Lutte contre la vie chère

Soumahoro Farikou (président de la Fédération nationale des Commerçants de Côte d'Ivoire): « Il y a trop de taxes »
« L’État nous fatigue »
13/03/2012
Soumahoro Farikou, président de la Fédération nationale des Commerçants de Côte d'Ivoire.
La cherté des produits de grande consommation tant décriée par les consommateurs d'Abidjan de l'intérieur du pays a un seul responsable, selon le président de la Fédération nationale des Commerçants de Côte d'Ivoire.

«La vie est chère, nous-mêmes nous vivons cela. Les consommateurs se plaignent. Nous aussi nous nous plaignons des frais imposés par l’État dans plusieurs de ses services. L’État nous fatigue. Il y a trop de taxes. Il faut que les consommateurs le sachent. Nous aussi nous sommes des consommateurs. Au Port seulement, il faut payer les frais élevés d'aconage, les frais de scanner et d'autres faux frais. A la douane, c'est pareil. Sur certains produits, les taxes sont trop élevées.

Au niveau des Impôts aussi, nous payons de frais supplémentaires qui sont élevés, notamment l'avance sur divers impôts (Asdi) pour le riz. Que voulez-vous que les commerçants fassent lorsqu'ils payent des frais supplémentaires ? Ils répercutent simplement sur le produit fini. C'est simple. Après, on parle de flambée des prix sur le marché.

La responsabilité de l’État est claire». Hier, jeudi 08 mars 2012, lorsque nous l'avons interrogé par téléphone, sur la flambée des prix des produits de grande consommation, Soumahoro Farikou, président de la Fédération nationale des Commerçants de Côte d'Ivoire (Fenacci), avait beaucoup à dire sur la question. Comme à son habitude, le premier porte-parole des commerçants ivoiriens n'y est pas allé avec le dos de la cuillère dans sa critique contre l’État. Sans fioriture aucune, il a expliqué que l'Etat rend la tâche difficile aux commerçants. En ce qui concerne le riz, par exemple, il a révélé que l'Asdi complique les choses aux commerçants dans la commercialisation. «Nous avons une marge de manoeuvre de 10 francs Cfa par kilogramme de riz. Nous avons besoin nécessairement de faire des bénéfices.

Aussi, nos prix sont-ils décidés en conséquence. Quand on me dit de vendre mon riz à 340 francs le kilogramme et que mon magasin est situé à des dizaines de kilomètres de mon lieu d'achat. Il me faut ajouter les frais de transport pour avoir des bénéfices. Dans ce cas, 340 francs, c'est pratiquement impossible. Si le riz coûte cher, la faute incombe au gouvernement. L’État ne nous écoute pas», a soutenu Soumahoro Farikou. Et de dénoncer un non engagement véritable de l’État dans la lutte contre la vie chère. « Lorsque nous posons le problème, on nous dit que le gouvernement a déjà fait son budget qui prend en compte toutes ses taxes imposées aux commerçants.

Dans ce cas, vous comprenez qu'il serait difficile de réduire les prix sur le marché. Nous, on attend l’État », a signifié le président de la Fenacci. Selon lui, pour résoudre le problème de la cherté de la vie en Côte d'Ivoire, le gouvernement ivoirien doit initier un programme d'urgence de lutte contre la vie chère « simplement ». Il propose également la réduction de la Taxe sur la valeur ajoutée (Tva) qui est de 18% en Côte d'Ivoire et 12% au Ghana. «Il faut un plan Marshall pour identifier les causes du problème de la vie chère afin d'avoir une solution définitivement et durable. Les commerçants sont prêts pour travailler sur la sujet», a-t-il laissé entendre.

Hermance K-N

Hermance K-N

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  • SOURCE: Soir info

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