Télécommunications

La Côte d’Ivoire va numériser la régulation des flux téléphoniques


08/01/2021
La Côte d’Ivoire va numériser la régulation des flux téléphoniques
Le régulateur va être doté d’un dispositif de supervision du trafic téléphonique.

Emboîtant le pas à de nombreux pays africains, la Côte d’Ivoire va se doter en 2021 d’un système de supervision des télécommunications, un secteur clé pour le pays puisqu’il englobe aussi bien les échanges voix et data que les transactions d’argent mobile. Une décision inscrite dans l’Ordonnance N°2019-495 du 12 juin 2019 portant institution d'un dispositif de contrôle des flux de communications électroniques des entreprises de Télécommunications/TIC . Objectif : mettre en place et l’exploitation d’un dispositif de suivi des flux de communication électroniques et de lutte contre la fraude en matière de télécommunications.

Clôturé le 8 octobre 2020, l’appel d’offres mené pour doter le régulateur d’un dispositif de supervision du trafic téléphonique, a mis en compétition trois prestataires : Global Voice Group, Soumglobal LLC et Telsig Ltd., dont certaines sont bien connues pour leurs résultats sur le continent. C’est notamment le cas de Global Voice Group (GVG), une entreprise active depuis 1998, qui assure déjà la supervision du trafic télécoms dans une dizaine de pays africains et qui se distingue dans cette procédure d’appel d’offres par son expérience et ses résultats au service des autorités de régulation africaines, parmi lesquelles l’ARPCE au Congo, RURA au Rwanda et TCRA en Tanzanie. À son actif, des recettes de plus de 4,6 milliards USD pour les pays bénéficiaires entre 2008 et 2018, ce qui fait de GVG un concurrent solide dans la course à l’obtention du marché proposé par le Comité national de contrôle des flux de communications électroniques (CNFC) ivoirien.

GVG et Telsig, partenaires historiques des régulateurs africains

Autre candidat en lice, TEOCO/SOUMGLOBAL est une entreprise dont le champ d’activité dépasse le simple accompagnement des autorités de régulation nationale, son offre de solutions s’adressant à tous types de fournisseurs de services de communication. Contrairement à GVG dont les activités sont historiquement concentrées sur le continent africain, TEOCO/SOUMGLOBAL, dont le siège se situe en Virginie (Etats-Unis), travaille dans le monde entier et compte des clients sur la plupart des continents.

Le troisième soumissionnaire est la société Telsig Ltd., dont le PDG, Oswald Guy-Cyr Louéké est également président du conseil d’administration de BGFI Bank Bénin et du groupe diversifié OGL Holding. Forte d’une quinzaine d’années d’expérience, cette entreprise, dont l’activité se concentre sur l’Afrique francophone, est actuellement active au Gabon, au Congo Brazzaville et au Bénin, où elle intervient en partenariat avec les autorités de régulation.

Un marché crucial

En Côte d’Ivoire comme sur le reste du continent, l’enjeu est de taille face à l’essor des flux de communication téléphoniques, du boom du mobile money, d’une régulation perfectible et du besoin d’élargir l’assiette fiscale. En Côte d’Ivoire, où le taux de pénétration mobile dépasse 145 %, le marché des télécommunications représentait plus de 245 milliards de F Cfa au 3è trimestre 2020, mais il est difficile d’estimer le montant des pertes résultant de la fraude fiscale et téléphonique sans dispositif numérique de mesure des flux.

En donnant accès à des données de trafic précises, la supervision fiable et indépendante des télécommunications permettra à l’Etat de connaître en temps réel les recettes générées par les opérateurs, et ainsi récupérer correctement l’impôt qui lui est dû. Cela lui permettra aussi de déjouer les pratiques de SIM boxing, qui permet de faire passer des appels internationaux pour des appels nationaux. Ce faisant, l’Etat ivoirien rejoindra certains de ses voisins africains qui ont mis en place un tel système de supervision avec succès : la Tanzanie, le Rwanda, le Congo, etc. Une telle réforme était rendue urgente par le contexte sanitaire et économique actuel, la crise du Covid-19 ayant largement impacté le mode de vie des populations avec une digitalisation accrue dans tous les secteurs : transactions, activités, interactions sociales et professionnelles. Quelle qu’en soit l’issue, cet appel d’offres est une excellente nouvelle pour le pays qui va pouvoir réguler ce secteur clé de l’économie, améliorer la qualité de son réseau et activer un nouveau levier financier au service de son développement.

 

 

Jonas BAIKEH

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  • SOURCE: Linfodrome

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