Burkina Faso

Mise en accusation de Blaise Compaoré : Alassane Ouattara coupe la route des Burkinabè

Afrique & Monde
Publié le Source : Linfodrome
mise-en-accusation-de-blaise-compaore-alassane-ouattara-coupe-la-route-des-burkinabe Côte d'Ivoire-Burkina Faso, le cas de Thomas Sankara divise. (PhA.Z.)

Rebondissement dans l’affaire Thomas Sankara, l’ancien président Blaise Compaoré fera face à la justice de son pays bientôt. Sa présence sera-t-elle possible surtout avec les dispositions prises par Alassane Ouattara à son endroit.

Le mercredi 14 avril 2021, il a été annoncé la mise en accusation de l’ancien président de la République Blaise Compaoré par la justice de son pays. S’il est vrai que les partisans de Thomas Sankara jubilent devant une telle nouvelle, une question reste tout de même sur les lèvres des uns et des autres. Accusé d’attentat à la sureté de l’État, complicité d’assassinat et recel de cadavres, lui et 14 autres personnes, Blaise Compaoré sera-t-il jugé par contumace ou en présentiel ?

Trente-cinq (35) ans après le décès de Thomas Sankara, ses partisans ont toujours rêvé de voir son compagnon, qu’ils accusent de l’avoir poignardé dans le dos, dans les liens de la prison. Mais c’était sans compter sur l’actuel président ivoirien Alassane Ouattara. Il a octroyé la nationalité ivoirienne à l’ancien locataire du palais présidentiel du pays des hommes intègres. Et ce depuis le courant du mois de février 2016. Décision qui a été prise après que le Burkina Faso ait émis un mandat d’arrêt international à l’encontre Blaise Compaoré le 1er décembre 2015.

Il faut ajouter que dans une déclaration du président ivoirien le 15 janvier 2016, il disait « Comme la France, la Côte d’Ivoire n’extrade pas ses nationaux ».  Déclaration qui était une réponse de ce dernier au gouvernement burkinabè qui réclamait la tête de Guillaume Soro dans l’affaire des écoutes téléphoniques avec l’ancien chef de la diplomatie burkinabée, Djibril Bassolé.

Cette déclaration a été appuyée le 24 février 2016 par le porte-parole du gouvernement d’alors la ministre Affoussiata Bamba-Lamine qui affirmait parlant de Blaise Compaoré « « C’est une décision souveraine qui a été prise. Elle ne va rien induire. Il [Blaise Compaoré] est Ivoirien, un point un trait. Je ne pense pas qu’il y ait lieu de faire un commentaire outre que de constater ».

Le rêve des ‘’sankaristes’’ est loin de se réaliser.

Notons que le 15 octobre 1987, le Capitaine Thomas Sankara et 12 de ses collaborateurs tombaient sous les balles d’un commando armés jusqu’au dent en pleine réunion au palais présidentiel. Par la suite, les nouveaux dirigeants du pays avec à leur tête Blaise Compaoré, ont annoncé que le révolutionnaire était décédé de mort naturelle.

Alain Zadi