Economie ivoirienne: Une étude révèle comment tirer profit des investissements directs étrangers


24/08/2015
Le Premier ministre Daniel Kablan Duncan (Ph : photo d'archives)
Prof. Loesse J. Esso, chercheur à la cellule d'analyse des politiques économiques du Cires (Capec), vient de publier une étude sur le ''rôle du secteur financier dans la mobilisation de l’investissement direct étranger''.

C'était récemment, au cours d'un atelier de dissémination qui a eu lieu à Abidjan. Selon le chercheur, faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent à l'horizon 2020 nécessite une transformation structurelle. Mais, dans son diagnostic, l'auteur de l'étude relève des dysfonctionnements qui entravent la bonne marche du pays. Faible transformation structurelle de l’économie, faible productivité des facteurs malgré la diversification de l’activité, économie dominée par le secteur agricole et les services, taille élevée de l’informel, modification de l’emploi au profit du secteur informel, malgré les efforts du gouvernement dans la création d’emploi décent, sont entre autres contraintes relevées par Prof. Loesse J. Esso.

Concernant l'objet de son étude, l'universitaire s'appuie sur des études publiées par l'Ocde en 2015 pour faire savoir que de nombreux pays restent caractérisés par des secteurs financiers peu profonds. Sur le cas spécifique de la Côte d'Ivoire, Prof. Loesse J. Esso dresse les caractéristiques du secteur financier national. De son étude, il souligne que ce secteur est peu diversifié et dominé à 90% par les actifs du système financier. De plus, le chercheur note une faible importance du secteur des assurances (1.7% Pib).

En forte liquidité, le secteur financier est surtout non inclusif, avec un faible accès aux services financiers. « 70% des Ivoiriens ne disposent pas d’un compte bancaire », regrette le chercheur. Qui ajoute que l'épargne nationale est non utilisée pour les besoins de l’économie et qu'il y a une absence de services financiers appropriés pour les Pme et l’agriculture. Selon la Banque mondiale, la part du crédit au secteur privé représentait 18% du Pib en 2013 et 20.3% en 2014. Pour ce qui est de l'investissement direct étranger, sa part dans le Pib est de l'ordre de 2% au cours des dernières années, mais en forte augmentation depuis les deux dernières décennies. Toutefois, les montants des flux d’Ide sont plus importants depuis 2011. Ceci, à la faveur de la sortie de crise ainsi que des efforts du gouvernement pour améliorer l’attractivité de la Côte d’Ivoire. « La finance joue un rôle important dans la réalisation d’investissements. Mais, le secteur financier ivoirien ne contribue pas véritablement à attirer des flux importants d’Ide, en raison des limites évoquées précédemment. En Côte d’Ivoire, le développement du secteur financier et les flux d’Ide favorisent la croissance économique. Toutefois, les externalités positives de l’Ide sur la croissance restent limitées en raison de la taille relativement réduite du secteur financier et des contraintes d’accès aux services financiers », explique Prof. Loesse J. Esso.

L'universitaire indique que pour amplifier les afflux d’Ide et profiter pleinement de leurs effets sur la croissance pour une transformation structurelle de l’économie ivoirienne, le gouvernement devra jouer sur plusieurs leviers. Pour lui, il faut poursuivre les réformes d’assainissement des secteurs du marché financier entamées par l’État, renforcer l’amélioration de l’environnement des affaires ainsi que la transparence et la diffusion de l’information financière, favoriser la concurrence dans tous les secteurs du marché financier et accélérer le développement des tribunaux de commerce.

Bertrand GUEU

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Bertrand Gueu

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  • SOURCE: L'inter

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