Campagne cacaoyère 2020-2021 : Un ancien dirigeant de la filière redoute « de sérieux risques de défauts d’exécution des contrats à terme »


16/12/2020
Campagne cacaoyère 2020-2021 : Un ancien dirigeant de la filière redoute « de sérieux risques de défauts d’exécution des contrats à terme »
La mise en place d'un DRD est le combat mené par les États en vue d’améliorer le revenu du producteur. (Ph: DR)

Ancien dirigeant de la filière café cacao, N'Guessan Édouard, expose les risques auxquels s'expose la Côte d'Ivoire en cas d'impossibilité d'écoulement de son cacao.

La Côte d'Ivoire a fixé le prix bord champ du cacao à 1000 Fcfa au titre de la campagne cacaoyère 2020-2021, en intégrant la prime de 400 dollars, soit 200 000 Fcfa (DRD : Différentiel de revenu décent) sur la tonne à la charge des négociants et industriels. Malheureusement, les dirigeants du Conseil café cacao et ceux du Ghana Cocoa board (Ghana), déplorent le fait que certains industriels rusent pour ne pas payer le DRD. Toute chose qui engendre des difficultés dans la commercialisation du cacao. Interrogé sur les risques auxquels s'expose la Côte d'Ivoire face à cette situation, N'Guessan Édouard, ancien dirigeant de la filière café cacao et auteur de plusieurs ouvrages sur le cacao affirme que la campagne 2020-2021 lui apparaît assez difficile parce que comportant de nombreuses d’incertitudes. « Les volumes invendus restent importants à la date d’aujourd’hui (mercredi 16 décembre 2020, Ndlr), et la tendance des prix reste baissière sur le marché international. A cela, il faut ajouter la crise sanitaire qui a pour conséquence la forte réduction des demandes. Tout cela fait apparaître de sérieux risques de défauts d’exécution des contrats à terme », souligne N'Guessan Édouard. Puis de poursuivre que ces événements et incertitudes vont sûrement entraîner des difficultés dans la gestion de la campagne avec probablement une réduction du prix bord champ sur la campagne intermédiaire. N'Guessan Édouard alerte que « si on n’arrive pas à écouler les produits, on risque d’avoir des engorgements de nos ports. Les producteurs auront des difficultés pour vendre leurs productions. Les stocks vont s’accumuler à l’intérieur du pays entraînant des sous paiements, la baisse de la qualité et une baisse des recettes fiscales …etc ». Sa proposition pour sortir de cette mauvaise passe, c'est de faire accepter le DRD par tous les pays producteurs comme étant une taxe nouvelle au commerce du cacao. « Il s’imposera puisqu’il s’appliquera à toutes les origines. Ou bien, il faut trouver une justification dans le cadre de la durabilité du cacao », préconise-t-il.

La mise en place d'un DRD, faut-il le rappeler, est le combat mené par les États en vue d’améliorer le revenu du producteur.

Irène BATH

Irene Bath

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  • SOURCE: Linfodrome

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