Échanges commerciaux: Les sanctions de la Cedeao durement ressenties au Mali et en Côte d’Ivoire

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echanges-commerciaux-les-sanctions-de-la-cedeao-durement-ressenties-au-mali-et-en-cote-d-ivoire Les importations du Mali représentent 15% des activités des ports autonomes d’Abidjan et de San Pedro. (Ph: DR)
Economie

En exécution aux sanctions infligées par la Cedeao au Mali, la Côte d’Ivoire a fermé ses frontières avec ce pays frère. Une situation qui a des conséquences graves sur les échanges commerciaux entre les deux pays.

Les premiers effets des sanctions infligées par la Cedeao au Mali concernant la fermeture des frontières de ce pays avec la Côte d’Ivoire ont des conséquences économiques graves.

Comptes bancaires gelés

Dans un entretien accordé à un confrère, jeudi 13 janvier 2022, le chef du service statistiques aux Entrepôts maliens en Côte d’Ivoire (Emaci), Cissé Amadou Abdou explique que leurs comptes logés à la BMS (Banque malienne de solidarité Côte d’Ivoire, Ndlr) et Ecobank ont été gelés au niveau des banques commerciales.

Il précise que c’est uniquement les denrées de premières nécessité et le matériel qui entre dans le cadre de la lutte contre la Covid-19 et l’électricité qui ne sont pas concernés par les sanctions de la Cedeao. En dehors de tout cela, déplore-t-il, il n’y a plus de trafic de marchandises entre la Côte d’Ivoire et la République du Mali.

«500 À 600 camions chargés de produits périssables bloqués»

À titre d’exemple, il confie que des centaines de camions sont bloqués au niveau des frontières à Zégoua (Mali) et Pôgô et Tengréla (Côte d’Ivoire). «Ce sont environ 500 à 600 camions qui sont bloqués alors qu’ils sont chargés pour certains, de produits périssables», déplore-t-il.

Cissé Amadou Abdou affirme que pour les Emaci, les préjudices sont considérables «parce que nos ressources proviennent surtout de la redevance que les opérateurs économiques maliens paient au titre des importations. A titre d’exemple, c’est 500 Fcfa par tonne. Quand il n’y a pas de trafic ou quand le trafic est réduit au strict minimum, cela devient très compliqué. Par exemple, là où on faisait 10 millions Fcfa de recettes par semaine, cette semaine, les recettes sont estimées à moins d’un million Fcfa. Cela veut dire que les sanctions commencent à produire des effets sur nos recettes et sur les corridors ivoiriens», déplore-t-il.

Inflation

Il note également que cette situation aura forcement des répercutions, notamment une inflation sur le prix des denrées sur les marchés. Si les importateurs maliens sont obligés d’emprunter des chemins qui ne sont pas officiels pour acheminer la marchandise en provenance de la Côte d’Ivoire, certainement qu’ils répercuteront ces coûts additionnels sur le prix de la marchandise sur les marchés.


Les entrepôts maliens en Côte d’Ivoire, faut-il le noter, sont un service extérieur du ministère des Transports et des Infrastructures du Mali, une structure publique sous tutelle du ministère des Transports de la République du Mali. Leurs activités consistent en la facilitation et l’aide apportée aux opérateurs économiques maliens qui font l’importation de marchandises à travers les ports ivoiriens (Abidjan et San Pedro).

Les importations du Mali représentent 15% des activités des ports autonomes d’Abidjan et de San Pedro.

I.B.