Initiative Côte d'Ivoire-Ghana pour le cacao : Abidjan et Accra lancent un appel aux autres pays africains producteurs

Economie
Publié le Source : L'inter
initiative-cote-d-ivoire-ghana-pour-le-cacao-abidjan-et-accra-lancent-un-appel-aux-autres-pays-africains-producteurs La Côte d'Ivoire et le Ghana peuvent désormais défendre les intérêts de leurs producteurs de cacao dans un cadre plus formel.

« Je saisis l’occasion pour lancer un vibrant appel à l’ensemble des pays africains producteurs de cacao, à adhérer à cette Organisation (Initiative cacao Côte d'Ivoire-Ghana, Ndlr) qui permettra à nos États d’influencer davantage le marché mondial du cacao. Ainsi, et j’en suis persuadé, nous pourrons améliorer les conditions de vie et de travail de nos producteurs de cacao, acteurs principaux de la durabilité, et qui, sans aucun doute, constituent l’épine dorsale de l’économie cacaoyère ». C'est le message fort envoyé par le ministre d’État, ministre de l'Agriculture et du Développement rural de Côte d'Ivoire, Kobenan Kouassi Adjoumani, aux pays africains producteur de cacao, à l'instar de la Côte d'Ivoire et du Ghana, en marge de la première réunion du Comité de pilotage de l'Initiative cacao Côte d'Ivoire-Ghana (Iccig). C'était hier lundi 21 juin 2021, à Abidjan-Cocody.

Cette réunion d'Abidjan, en effet, marquait la mise en place effective de cette initiative portée par les deux plus gros fournisseurs du marché mondial en cacao, pour près de 60 % de l'offre. L'Iccig est un cadre d'échanges visant à trouver des solutions pérennes devant permettre principalement d'offrir un revenu décent aux producteurs de cacao. Mais au-delà, cette plateforme traite également les questions de déforestation, du travail des enfants dans la cacaoculture, entre autres.

« Il convient de rappeler que ''l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire – Ghana'' marque la concrétisation de la volonté de nos deux chefs d’Etat de raffermir de façon continue, la coopération et l’harmonisation de leurs politiques et initiatives dans divers domaines stratégiques et plus spécifiquement dans la filière cacao », soulignait le ministre Adjoumain. Puis d'ajouter : « L’Initiative Cacao Côte d’Ivoire – Ghana sera ainsi, pour nos deux pays, un cadre d’échanges qui permettra de coordonner de façon conjointe une politique cacaoyère aux fins de promouvoir, de favoriser et de défendre les intérêts collectifs de nos deux pays sur le marché international, ainsi que dans tous les fora internationaux. »

A l’occasion, le ministre d’État Adjoumani a rappelé que l'idée de la mise en place de cette plateforme est née suite aux contraintes structurelle et conjoncturelle qui pèsent sur le secteur du cacao ces dernières années. Ainsi, la « Déclaration d’Abidjan » faite par nos chefs d’Etat, ivoirien et ghanéen, le 26 mars 2018, aura été le point de départ du processus conduit de bout en bout par le Conseil du café-cacao (Côte d'Ivoire) et le Ghana cocoa board (Cocobod), les deux organes de régulations de la filière cacao dans les deux pays frères.

Le membre du gouvernement a, par ailleurs, révélé que les négociations avec les partenaires, notamment les chocolatiers, dans le cadre de cette initiative, ont abouti à l’obtention d’un « Différentiel de revenu décent (Drd) » de 400 dollars la tonne de fèves de cacao, destinés exclusivement aux producteurs. Ce Drd a été entériné à Berlin en octobre 2019 et est rentré en vigueur en Côte d’Ivoire et au Ghana au cours de la campagne de commercialisation 2020.

Le ministre ghanéen de l'Agriculture et de l'Alimentation, Owusu Afriyie Akoto, a une fois de plus salué l'Iccig, dans la mesure où elle vient à juste titre pour combattre une injustice ; à savoir qu'alors que l'industrie du cacao voit ses revenus augmenter de façon ''fulgurante'', les producteurs eux font l'amer constat d'un revenu en forte régression. « Cette institution devra gouverner, surveiller tous les accords et veiller à leur mise en œuvre effective », a-t-il dit.

Dans le cadre du partenariat stratégique, la Côte d’Ivoire et le Ghana ont décidé, à travers cette initiative, de s’approprier la « Norme internationale ISO 34101-4 sur le cacao durable et traçable » afin d’apporter des solutions qui tiennent compte des intérêts de l’ensemble des acteurs face à la problématique de production de cacao durable. Ainsi, les travaux entre les deux pays ont permis d’aboutir à la publication récente, par l’Organisation africaine de normalisation (Arso), de la Norme africaine pour le cacao durable série ARS 1000. Cette Norme vise la production de cacao durable sur la base des trois piliers de la durabilité que sont : la dimension économique, la dimension sociale et la dimension environnementale. Elle sera le référentiel au niveau du secteur cacao en Côte d’Ivoire.

Notons que la réunion d'Abidjan a entériné la nomination de l'Ivoirien Alex Pierre-Arnaud Assanvo en tant que secrétaire exécutif de l'Iccig. Fonction qu'il occupera jusqu'en 2025. Le ministre ghanéen de l'Agriculture et de l'Alimentation en est le premier président (présidence tournante). Alors que Accra abrite le siège de cette organisation, la Côte d'Ivoire conservera le secrétariat exécutif.

 

Élysée LATH