L'Union européenne a, de son côté, souligné la nécessité d'opérer des réformes politiques avant les prochaines échéances électorales. L'Assemblée nationale, dominée par l'Union pour la République (Unir), 62 sièges sur 91, a déjà rejeté le 30 juin dernier, ces réformes. Le Togo va --il renouer avec les violences électorales? « L'heure a sonné pour mettre fin à ce régime implacable», avait prévenu le 12 octobre dernier, Jean-Pierre Fabre, lors de son investiture à la présidentielle de 2015. Quant à Me Yawovi Agboyibo, opposant historique aux régimes Eyadéma père et fils, il s'est dit convaincu, au lendemain de la chute du président Blaise Compaoré, que « ce qui s'est passé au Burkina va changer les données au Togo avant les élections»

Charles d'Almeida

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