Détournements de navires aux larges des côtes: une réelle menace plane sur l’économie ivoirienne


06/02/2013
Les navires, surtout les pétroliers, sont prisés par des pirates: Ph d’archives
Le lundi 8 octobre 2012, un armateur grec avait signalé le détournement, par des pirates, aux larges des côtes ivoiriennes, de son tanker, l’Orfeas, battant pavillon des Bahamas, chargé de 3000 tonnes de fioul.

Le mercredi 16 janvier 2013, le navire pétrolier Itri, battant pavillon panaméen, transportant 5000 tonnes de Jeta1 (pétrole lampant) à décharger au Port d’Abidjan et qui attendait d’accoster au poste pétrolier « Petroci soutes », a également disparu aux larges des mêmes côtes. Le dimanche 3 février 2013, le tanker français Gascogne, battant pavillon luxembourgeois, appartenant au groupe français Sea Tankers et affrété par une société sud-coréenne, a été détourné à 139 Km du Port d’Abidjan. Il avait chargé, le 31 janvier 2013, audit Port, 3000 tonnes de gasoil, en vue de procéder à un soutage (livraison d’une partie de sa cargaison à d’autres navires) en mer.

La première opération s’était bien déroulée, le 1er février 2013… Ces actes de piraterie, il faut le noter, constituent une réelle menace pour l’économie ivoirienne. En ce sens qu'à terme, les opérateurs économiques et les hommes d'affaires éviteront la destination Côte d'Ivoire. Un armateur qui constate que la destination ivoirienne par la mer est risquée, hésitera à affréter un bateau vers ce pays. Si des bateaux évitent la Côte d’Ivoire, les produits tels que les combustibles, les biens d’équipement, les denrées alimentaires et produits manufacturés importés du Nigéria, de la France, de la Chine, de la Belgique, ... vont se raréfier sur le marché. Ce qui aura pour conséquence, la hausse des prix sur le marché, surtout si les produits rentrent en Côte d'Ivoire par des moyens détournés. Les entreprises qui auront alors du mal à payer les impôts, réduiront leur masse salariale ou mettront la clé sous le paillasson, avec pour conséquence, le chômage.

Une situation qui créera un manque à gagner dans le trésor public. Dans la même veine, il sera difficile d’exporter le cacao, le café, le bois, le pétrole, l’huile, le coton, la banane, l’ananas, le poisson, etc. La Côte d’Ivoire qui est attendue avec ses produits de qualité sur le marché des Etats-Unis parce qu’éligible encore cette année à l’Agoa (African growth and opportunity) ne pourra pas répondre à ses attentes. L’Etat ne pourra pas alors prélever des Dus (Droits uniques de sortie) et d’autres taxes pour alimenter sa caisse. Au total, les caisses de l’Etat vont se vider et il sera impossible de payer les fonctionnaires et de poursuivre les vastes chantiers ouverts.

Il faut rappeler qu’en 2012, les exportations ivoiriennes ont été évaluées à près de 471 750 milliards Fcfa (environ 943,5 milliards dollars Us). Soulignons que jusque-là, la Côte d'Ivoire avait été préservée de la piraterie en mer. Fréquente au Nigeria, premier producteur de pétrole d'Afrique, elle a gagné les eaux du Bénin, où les attaques de navires avaient explosé en 2011.

Mas ces deux pays ont augmenté la fréquence de leurs patrouilles dans le Golfe de Guinée. Les pirates l’ayant constaté se déplacent vers la Côte d’Ivoire. Il s’impose donc de concevoir un plan d’urgence pour éviter que s’effondre l’économie ivoirienne, avec, ses 85% d’exportation, dans l’Uemoa (Union économique et monétaire ouest africaine).

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