Africa Ceo Forum

Investissements directs étrangers (Ide) : La Côte d'Ivoire et le Ghana étalent leurs divergences de vue

Economie
Publié le Source : Soir info
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La Côte d'Ivoire et le Ghana ne sont pas sur la même longueur d'onde en ce qui concerne les Investissements directs étrangers (Ide). Leurs vues sont même divergentes sur cette question.

Le président ivoirien, Alassane Ouattara, et son homologue ghanéen, Nana Akufo-Addo ont exposé leur désaccord, le lundi 26 mars 2018, à l'ouverture de l'Africa Ceo forum, qui se tient à Cocody. «Le financement des infrastructures va se faire à partir de l'épargne intérieure mais également par les investissements directs étrangers », a souligné le chef de l'État ivoirien. Il s'est d'ailleurs félicité que la Côte d'Ivoire soit le premier pays en Afrique à avoir mobilisé, la semaine dernière, des ressources importantes (de 1,7 milliard d'euros soit 1 115 milliards Fcfa), à travers l’émission d’un Eurobond à deux   tranches sur les marchés financiers internationaux. Une tranche de 850 millions d’euros à 12 ans, au taux de 5,25% et l'autre tranche de 850 millions d’euros à maturité de 30 ans au taux de 6,625%.

C'est la preuve pour lui, que son pays jouit de la confiance des banques et des investisseurs internationaux. Le président Akufo- Addo a une approche différente relativement à cette aide qui, selon lui, « n'honore pas l'Afrique et met en péril la stabilité de la monnaie ». « Au cours des 14 derniers mois, nous avons travaillé à mettre sur pied une économie résiliente. Nous voulons développer une économie solide pour nos populations afin que le Ghana ne dépende plus de la charité. Nous voulons apporter le développement du secteur privé afin que le Ghana ne dépende plus des ( investissements directs étrangers) », a-t-il insisté. Selon lui, ce pays dispose de projets dans l'agriculture, les infrastructures, les industries extractives et l'économie digitale. « Si tout cela est bien structuré, il permettra d'attirer le secteur privé », s'est-il convaincu. Par ailleurs, ces deux chefs d'État sont d'accord que le secteur privé est le moteur de la croissance économique.

A relire: Africa Ceo forum /La transformation des champions africains au cœur des échanges

Alassane Ouattara, depuis la tribune de ce forum, a lancé un appel vibrant aux banques : « Baissez vos taux d'intérêt. Avant, l'argument était qu'il fallait faire beaucoup de provisions. Maintenant ce n'est plus le cas ». Sur la question de l'intégration régionale, le président ivoirien a noté la volonté des pays africains à créer un marché commun. Toutefois, il milite pour l'effectivité des accords signés. « Aux partenaires de la Cedeao (Communauté économique des États de l'Afrique de l'ouest, ndlr), signer un accord, c'est bien mais l'appliquer, c'est encore mieux. Il faut que nous appliquions ce que nous avons signé », a-t-il martelé. Alassane Ouattara n'a pas caché que ce forum est une aubaine pour la Côte d'Ivoire et le Ghana d'affiner leur coopération en matière de politique économique. En marge de cette rencontre, ces deux hommes d'État se rencontreront pour mieux coordonner leurs politiques en matière de production, de commercialisation et d'exportation et de transformation du cacao. Des décisions urgentes qui vont être prises et rentreront en vigueur à compter de cette année.

Pour sa part, Emmerson Mnangagwa, président du Zimbabwe, s'est félicité de participer à ce forum. Pour lui, la participation du Zimbabwe est très importante, suite à la transition politique et pacifique qui s'est opérée dans ce pays. Cette présence marque l'ouverture de son pays au monde et particulièrement aux hommes d'affaires. « Cette plateforme nous offre la possibilité d'être en réseau avec les hommes d'affaires du commerce et de l'économie. Vous êtes tous de potentiels partenaires pour nous. Le Zimbabwe est ouvert aux affaires et je vous invite à venir y investir », a-t-il lancé.

Quant à Amir Ben Yamed, président de ce forum, il a indiqué que cette sixième édition   porte sur le changement : « Champions africains, l'heure de la transformation ». « Nous avons voulu parler du changement parce que le monde autour de nous change et à notre avis, les économies et les entreprises africaines ne se transforment pas assez rapidement », a-t-il fait observer. Aussi M. Ben Yamed a-t-il souhaité que qu'à l'issue de cette conférence, les 1600 participants repartent convaincus, déterminés à impulser le changement.

 

Jonas BAIKEH

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