Lutte contre le changement climatique : La Côte d'Ivoire en phase d'accéder à un financement innovant pour les projets verts

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lutte-contre-le-changement-climatique-la-cote-d-ivoire-en-phase-d-acceder-a-un-financement-innovant-pour-les-projets-verts Représentants du ministère de l'Environnement, du Firca et des experts, impliqués dans la lutte contre le changement climatique. (Ph: DR)
Economie

Le Projet de renforcement de la capacité et de l’appropriation de la Côte d’Ivoire à accéder au financement climatique pour la mise en œuvre du Programme Pays du Fonds vert pour le climat (FVC) a été lancé, jeudi 15 juillet 2021. La cérémonie a réuni à l’auditorium du Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles (Firca), à Abidjan-Cocody, des responsables du ministère de l’Environnement et du Développement durable, ainsi que le Partenaire de livraison (PL) de ce projet, à savoir le FIRCA.

Mis en œuvre conjointement par le ministère de l’Environnement et du Développement durable à travers le point focal du Fonds vert pour le climat (FVC) et le Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles (FIRCA), en tant que Partenaire de livraison (PL), le Projet de renforcement de la capacité et de l’appropriation de la Côte d’Ivoire à accéder au financement climatique pour la mise en œuvre du Programme Pays du Fonds vert pour le climat a été lancé au cours d'un atelier organisé le 15 juillet 2021. La durée prévisionnelle du projet est de 2 ans, à partir de son approbation par le FVC, au mois de mars 2021. L’atelier marque le lancement des activités de la ''Readiness'' dont l’objectif est de contribuer à renforcer les capacités des acteurs nationaux. Ce programme représente une opportunité pour les acteurs nationaux dans la recherche de ressources additionnelles pour le financement des projets verts.

Atsin Yao Léon, Directeur Exécutif (DE) du FIRCA, agence fiduciaire désignée en qualité de Partenaire de livraison (PL) du projet, a dit sa joie de conduire ce projet avec le ministère de l'Environnement et du Développement durable (MINEDD). Il a exprimé sa gratitude au MINEDD pour l’accompagnement dont le FIRCA a bénéficié dans le cadre du processus d’accréditation du FVC. Le Directeur Exécutif du FIRCA a invité les parties prenantes clés au projet à s’investir pour la réussite du programme de préparation ”Readiness”.

L'atelier de lancement a été également l'occasion d’expliquer aux parties prenantes du Projet de renforcement de la capacité et de l’appropriation de la Côte d’Ivoire à accéder au financement climatique pour la mise en œuvre du Programme Pays du Fonds vert pour le climat (FVC), l’architecture dudit projet pour une meilleure appropriation nationale, et de présenter les membres de l’Équipe projet de l’Autorité nationale désignée (AND) et du personnel du FIRCA impliqué dans l’exécution du projet.

Le point focal du projet, Kouadio Kumassi Philippe, a présenté le programme “Readiness”, ses objectifs et surtout les arrangements et la méthodologie de mise en œuvre. Le point focal ou AND a présenté l'équipe du projet composée d'un assistant technique en atténuation, un assistant technique en adaptation, un assistant financier et administratif et un spécialiste en technique de l'information et de la communication. L’équipe directe du projet est, quant à elle, composée de trois personnes : la comptable principale du projet, le spécialiste en passation des marchés sur le projet et le coordonnateur technique au niveau du FIRCA.

S'agissant des différentes composantes du projet, Kouadio Kumassi Philippe, a cité la mise en place du cadre institutionnel et réglementaire, l'implication des parties prenantes, les demandeurs d'accès direct et les entités accréditées, le renforcement de capacité de l'équipe projet, le renforcement de capacité des parties prenantes compétentes et autres acteurs du projet et l'élaboration des notes conceptuelles, les rapports, les outils et mécanismes de suivi.

Le Directeur de cabinet du MINEDD, Martin Kouadio, a affirmé que le Programme Pays est un document qui renferme un portefeuille d’investissements prioritaires, ainsi qu’un cadre stratégique d’engagement auprès du FVC. Il a rappelé que la Côte d’Ivoire s’est fixée pour ambition de réduire ses émissions de 28% à l’horizon 2030. Au nom du ministre Jean Luc Assi, le directeur de cabinet du MINEDD, Martin Kouadio a insisté sur l’ambition de la Côte d’Ivoire de relever le défi de la réduction des émissions. « Aussi, dans le respect de ses engagements vis à vis de l’accord de Paris, la Côte d’Ivoire entend-elle marquer sa volonté de s’engager dans une trajectoire de développement bas carbone et résilient aux changements climatiques, à travers la révision de ses Contributions Déterminées au niveau National (CDN) et par un rehaussement de son ambition qui est en cours de validation », a-t-il dit. Pour y arriver, il a confié que l’accent sera mis sur la gestion durable des forêts dans un contexte de préservation, réhabilitation et extension des forêts ivoiriennes avec pour objectif de 20% de couverture nationale forestière en 2030; une agriculture respectueuse de l’environnement et intelligente face au climat; la promotion de l’économie circulaire par la valorisation des déchets; et l’accroissement de l’utilisation des énergies renouvelables.

La Côte d’Ivoire, faut-il le rappeler, a adhéré à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) dès son ouverture à la signature, lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro (Brésil) en juin 1992 et l’a ratifiée en novembre 1994. Dans l’atteinte des objectifs de la CCNUCC, les pays développés se sont engagés à fournir des mesures financières « nouvelles et additionnelles, prévisibles et adéquates » aux pays en développement, en vue de soutenir leurs actions de développement sobres en carbone, par la mise en place de plusieurs provenant de certains protocoles et accords sur le climat.

Parmi les sources de financement innovantes, l'on dénombre le Fonds vert pour le climat (FVC ou GCF en anglais), créé en 2011. Il vise, d'une part à limiter ou réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les pays en développement et d'autre part à aider les communautés vulnérables à s'adapter aux impacts déjà ressentis des changements climatiques. Il vise également à aider les pays en développement à réaliser un changement de paradigme en faveur de voies à faibles émissions et résilientes au climat.

Sont éligibles au FVC, des projets et des programmes novateurs et transformateurs à faibles émissions (atténuation) et résilients au changement climatique (adaptation). De même que les projets transversaux offrant des co-bénéfices en termes d'atténuation et d'adaptation.

Irène BATH