Accidents de la route et réforme du permis de conduire : Le ministre Amadou Koné fait des révélations

Economie
Publié le Source : Soir info
accidents-de-la-route-et-reforme-du-permis-de-conduire-le-ministre-amadou-kone-fait-des-revelations Le ministre Amadou Koné a éclairé sur l’ambition gouvernementale des Transports.

La question des accidents routiers était au centre des thématiques abordées par le ministre des Transports, Amadou Koné, à la faveur de « La Tribune de Le Patriote », initiée le jeudi 6 mai 2021, au siège du journal Le Patriote, à Marcory zone 4. S’il a reconnu la hausse du nombre d’accidents de 814 en 2018 à 1509 à ce jour, le ministre a expliqué cette situation par l’intensification du trafic, avec la croissance économique, la montée de l'incivisme chez les usagers de la route, la relative faiblesse de la prévention et la sanction des infractions, le bon état des voies qui favorise malheureusement la vitesse en dépit des radars et des ralentisseurs mis en place.

« Les accidents sont de plus en plus graves. Les poids lourds sont impliqués dans 6% des accidents mais ils font 13% de tués. Mais 68% de ceux qui meurent sur la route sont des piétons et les usagers des 2 et 3 roues. Les minicars et cars sont responsables de 21% des tués, les véhicules particuliers de 24%. Il y a un focus important à mettre dans les villes sur les piétons », a-t-il indiqué.

Aussi, a-t-il annoncé des mesures pour prévenir ces accidents et améliorer la prise en charge des victimes, notamment à travers l’interconnexion des structures en charge de la sécurité routière en projet (Oser, police...), la réforme de la Commission nationale de sécurité routière, l’installation de dispositifs de réglementation de la vitesse sur les axes les plus meurtriers, ainsi que l’amélioration du système de formation des usagers. « On a identifié les axes sur lesquels on va agir. A partir de juin 2021, un système de contrôle de vitesse par radar automatique devra être mis en place pour réduire le nombre d’accidents graves, notamment sur l'autoroute du Nord, la voie de l’Est et la voie de Yamoussoukro-Bouaflé-Daloa, qui sont les voies les plus meurtrières.  On a adopté un nouveau programme de formation. Le programme est en train d'être enseigné aux moniteurs. On a décidé de digitaliser les examens théoriques. En juin, cela devrait être opérationnel », a-t-il promis.

S’agissant particulièrement de la réforme du système de permis de conduire, qui induira une digitalisation progressive des procédures, elle vise, selon le ministre, à réduire au maximum les chances de survenue d’actes de corruption dans la délivrance des permis de conduire, l’un des principaux facteurs des accidents de la route. « La solution, c'est la digitalisation pour qu'il y ait de la transparence, qu'on soit efficace. On va accélérer la réforme du permis de conduire. Cette réforme se poursuit. Le logiciel est prêt. Il s'agira pour tout transporteur de ne pas avoir droit à un inspecteur mais à un terminal. J'ai décidé avant que tout le dispositif numérique soit en place, de procéder à un nettoyage à tous les niveaux. On a fait un nouveau cahier de charges pour le contrôle technique. Cette année, on aura tout terminé parce que j'ai décidé qu'il fallait crédibiliser notre permis », a-t-il expliqué. Et d’ajouter relativement au projet de permis de conduire à points : «  On mettra les permis à points quand on sera en capacité d'enlever les points automatiquement. Mettre le permis à point maintenant va venir en rajouter à la corruption dans le secteur du transport ». Toujours dans son ambition de répondre à la problématique de la sécurité routière, le ministre a exhorté les transporteurs à se détourner de l’utilisation du gaz butane en lieu et place du carburant. Il a d’ailleurs annoncé des actions pour les y amener et éviter que ce changement ait une répercussion sur le coût du transport. De même, le ministre a dévoilé des actions pour réglementer la circulation des motos et des tricycles dans le district d’Abidjan et dans les localités de l’intérieur du pays.« A Abidjan, pour rouler une moto, il faut un permis de type A, il faut que la moto soit immatriculée, qu’il y ait des équipements de sécurité et la moto doit être assurée. Nous allons bientôt commencer une campagne de sensibilisation. Après, nous allons réprimer. Le dernier sujet a régler, c'est la réglementation du secteur de la distribution par les motos, tricycles. Ce travail est en train de se faire. Très rapidement, vous verrez les dispositions qui vont être prises », s'est-il engagé.

 

Projets d’infrastructures

 

Au-delà de cette question, le ministre a dévoilé les principaux axes sur lesquels le gouvernement, à travers son département, entend se pencher pour régler les problématiques liées au transport, à savoir l’amélioration du cadre réglementaire, le développement du système de transport intelligent pour fluidifier le transport urbain et l’amélioration des infrastructures de transport. Il a ainsi annoncé, pour ce qui est de l’amélioration de la mobilité urbaine, la livraison en 2021, de quelque 500 autobus à la Sotra, pour atteindre 2000 autobus, la construction d’un réseau de voie dédié à la circulation de bus Brt Yopougon-Bingerville, les travaux préparatoires de la réforme du système de permis de conduire, le déploiement de la Sotra à Bouaké avant la rentrée prochaine et éventuellement, d'autres villes de l’intérieur qui le nécessitent. « La capacité de service de la Sotra devra fortement s’améliorer à partir de 2021 avec le démarrage de la construction d’un réseau de voies dédiées à la circulation de bus Brt », a-t-il appris. Le ministre a également levé le voile sur d’importants projets d’infrastructures de transport qui devront être relancés pour les uns et réalisés pour les autres. Ainsi, il a annoncé l’amélioration des infrastructures portuaires, avec la réalisation d’un ouvrage de franchissement sur le canal de Vridi, la libération des emprises et l’ouverture de la voie B28 dans la continuité de l'île Boulay, le prolongement de la voie Y4 et le renforcement des connexions routières du port de San Pedro à son Hinterland. Pour ce qui est du transport aérien, le ministre a assuré de la construction de l’aérocité Akwaba en 2022, la modernisation et l’équipement des aéroports de San Pedro, Korhogo et Yamoussoukro puis la construction des aéroports de Kong et Séguéla, dont les travaux devront s’achever en 2021 « Quant aux travaux d’extension de l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny, les discussions ont abouti à la formalisation d’une intention de financement par l’État. Un accord est en discussion avec le groupe Cercao, pour la réalisation des études et des travaux qui devront durer 4 ans. (…) Outre ces projets, il est prévu de certifier l’aéroport international de Bouaké, conformément aux exigences de l’Oaci, renforcer la compétitivité de l'aéroport Félix Houphouët-Boigny à travers une baisse significative des prestations aéroportuaires et des prix des billets d’avion », a-t-il fait remarquer.

Quant au projet du métro, lancé en 2017, le ministre des Transports s’est montré optimiste. A l’entendre, si le projet a connu un retard dans son exécution, c’est principalement dû à l’évolution de la situation sociopolitique et à la prise en compte de certains détails inhérents au projet lui-même. « On tient les délais à peu de choses près. On a du retard sur la libération des emprises parce qu'il fallait mettre à jour l’étude, enlever le millier de familles… On fait le maximum. Le projet avance bien. L'entreprise de construction est sur le terrain en train de faire un certain nombre d'études... on a les moyens humains, l'argent pour le faire. On est maintenant dans une phase où on va commencer cette année à libérer les emprises », a déclaré le conférencier. Qui a informé du démarrage effectif des travaux pour 2022, après la libération des emprises du projet. Et la première tranche du projet sera livrée en 2025. « Les rapports provisoires de l’étude d’impact environnemental et social et du plan d’action de réinstallation ont été restitués. Le budget du plan d’actions de réinstallation des populations et des entreprises a été réévalué. Le démarrage de la construction interviendra en 2022 après la libéralisation des emprises qui sont occupées par les populations. Une première tranche est prévue d’être livrée en 2025. Nous espérons livrer la tranche Anyama-Plateau en 2025 », a-t-il fait savoir.

La rencontre a été l’occasion pour le successeur du ministre Gaoussou Touré, de revenir sur les difficultés rencontrées dans la réalisation d’un autre projet similaire, à savoir celui de la gare routière internationale. A ce sujet également, Amadou Koné a donné des garanties sur les dispositions prises par le gouvernement et ses partenaires, pour l’exécution prochaine du projet, d’ici à la fin de l’année 2021. « Il y a des problèmes. Pour diverses raisons, le concessionnaire n'a pas encore fini de mobiliser le financement. Tout sera mis en œuvre pour que cette année, les travaux de cette gare puissent démarrer. Les réflexions sont en cours pour le déblocage du projet. Nous espérons débloquer ce projet d’ici la fin de l’année », a-t-il avancé.

 

Alassane SANOU