BAD : le conseil des gouverneurs lâche le président Adesina/ Une nouvelle enquête autorisée contre le patron de la BAD

Economie
Publié le Modifié le Source : Linfodrome
bad-le-conseil-des-gouverneurs-lachent-le-president-adesina-une-nouvelle-enquete-autorisee-contre-le-patron-de-la-bad Le conseil des gouverneurs de la Banque africaine de développement (BAD) a décidé, mardi 26 mai, de lancer une enquête indépendante

Une enquête extérieure à la BAD sera lancée pour faire la lumière sur les accusations de comportements « contraires à l’éthique » par son président, Akinwumi Adesina.

Le conseil des gouverneurs de la Banque africaine de développement (BAD) a décidé, mardi 26 mai, de lancer une enquête indépendante sur son président, le Nigérian Akinwumi Adesina. A la tête de l’institution financière panafricaine de développement depuis 2015 et unique candidat à sa propre réélection, cet économiste réputé est aujourd’hui accusé par des employés de comportements jugés « contraires à l’éthique », de présumées « violations du code de conduite » et de soupçons de favoritisme dans l’octroi de postes stratégiques, de même que dans des contrats de plusieurs millions de dollars.

« Considérant l’étendue, la gravité et la précision des allégations (…), nous pensons qu’une enquête plus approfondie est nécessaire », écrivait quatre jours plus tôt le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin. Dans une lettre adressée à la présidente du bureau du conseil des gouverneurs de la BAD, ce responsable américain préconisait le recours à un « enquêteur extérieur indépendant », tout en exprimant de « sérieuses réserves » sur un premier rapport d’enquête réalisé par le comité d’éthique de la Banque qui disculpait M. Adesina. La réélection en août prochain du Nigérian Akinwumi Adesina à la tête de la Banque africaine de développement est cette fois compromise. Le bureau du conseil des gouverneurs de la BAD a acté le principe d’une enquête indépendante dans l’affaire des allégations de favoritisme qui le visent.

Dans un communiqué publié ce mercredi, Akinwumi Adesina se dit « innocent » des accusations de prévarication le visant et qu’il va « continuer à travailler ». Le président de la Banque africaine de développement invoque même les esprits de Nelson Mandela et Martin Luther King pour souligner sa probité.

Ce communiqué intervient après la demande des Etats-Unis, un des principaux actionnaires de la BAD, d'« une enquête approfondie sur ces allégations par un enquêteur extérieur indépendant », dans une lettre signée de Steven Mnuchin datée du 22 mai. Le secrétaire américain au Trésor y faisait part de ses « sérieuses réserves » sur l'enquête interne menée par la BAD, qui l'avait conduit à disculper totalement Akinwumi Adesina, mis en cause depuis le début de l'année par des « lanceurs d'alerte ».

Plusieurs salariés de la Banque africaine de développement accusaient leur président de ne pas respecter les règles internes, de nommer des proches à certains postes et de favoriser les ressortissants nigérians. L’attribution douteuse de contrats était également pointée.

L’Argentine, la Côte d’Ivoire et la Namibie, les trois pays qui composent actuellement le bureau du conseil des gouverneurs, ont rapidement exaucé le souhait de Washington en donnant le feu vert à une enquête indépendante.