Brésil : le CV «gonflé» du nouveau ministre de l’Éducation fait polémique


30/06/2020
Brésil : le CV «gonflé» du nouveau ministre de l’Éducation fait polémique
Économiste et professeur d'université, Carlo Alberto Decotelli est devenu jeudi dernier la première personne noire nommée

Carlo Alberto Decotelli, qui n’est pas encore entré en fonction, aurait menti sur l’obtention de plusieurs diplômes.

Le nouveau ministre de l’Éducation du Brésil n'a pas encore pris ses fonctions, mais il fait déjà l'objet de nombreuses polémiques. Plusieurs des titres universitaires affichés sur son curriculum vitae (CV) sont contestés.

Économiste et professeur d'université, Carlo Alberto Decotelli est devenu jeudi dernier la première personne noire nommée au gouvernement du président d'extrême droite Jair Bolsonaro. Il remplace Abraham Weintraub, qui a démissionné le 18 juin après une série de polémique. Dans une vidéo enregistrée lors d'une réunion ministérielle il qualifie notamment de « connards » les juges de la cour suprême.

Au moment d'annoncer la nomination du nouveau ministre, le chef de l'Etat, Jair Bolsonaro, a cité ses principaux titres universitaires, dont « un Master à la Fondation Getulio Vargas, un doctorat à l'Université de Rosario, en Argentine, et un post-doctorat à l'Université de Wuppertal, en Allemagne ». Tous ces diplômes ont été remis en cause les jours suivants.

Son ministère le défend, il reconnaît ensuite ne pas avoir suivi un cursus complet

Le président brésilien a déclaré que son ministre est « conscient de son erreur » et a vanté « sa capacité à construire une éducation inclusive ». Selon la presse, Bolsonaro étudierait la possibilité de remplacer le nouveau membre du gouvernement. Ce dernier a confirmé à des journalistes, après un entretien avec le chef de l'Etat, qu'il « est ministre » et qu'il prendrait ses fonctions, même si aucune date n'a encore été fixée.

Dès vendredi, le recteur de l'Université de Rosario a assuré que Carlo Alberto Decotelli n'a « pas obtenu le titre de docteur cité ». Le ministère de l'Education a réagi dans la foulée, reproduisant un document de l'université argentine attestant que l'ensemble du cursus du doctorat a été suivi. Mais le nouveau ministre a ensuite rectifié son CV sur la base de références nommée Lattes, en précisant qu'il a suivi le cursus, mais « sans soutenance de thèse », ce qui l'empêche de revendiquer le titre de docteur.

Lundi, le ministre s'est défendu en expliquant que le jury lui a demandé d'apporter des « adaptations » à la thèse, mais qu'il a dû se rendre au Brésil en raison de « difficultés financières » sans pouvoir retourner en Argentine pour la soutenir.

Accusations de plagiat

Auparavant, l'université allemande de Wuppertal a jeté un autre pavé dans la mare, en affirmant que le ministre n'a « obtenu aucun titre » chez elle. D'après ce communiqué, le ministre y a « mené une recherche de trois mois en janvier 2016 », qui n'est pas suffisante pour être reconnue comme un post-doctorat, lequel prend normalement plusieurs années. Il n'aurait de toute façon pas pu prétendre à un tel titre sans que son doctorat soit reconnu.

Un autre soupçon sur le cursus universitaire du ministre est venu du Brésil, avec des accusations de plagiat sur des extraits de son mémoire de Master à la Fondation Getulio Vargas, à Rio de Janeiro. Sur ce point, il a admis qu'il aurait pu commettre une « étourderie » (en détaillant ses sources) mais pas un plagiat. « Un plagiat, c'est quand on fait Control C, Control V, et ce n'était pas le cas », a-t-il affirmé en évoquant le raccourci sur un clavier d'ordinateur pour reproduire un texte.

Armand B. Depeyla

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  • SOURCE: Linfodrome

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