Côte d'Ivoire / Lutte contre la cherté de la vie : Le Gouvernement démissionne ; les populations bientôt dans la faim ; menace sur le prix du loyer

Economie
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cote-d-ivoire-lutte-contre-la-cherte-de-la-vie-le-gouvernement-demissionne-les-populations-bientot-dans-la-faim-menace-sur-le-prix-du-loyer Le Gouvernement est aujourd'hui contrarié dans sa noble ambition de lutter contre la cherté de la vie. (Ph : DR)

La crise énergétique actuelle a une conséquence immédiate sur l'ensemble de la population. Il s'agit notamment de la hausse des prix des matériaux de construction et de certains produits de grande consommation.

Face à la crise relative aux diverses perturbations sur le réseau électrique et aux coupures d'électricité observées ces derniers temps en Côte d'Ivoire, le Gouvernement ivoirien a pris une importante décision. À savoir de privilégier la fourniture d'électricité aux ménages au détriment des entreprises industrielles. En privilégiant la fourniture d'électricité en résidentiel, le Gouvernement décide ainsi de réduire l'impact des coupures d'électricité sur les ménages. Un choix que l'on pourrait qualifier de salutaire, mais qui a malheureusement des conséquences. En effet, les populations que l'on veut protéger sont à la vérité impactées, mais autrement. Elles ont de l'électricité, certes, mais par derrière, tout le reste coûte cher. Du coût, la lutte contre la cherté de la vie dont le Gouvernement a décidé d'en faire son cheval de bataille devient une simple vue de l'esprit.

L'exemple palpable aujourd'hui, c'est l'augmentation du prix des matériaux de construction. À titre de preuve, le prix de la tonne de ciment est passé de 66 000 Fcfa, voire 68 000 Fcfa, 70 000 Fcfa, ou même 75 000 Fcfa, pour s'établir aujourd'hui (mardi 4 mai 2021), à 105 000 Fcfa, ou 110 000 Fcfa. Il n'est pas exclut que demain, ce prix change encore. Cette hausse du prix de la tonne de ciment est une réalité chez tous les opérateurs des unités de broyage de clinker (un constituant du ciment). Outre les difficultés liées à la fourniture d'électricité, ces opérateurs déplorent également l'augmentation du coût de la matière première (clinker) de 10 Euros la tonne, soit 6 500 Fcfa, ainsi que la pression sur le transport.

Dans une note d'information de l'entreprise de ciment Guepard à ses distributeurs, il est fait mention d'une augmentation de 7 000 Fcfa TTC/Tonne de ciment à partir du 1er mai 2021. Les raisons évoquées par cette entreprises qui les obligent à pratiquer ce prix sont notamment, « les différentes augmentations récentes telles que les prix internationaux d'importation des matières premières, les frais d'expéditions et les frais de déchargements de ces matières, ainsi que les coupures électriques », précise la note d'information.

Le Gouvernement ivoirien, dans sa stratégie d'alterner la fourniture d'électricité, a identifié un certain nombre d'industriels. Ces derniers ont l'électricité pendant 12 heures et pendant les 36 heures, l'électricité est interrompue. Une note d'information de la Confédération générale des entreprises de Côte d'Ivoire (Cgeci) adressée au Premier ministre est précise sur la question. Le président du Patronat ivoirien, Jean-Marie Ackah explique que, « les perturbations énergétiques entraînent, sur la période d'avril à août 2021, un déficit de 200 MW dans la fourniture d'électricité que les autorités du secteur énergétique entendent combler en mettant immédiatement en œuvre un plan de délestage de 145 grandes entreprises industrielles, sur cette même période. Déjà opérationnel depuis le 22 avril 2021, ce délestage devrait consister à alimenter ces entreprises en électricité, de façon alternée, pendant 12 heures sur une plage de 48 heures ».

Ce n'est donc pas que les cimentiers qui sont touchés, si l'on s'en tient à la note de la Cgeci. Les meuniers, c'est-à-dire les personnes qui possèdent, exploitent un moulin à céréales, ou qui fabriquent de la farine sont également touchées. Il y a aussi les secteurs du cacao et de la canne à sucre qui sont aussi touchés. En somme, les industries lourdes qui consomment de l'électricité voient leurs unités de production tourner au ralenti.

Au vue de cette situation, il n'est pas exclu de voir les prix des produits de grande consommation tels que le pain, le sucre, le chocolat et même les loyers des maisons prendre l’ascenseur.

Il y a pratiquement deux mois, le prix de la botte de fer, faut-il le rappeler, connaissait une importante hausse. Le prix de la botte de fer économique est passé de 43 000 Fcfa (Prix chez le détaillant) à 55 000 Fcfa (Prix chez le détaillant). Dans certaines usines de la place, il était possible d'avoir la botte de fer à 51 500 Fcfa.


Les raisons évoquées face à la crise énergétique en Côte d'Ivoire sont la baisse importante de la pluviométrie affectant les quantités d'eau au niveau des barrages hydroélectriques. Parallèlement à cela, des sources évoquent des investissements qui n'ont pas pu être réalisés du fait de la Covid-19 pour la construction d'une turbine devant permettre l'augmentation de la capacité de l'électricité.

La vérité, déplore une autre source, « ça veut dire qu'on n'a pas les gens au bon endroit pour anticiper. Il y a sûrement un indice de l'augmentation de la capacité de l'électricité en fonction des industries naissantes. Si on avait bien suivi les choses, on n'en serait pas là », accuse cet informateur. Puis de poursuivre que la Côte d'Ivoire est complètement décrochée des réalités du secteur électrique. « C'est maintenant qu'on découvre qu'on est en sous-capacité d'électricité. Alors qu'aujourd'hui, des entreprises ont réalisé des investissements énormes », informe ce sachant.

Irène BATH