Promotion immobilière : La chefferie traditionnelle d’Anono s’oppose à un projet à la Riviera Golf ; loubards et forces de défense débarquent sur les lieux


24/11/2018
Promotion immobilière : La chefferie traditionnelle d’Anono s’oppose à un projet à la Riviera Golf ; loubards et forces de défense débarquent sur les lieux

La chefferie du village d’Abobo, par le biais de jeunes déployés sur le chantier a en effet entrepris de faire suspendre les activités d’un promoteur immobilier dont le projet d’aménagement immobilier est en cours dans la zone de la Riviera Golf.

L’ambiance est des plus tendues depuis le début de la semaine à la Riviera Golf sur le chantier d’un promoteur immobilier. Le site voisin à l’hôtel du Golf est en effet envahi depuis le mardi 20 novembre 2018 par des jeunes envoyés par la chefferie d’Anono, qui réclame la propriété de la parcelle. C’est un groupe important de jeunes gens qui ont débarqué le mardi matin sur le chantier de la société immobilière à la surprise des agents de celle-ci. A en croire les « loubards » qui disent être là sur instruction de la chefferie traditionnelle d’Anono, il s’est agi ainsi de réclamer ainsi la suspension des travaux sur le site qui appartiendrait au village. Très vite, la « délégation » décharge les matériaux de construction avec lesquels elle est arrivée et entame des travaux pour clôturer la parcelle non construite du site. Cela, sous l’œil hagard des agents de sécurité installés sur le site.

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« Ils sont arrivés et ont commencé à faire descendre des briques et tout sur une partie du site où nos hommes étaient en train de travailler. Vu la situation, nous avons essayé de les calmer avant d’appeler les responsables de la société pour leur expliquer ce que se passait », a appris l’un d’eux puis de faire savoir que du renfort était arrivé pour protéger les installations et le personnel « tout en évitant d’éventuels affronts avec l’autre partie ». Le passage des forces de défense et de sécurité ne fera que calmer les tensions. Le promoteur qui croyait ainsi pouvoir reprendre ses activités dès le lendemain a vite déchanté. En effet, après que les uns et les autres aient quitté le chantier, les vigiles en poste ont fait savoir qu’un individu est passé les menacer de mort et les avertir par ailleurs, du retour des jeunes gens dès le lendemain.

Effectivement, la même situation a prévalu le mercredi 21 novembre. Pis, les envoyés de la chefferie, encore plus nombreux, ont cette fois ouvertement exigé l’arrêt des travaux, s’installant non pas sur la parcelle revendiquée mais sur l’espace en construction, en dessous des logements déjà sortis de terre. La direction de l’entreprise, comme en janvier, entame une démarche pour tenter de trouver une issue favorable au problème. Ses tentatives pour rentrer en contact avec la chefferie resteront pourtant vaines. Les jeunes gens eux, n’entendent pas quitter les lieux sans une instruction de la chefferie les y invitant. Aussi, demeuraient –ils sur le site jusqu’au vendredi 23 novembre dernier lorsque nous y avons fait un tour. « Depuis mardi après-midi, ils viennent chaque jour. Nous les observons et veillons juste sur les logements et le matériel vu que les ouvriers et l’ensemble de l’équipe chargée de la réalisation des travaux est en congé forcé depuis », a appris un agent de la société immobilière.

Si le promoteur n’est parvenu à échanger avec la chefferie, nous n’aurons pas plus de chance dans notre démarche pour avoir de plus amples informations. Des sources proches de ladite chefferie font toutefois savoir qu’il est attendu la purge des droits coutumiers qui, à en croire certains indiscrétions, auraient déjà été payés.

Dans une décision qu'elle a intitulée " sommation d'avoir à arrêter les travaux de construction " et déposée par un huissier , le jeudi dernier, la chefferie d'Anono ( messieurs Papa Mobio Jean Marie, Antonin Akedjro Djoman et Konan Yao Augustin) a demandé à la  société de cesser ses activités sur le chantier parce qu'elle n'est pas propriétaire des parcelles. De ce fait elle veut voir la société immobilière arrêter tous les travaux de construction. Toute chose qui explique les expéditions qu'elle a organisées sur le chantier de la Société depuis quelque temps.

Pour sa part, le promoteur entend saisir les voies de recours qui lui sont offertes pour jouir de ses droits. Cela, d’autant plus qu’on évoque un préjudice de plus de 75 millions de F Cfa du fait notamment de ces récurrentes interruptions de travail. Saisi, le procureur a recommandé à la chefferie du village d’Anono de donner la priorité à la loi et surtout d’éviter toute action de violence.

 

 

 

 

 

 

 

Alassane SANOU

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  • SOURCE: Linfodrome

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