La titrisation des créances présentée comme une alternative pour le financement des économies ouest africaines

Economie
Publié le Source : Linfodrome
la-titrisation-des-creances-presentee-comme-une-alternative-pour-le-financement-des-economies-ouest-africaines Massou Yasmine Boua, au milieu, Président directeur général de Joseph Titrisation SA. (Ph: DR)

Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire, a accueilli jeudi 2 décembre 2021, la première édition du forum Afrique finance alternative (Afa), autour du thème : « Titrisation des créances et financement de l’économie ».

Environ 500 personnes ont participé au forum Afrique finance alternative (Afa), une initiative de Massou Yasmine Boua, Président directeur général de Joseph Titrisation SA, à travers deux canaux, en présentiel et en ligne. Au cours de cette rencontre qui s’est tenue à Abidjan-Plateau, Massou Boua a expliqué que la titrisation est une technique financière qui permet à un établissement financier, banque ou microfinance ; à une entreprise commerciale publique de lever des financements sur le marché financier. Elle a indiqué que le forum dédié à la titrisation dans la zone Uemoa a pour ambition de promouvoir cette technique financière innovante, favoriser les échanges et accélérer la réalisation d’opérations d’envergure. « Si vous êtes une entreprise, une Petite et moyenne entreprise (Pme), une banque, un État qui a des créances de qualité où on peut faire du recouvrement, vous pouvez venir nous voir, on a des solutions pour vous accompagner. Dans nos opérations, on prend le temps de travailler avec le cédant. Notre objectif est de sélectionner des créances de qualité. On peut aussi faire une titrisation avec des créances qui ne sont pas de qualité. Mais ça coûte cher, parce que plus la qualité des créances est dégradée, plus on va devoir mettre des garanties qui vont coûter très chères au cédant », a mentionné de façon pratique Massou Boua.


Elle a souligné que sa structure travaille avec des experts pour s’assurer que les créances existent vraiment, qu’elles sont adossées sur une prestation qui est réelle et qu’elles génèrent des flux. « En fonction de tout cela, on structure une opération qui va permettre à l’entité cédante de lever des financements », a-t-elle dit. Elle a insisté sur le fait qu’aujourd’hui, une entreprise qui va sur le marché a deux choix. Soit elle fait une émission obligataire ou elle ouvre son capital. Mais avec la titrisation, fera-t-elle remarquer, l’entreprise peut se permettre d’aller sur le marché financier, lever du financement, non pas en fonction de sa qualité propre, mais en fonction des créances qu’elle a pu mobiliser.

Massou Boua a confié également que faire la titrisation de manière réglementaire peut être un outil de gestion de la dette intérieure.

En définitive, elle a mentionné que la titrisation permet de diversifier les sources de financement des entités qui sont à la recherche de financements alternatifs ou de permettre aux investisseurs d’injecter de l’argent dans l’économie réelle.

La réaction des autorités ivoiriennes

Le ministre-conseiller Adama Koné a salué l’initiative concernant la titrisation. Il a indiqué qu’il s’agit d’une bonne opportunité et d’une bonne alternative, non seulement pour les banques, mais également pour les entreprises. « Nous sommes venus pour dire que l’initiative est bonne et que nous la soutenons et l’encourageons, parce que ça donne une nouvelle alternative à notre économie », a-t-il mentionné. Adama Koné a cependant noté que ce mode de financement n’est pas encore bien développé en Côte d’Ivoire. « Voilà pourquoi le forum est organisé pour informer, sensibiliser et dire aux acteurs de l’économie qu’il y a un autre mode de financement, à part le financement classique à travers les banques », a informé le ministre.

Abondant dans le même sens que le ministre Adama Koné, le représentant du Directeur général du Trésor et de la comptabilité publique, ainsi que du ministre de l’Économie et des Finances, Charles Dagrou, a indiqué que bien qu’existante au niveau international depuis la fin des années 60, la technique financière de la titrisation des créances reste méconnue et peu utilisée au niveau du marché financier régional. « Depuis plusieurs années, la Côte d’Ivoire réalise des opérations de titrisation de créances sur ce marché. Toutefois, contrairement à la pratique en vigueur au niveau international, la technique utilisée par la Côte d’Ivoire consiste plutôt en la transformation de certaines dettes en titres de créances. Par ailleurs, à ce jour, la Côte d’Ivoire n’a pas encore réalisé d’opération financière en ayant recours à la technique de titrisation de créances comme utilisé au niveau international », a indiqué Charles Dagrou.

Le forum Afa sur la titrisation, faut-il le noter, sera l’occasion de vulgariser cette technique financière auprès de la Côte d’Ivoire, des entreprises publiques et privés. Il sera également question d’expliquer clairement les spécificités de la technique de titrisation des créances, de montrer les avantages et les contraintes liées à l’utilisation de cette technique et enfin réussir à convaincre l’ensemble des participants, quant à leur capacité à mobiliser des ressources auprès des investisseurs du marché à des conditions attrayantes.

Irène BATH