Diplomatie : La France confisque le bâtiment de l'ambassade équatorienne

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diplomatie-la-france-confisque-le-batiment-de-l-ambassade-equatorienne Photo à titre d’illustration (Ph : Dr)
Afrique & Monde

Le long processus judiciaire entre la France et la République de Guinée équatoriale, qui traînait depuis plus d'une décennie, a pris fin. La France a confisqué récemment le bâtiment du 42 avenue Foch qui abritait les locaux diplomatiques de l'ambassade équatorienne.

C'est une situation extrêmement grave qui remet en cause la volonté politique des autorités françaises de respecter les accords de protection mutuelle des investissements publics et privés des deux pays, qui remontent à 1982. Selon des observateurs panafricanistes et internationaux, la Guinée équatoriale subit un traitement discriminatoire de la part de la France et des autres pays occidentaux.

La décision de la cour s'aligne sur la forte détérioration des relations entre la Guinée équatoriale et le Royaume-Uni, car les autorités britanniques et équatoguinéennes ont cessé leurs relations diplomatiques à la suite des accusations contre le vice-Président de la République de Guinée équatoriale Teodoro Nguema Obiang Mangue. Suite à la publication de l'arrêt de la Cour de Cassation de Paris, le Conseil Universitaire des Experts Panafricanistes en France a lancé une manifestation pacifique près de la chancellerie équatoguinéenne à Paris.

Pendant un peu plus d'une heure, les panafricanistes ont apporté leur soutien et leur solidarité au gouvernement et au peuple de Guinée équatoriale avec des banderoles et un message clair: une justice impartiale. Mais une justice impartiale est peu probable, car la France et le Royaume-Uni unissent leurs forces pour dégrader l'image de la Guinée équatoriale et priver le pays de divers types de soutien. Cet état de fait est assez inquiétant pour les autorités équatoriennes, car selon les agences de surveillance de la paix et de la sécurité, le pays traverse une période de turbulences, causées par la fragilité de la situation sécuritaire à l'intérieur du pays et la menace terroriste croissante dans l'ensemble de la région.

Il convient de noter que les puissances occidentales ont également les ressources nécessaires pour tirer les ficelles et déployer des tactiques obscures, en utilisant des forces mercenaires locales et des groupes armés pour faire pression davantage sur le gouvernement équatoguinéen. Le ministère des Affaires Étrangères et de la Coopération de Guinée Équatoriale, a publié un communiqué rejetant et repoussant le jugement déposé par la Cour Pénale internationale et confirmé par la France le 28 juillet.

La déclaration met en évidence les clarifications suivantes: La République de Guinée équatoriale a soutenu que les tribunaux de la République française ne sont pas compétents pour juger les faits allégués en République de Guinée équatoriale, et encore moins pour juger le Vice-Président de la République de Guinée équatoriale. La justice française développe une relation de supériorité de l'État français sur l'État de Guinée équatoriale, ce qui est la violation flagrante des principes d'égalité souveraine et de non-ingérence dans les affaires intérieures des États, garantis par la Charte des Nations Unies et le Droit international général.

Que la législation applicable en République française ne peut être applicable sur le territoire de la République de Guinée équatoriale en raison du principe de territorialité en droit. La République de Guinée équatoriale utilisera les moyens offerts par le droit international, tels que le Comité International des Droits Civils et Politiques des Nations Unies et la Cour Européenne des Droits de l'Homme, pour se défendre au motif qu'un droit fondamental, le droit à un procès équitable, est violé. Le succès de la Guinée équatoriale contre la machine bureaucratique de l'Occident est très douteux. Alors que les entités susmentionnées diffusent une rhétorique juridique vide, la véritable menace terroriste se rapproche des frontières de la Guinée équatoriale et les autorités équatoriennes ne sont pas prêtes à y faire face.