Emigration et immigration: L'analyste Tall Madina propose des recettes face aux défis de l'Afrique

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emigration-et-immigration-l-analyste-tall-madina-propose-des-recettes-face-aux-defis-de-l-afrique Tall Madina a souligné des questionnements majeurs sur les défis liés à l'immigration.
Afrique & Monde

Tall Madina, Chercheuse sur les questions de terrorisme dans la zone sahélo-saharienne, éditorialiste et écrivaine, s'est penchée sur les défis de l'Afrique face à l'émigration et l'immigration

Elle a posé des questions majeures sur l'avenir du continent africain, précisément comment réduire, prévoir, encadrer, accompagner le futur immédiat ou lointain de l'immigration africaine. La diplômée en Études Stratégiques, Sécurité et Politique de Défense à dit sa part de vérité, dans une analyse dont Linfodrome a reçu copie, ce jeudi 11 novembre 2021. 

Depuis la France, la présidente du mouvement Nouvel Afrique – Nouvelle Génération s'est prononcée sur le thème : “Émigration et immigration : l’Afrique vaincra-t-elle ces défis ?“. L'analyste politique et géostratégique a d'entrée dressé un tableau sombre de l'émigration et l'immigration depuis quelques années. 

Selon elle, l’émigration et l’immigration sont une liberté qui est cautionnée par le droit d’acceptation ou de refus d’un pays selon des exigences particulières imposées. "Ces exigences revenant ainsi à l’appréciation discrétionnaire d’un État souverain, elles restent conditionnées par la conduite d’une politique sérieuse en la matière et pour ce qui concerne l’Afrique, l’affranchissement d’un certain nombre de garde-fous imposés par l’asservissement économique occidental", a fait remarquer la présidente du mouvement Nouvelle Afrique - Nouvelle génération.

Tall Madina a également relevé "des durcissements d’un tel extrémisme" qu'ils n’avaient été proposés auparavant pour rompre avec l’immigration de masse. "Sous l’œil, espérons-le, attentif des présidences africaines, l’immigration et l’émigration prochaines dans les deux sens seront des sujets aux premiers rangs des tensions géopolitiques entre les pays du Nord et du Sud", a souhaité Tall Madina.


Une double mouvance faite d’allers et retours ?

La présidente du mouvement Nouvel Afrique – Nouvelle Génération s'est également questionnée sur une double mouvance faite d’allers et retours. "En effet, le sous-développement socio-économique, le néocolonialisme par le pillage des richesses et le paternalisme colonial, la démographie galopante ainsi que la non-résilience face aux défis géographiques et climatiques ont créé le choc de l’immigration", a-t-elle estimé. 

Pour Tall Madina, le revers de la médaille n’est pas par substitution à un peuple mais plutôt "par aspiration à un mieux-être économique, professionnel et familial qu’on en vient à la massive immigration".


« La France n’a pas dit son dernier mot »

Tall Madina a évoqué le titre du livre d’Éric Zemmour : « La France n’a pas dit son dernier mot ». Pour l'analyste politique et géostratégique ce titre soulève parallèlement une problématique fondamentale : « L’Afrique vaincra-t-elle ces défis ? ». "Sachant que, tout essor économique et social se base d’abord sur la richesse intellectuelle d’un pays, la logique d’investissement dans l’éducation reprend tout son sens. Stabiliser la population et réduire l’émigration clandestine et pouvoir en tirer les meilleures essences nous oblige à trouver et à proposer non pas une mais des alternatives au développement par un redressement social et économique sur le long terme", a souligné Tall Madina. 

L'analyste politique et géostratégique a recommandé de "prioriser et nationaliser les secteurs à fort potentiel économique et créateurs d’emplois conjugués aux nouveaux secteurs d’avenir, faire de la décentralisation économique une réalité et impulser les alternatives locales de développement".

Tall Madina préconise aussi une d'anticiper et d'accompagner l’immigration vers l’Afrique en termes de réinsertion dans le tissu économique social national. "Elle devra être étudiée pour que les plus-values d’expertises professionnelles et d’expériences servent à l’ensemble des secteurs nationaux. Ce retour de la diaspora doit inéluctablement permettre de combler les déficits sectoriels sur le plan national, une meilleure incitation aux investissements dans des domaines prioritaires et la création d’emplois ou la reconversion dans les services public et privé", a souhaité la présidente du mouvement Nouvel Afrique – Nouvelle Génération, entre autres.

Eddy BIBI