Yamoussoukro / Après la fixation du prix du Kilo de cacao à 1 000 Fcfa : Les producteurs réagissent ; ce qu'ils exigent de Ouattara

Economie
Publié le Source : Linfodrome
yamoussoukro-apres-la-fixation-du-prix-du-kilo-de-cacao-a-1-000-fcfa-les-producteurs-reagissent-ce-qu-ils-exigent-de-ouattara N’Zi Yao Dinard, à gauche et Kambou Sié, à droite, satisfaits du nouveau prix du Kilo de cacao. (Ph: DR)

Le prix du Kilogramme de cacao bord champ au titre de la campagne cacaoyère 2020-2021 est de 1 000 Fcfa. Ce prix annoncé, jeudi 1er octobre 2020 par le président Alassane Ouattara, connaît ainsi une augmentation de 175 Fcfa par Kilogramme. Suite à l’annonce de ce prix, des producteurs ont réagi.

N’Zi Yao Dinard (Producteur de café-cacao à Oumé) : « ...je pense qu’on peut avoir le cartel café-cacao au niveau mondial »

Nous sommes très heureux. Nous encourageons l’union entre le Ghana et la Côte d’Ivoire parce qu’on s’est rendu compte que dans l’union on peut obtenir beaucoup de choses. J’ai eu le privilège de participer aux travaux préparatifs pour la mise en place du Différentiel de revenu décent (Drd). Aujourd’hui, c’est l’aboutissement de cet effort. Je tiens à féliciter les deux États. Si les autres États producteurs de café-cacao peuvent se joindre aux autres, je pense qu’on peut avoir le cartel café-cacao au niveau mondial. Le facteur prix est important, parce que c’est le seul facteur qui rejaillit sur l’ensemble des producteurs de Côte d’Ivoire. Je demande aux producteurs de se considérer comme des entrepreneurs. Ils doivent faire de l’épargne et la planification de leurs dépenses. En tant que premier vice-président de la Fédération des organisations de producteurs de café cacao, notre rôle aujourd’hui, c’est de sensibiliser nos membres afin que cet argent qui va tomber dans la cagnotte puisse servir pour la scolarisation de nos enfants, l’entretien de nos différentes familles, mais qu’on puisse avoir le goût de l’épargne pour pouvoir vivre sur les 12 mois de l’année.

Diaby Moussa (Président de la société coopérative agricole de M’Bayakoffikro à Daloa) : « Nous allons dénoncer ceux qui ne voudront pas respecter le prix »

A partir du moment qu’il s’agit d’un accord entre la Côte d’Ivoire et le Ghana, déjà le prix est garanti par cet accord. Par le passé, il y avait des craintes. Il nous revient, en tant qu’organisations professionnelles, de nous battre et de dénoncer ceux qui ne voudront pas respecter le prix. Les producteurs doivent faire la qualité pour voir leurs productions rapidement écoulées.

Adjéhi Koffi (Producteur à Abengourou) : « ...avec le nouveau mécanisme, nous pensons que ce prix sera très stable... »

La nouvelle majeure au cours de cette édition des Jncc, c’est le prix d’achat bord champ du Kilogramme de cacao fixé à 1 000 Fcfa. C’est un prix très bon pour le producteurs, en ce sens que l’année dernière, le prix était à 825 Fcfa. Cette année, il y a 175 Fcfa qui s’ajoutent, soit près de 350 milliards Fcfa qui viennent s’ajouter dans la poche du producteur. Nous remercions le président de la République. Nous sommes très contents et avec le nouveau mécanisme, nous pensons que ce prix sera très stable et qu’il va évoluer d’année en année.

Kambou Sié (Président de la Fédération des organisations de producteurs de café cacao) : « ...nous les producteurs, nous n’avons pas un mécanisme de financement »

Le 1 000 Fcfa par kilogramme de cacao de 2016 et le 1 000 Fcfa d’aujourd’hui est différent, parce que le 1 000 Fcfa d’aujourd’hui est issu de la collaboration entre la Côte d’Ivoire et le Ghana qui a permis la mise en place du Drd (Différentiel de revenu décent) qui donne une prime de 200 Fcfa sur le Kilogramme de cacao ivoirien et ghanéen. Ce sont ces 200 Fcfa qui ont permis qu’on ait les 1 000 Fcfa. Ces 200 Fcfa sont durables, parce que quelque soit le prix qui va s’afficher sur le marché international, la Côte d’Ivoire et le Ghana auront toujours 200 Fcfa par Kilo. Nous allons organiser une tournée pour expliquer aux producteurs qu’ils ont le droit d’exiger un reçu dans le cadre de la vente de leurs produits.

Le Gouvernement a posé des actes forts dans la filière café cacao. Le premier acte fort, c’est la collaboration entre la Côte d’Ivoire et le Ghana qui a donné le Drd ; le deuxième acte fort, la pose de la première pierre, le 22 septembre dernier, de la construction de deux usines de transformations du cacao. Mais ce que nous attendons, c’est qu’on a constaté que dans tous les secteurs, il existe un mécanisme de financement. Les jeunes, à travers Agir jeunes, sont financés ;les femmes, à travers le Fafci, sont financées ; mais nous les producteurs, nous n’avons pas un mécanisme de financement. C’est un cri du cœur que nous lançons au chef de l’État, il faut qu’un mécanisme de financement de notre entité première qui sont les sociétés coopératives existe et le deuxième élément concerne le différentiel de ramassage qui est insuffisant. Les coûts des pièces de véhicules ont augmenté. Les 80 Fcfa ont été fixés depuis 2012. Aujourd’hui nous sommes en 2020. Ce n’est plus adapté. Il faut que pour la campagne 2021-2022, l’État de Côte d’Ivoire pense à améliorer ce différentiel de ramassage. C’est ce que nous attendons.

Le chef de l’État et les producteurs de café cacao ont un point commun. Le chef de l’État appelle les investisseurs pour venir investir en Côte d’Ivoire, et aujourd’hui le pays est devenu le plus riche de l’Afrique de l’ouest. On est premier. En tant que producteur de café-cacao, notre travail permet à la Côte d’Ivoire d’être premier producteur de cacao. Donc, nous avons un point commun qui est premier. Lorsque le chef de l’État est arrivé à la tête de la Côte d'Ivoire, on a constaté que sa vision, c’est le développement et nous aussi nous épousons le développement. A l’heure actuelle, personne ne peut l’ignorer ; c’est Lui (Alassane Ouattara, Ndlr), qui est le plus fort en développement. Donc nous allons le soutenir jusqu’à ce qu’un jour, la Côte d’Ivoire trouve quelqu’un d’autre qui peut développer comme Lui, pour le remplacer. Pour le moment c’est le meilleur, nous sommes en mission, nous allons le soutenir.

Propos recueillis par Irène BATH (Envoyée spéciale)