Mali : La lutte anti-terroriste occidentale au sahel connait-elle un nouvel échec ?

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mali-la-lutte-anti-terroriste-occidentale-au-sahel-connait-elle-un-nouvel-echec L'opération Barkhane n'a pas réussi à endiguer l’insécurité au Sahel.
Afrique & Monde

Le départ de l'armée française du Mali sonne comme le glas qui ressemble au départ chaotique des Américains de Kaboul en août dernier ce 17 février 2022.

Neuf ans d'opérations contre les groupes djihadistes

 Après neuf ans d'opérations contre les groupes djihadistes, sanctionne les limites d'une stratégie adoptée par les Occidentaux dans d'autres parties du globe, en Afghanistan notamment : la primauté de la réponse militaire à un fléau notoirement plus profond.

« L'échec de la France au Mali est très similaire à d'autres échecs occidentaux dans l'anti-terrorisme »

Bien des choses séparent le départ chaotique des Américains de Kaboul en août dernier, et celui des Français du Mali annoncé février. Mais les  2022, il y a des points de convergence sont édifiants.

« L'échec de la France au Mali est très similaire à d'autres échecs occidentaux dans l'anti-terrorisme », résume Colin Clarke, directeur de recherche au Soudan Center, un think-tank basé à New-York. "L'Afghanistan est probablement l'exemple le plus proche, car le retrait s'est opéré avant qu'aucun des deux pays n'atteigne ses objectifs. Dans les deux cas, c'est au détriment de la sécurité, ce qui conduira vraisemblablement à la croissance des groupes djihadistes".

Et dans les deux cas, ce fut l'échec patent des tentatives occidentales de mettre sur pied des structures régaliennes locales légitimes et résilientes : armée, administration, gouvernement.

Actions françaises contre les djihadistes

Au Sahel, les actions françaises contre les djihadistes affiliés à Al-Qaïda ou au groupe État islamique (EI) ont obtenu d'évidents résultats, ne serait-ce que dans leur capacité à contenir leur propagation. Mais elles n'ont pas été suivies de la reconquête politique des territoires par les États africains, dans une zone par ailleurs bien trop grande compte-tenu des effectifs militaires déployés.

Le contre-terrorisme classique, certes, semble avoir les faveurs des partenaires internationaux

Barkhane a poussé les djihadistes dans leur retranchement, démantelé les réseaux et décapité les têtes pensantes ou opérationnelles. Mais au Mali comme en Afghanistan, Somalie ou Syrie, "les opérations de ratissage et de sécurisation, très vite considérées comme des succès militaires, cachent souvent les germes de conflits futurs encore plus complexes", constate Bakary Sambé, directeur de l'Institut Timbuktu à Dakar.

"Le contre-terrorisme classique, certes, semble avoir les faveurs des partenaires internationaux. Cependant, il ne s’attaque qu’aux symptômes d’un mal déjà profond", ajoute Bakary Sambé.

Ennemi asymétrique et protéiforme

"Il s’avère impuissant face aux racines de ce mal", précise le chercheur citant notamment "la pauvreté, le mal-développement, la mal-gouvernance, les injustices".

Source : Afp