Lutte contre la cherté de la vie : Un texte concernant l'importation du sucre adopté par les députés

Economie
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lutte-contre-la-cherte-de-la-vie-un-texte-concernant-l-importation-du-sucre-adopte-par-les-deputes Le ministre de l'Economie et des Finances, Moussa Sanogo était face aux députés de la Caef. (Ph:DR)

Le projet de loi portant ratification de l'ordonnance n° 2021-299 du 16 juin 2021 fixant les conditions d'importation du sucre destiné aux entreprises industrielles l'utilisant comme intrant a été adopté à l’unanimité des députés membres de la Commission des affaires économiques et financières (Caef) de l'Assemblée nationale, en sa session du jeudi 21 octobre 2021.

Ce texte de loi présenté par le ministre du Budget et du Portefeuille de l'État, Moussa Sanogo, vise à couvrir 50% des besoins des entreprises bénéficiaires, afin de garantir la compétitivité des produits manufacturés localement à base de sucre, par rapport aux produits similaires importés et de lutter contre la cherté de la vie.

Le ministre a profité de l’occasion pour informer les députés membres de la Caef que les 27 000 tonnes de sucre importées au profit des industries de deuxième transformation de sucre au titre de l'année 2020 ont coûté 2,1 milliards Fcfa à l’Etat ; les dernières importations de sucre étant estimées à 16 milliards Fcfa. Il a indiqué que dans le cadre de la mise en œuvre de cette mesure, il est prévu le remboursement de la taxe de péréquation perçue au cordon douanier sur le sucre importé au profit des entreprises industrielles l'utilisant comme intrant et que ces facilités profitent à des entreprises nationales, à savoir Sucaf-Ci et Sucrivoire. En contrepartie, souligne le ministre Moussa Sanogo, Sucaf-Ci a mis en œuvre un plan d’investissement de 243 milliards Fcfa sur les 5 années à venir, en vue d’atteindre une production de 130 000 tonnes à l’horizon 2022. Cet investissement, de l’avis du ministre, contribuera à réduire le coût de revient du sucre de 40 Fcfa le Kg et à créer 400 nouveaux emplois. Pour ce qui concerne Sucrivoire, c’est un investissement de 106 milliards Fcfa qui est prévu sur les cinq ans, pour porter sa production à 160 000 tonnes. Une baisse de 150 Fcfa du coût de production est également escomptée, ajoutée à la création de 2800 nouveaux emplois sur la même période. Le ministre du Budget et du Portefeuille de l’Etat a informé que l’ambition de la Côte d’Ivoire est d’accélérer la transformation des structures de son économie, pour renforcer le poids de l’industrie. « Nous avons des industries locales qui sont installées en matière de production de sucre. Cette loi est censée faciliter la réalisation de leurs activités mais aussi leur expansion. Il s’agit de faire en sorte que l’industrie sucrière en Côte d’Ivoire se développe, que nous ayons les capacités d’accroître les productions pour satisfaire les besoins nationaux et en même temps créer des emplois nouveaux dans des zones de production », a affirmé Moussa Sanogo, qui a rassuré que des dispositions plus pérennes sont prises pour assurer l’autosuffisance en sucre qui passent notamment à travers différents contrats plans qui ont été signés avec les industriels locaux du sucre. « Il s’agit de faire en sorte que nous ayons une industrie sucrière qui se consolide, qui s’étend et crée plus d’emplois pour nos compatriotes », a insisté Moussa Sanogo. Se prononçant sur des questions de fraude dans le secteur sucrier, le ministre a rassuré que la Douane met en œuvre un programme de modernisation et de renforcement des capacités de ses agents afin de réduire ce fléau. Il a cité notamment, le système de vidéosurveillance déployé sur une bonne partie du territoire national, ainsi que le programme de déploiement de scanners aux différentes frontières et toutes les techniques douanières d’analyse du risque, qui permettent de concentrer le contrôle sur des marchandises pour lesquelles la fraude est plus importante.

Irène BATH