Ressources animales en Côte d'ivoire

Un syndicat dénonce plus de 800 tonnes de viande de bœuf et de porc non inspectées sur les marchés ivoiriens

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un-syndicat-denonce-plus-de-800-tonnes-de-viande-de-boeuf-et-de-porc-non-inspectees-sur-les-marches-ivoiriens Le Cofamirah a proposé une synergie d’actions pour mieux lutter contre les abattages clandestins.
Economie

Un syndicat a dénoncé plus de 800 tonnes de viande de bœuf et de porc non inspectées sur les marchés ivoiriens.

Blaise Djehi Ta bi, président du Collectif des fonctionnaires et agents du ministère des Ressources Animales et Halieutiques (Cofamirah), a fait des révélations. Il a indiqué qu’il y a « plus de 800 tonnes de viande de bœuf et de porc non inspectées sur les marchés », dans le secteur ressources animales en Côte d'ivoire. C’était au cours d'un récent point-presse tenu en janvier 2022, à Abidjan-Cocody.

Rapport accablant

Le président du Cofamirah a évoqué les conclusions du rapport d’un projet sur l'identification, la sensibilisation et la formalisation des abattoirs et espaces d'abattages clandestins dans le district d'Abidjan. L’information a été donnée dans un document dont Linfodrome a reçu copie, ce mercredi 26 janvier 2022.

Blaise Djehi Ta bi a livré des détails qui interpellent. « Aussi, avons-nous dénombré 25 sites d'aires d'abattages clandestins dans le district d'Abidjan. Une situation qui peut s'expliquer par le fait que l'abattoir ultra moderne qui pourrait résoudre ce problème n'est toujours pas inauguré et a une sous-capacité d'abattage », a-t-il fait savoir.

« Plus de 500 bœufs qui sont abattus chaque jour alors que la capacité d'abattage jusqu'ici est de 302 bœufs à l'abattoir »

Le président du Cofamirah s’est insurgé contre une situation délicate. « C’est plus de 500 bœufs qui sont abattus chaque jour alors que la capacité d'abattage jusqu'ici est de 302 bœufs à l'abattoir. C'est pourquoi le Cofamirah invite l'État à construire des abattoirs de proximité », a plaidé Blaise Djehi Ta bi.

 

Pour lui, vu le nombre d'acteurs qui exercent dans l'abattage clandestin, « estimés à plus de 800 personnes », l’État devrait prendre « un décret en vue de la reconnaissance de ces aires d'abattages ».

Plaidoyer pour une prime d'incitation 

Le Cofamirah a lancé un appel au gouvernement Patrick Achi et à son ministre de tutelle, Sidi Touré. Son président a confié que les agents du ministère des Ressources Animales et Halieutiques veulent travailler « dans de meilleures conditions ».

 

Blaise Djehi Ta bi a ajouté qu’ils restent remplis de volonté pour mener des inspections en vue de réduire les risques auxquels s'exposent les populations ivoiriennes.

« C'est vrai que nous voulons que ces aires d'abattages clandestins soient contrôlées et inspectées mais à quelles conditions ? Puisque les abattages ne se font pas à midi mais au cours de la nuit. C'est pourquoi nous appelons le ministre à doter les agents d'une prime d'incitation », a souhaité le président du Cofamirah.

Reconnaissance à l'Union Européenne

Il a par ailleurs exprimé sa reconnaissance à l'Union européenne (Ue) pour son appui au projet Liane 2. Blaise Djehi Ta bi a également demandé le soutien de l'institution financière européenne pour poursuivre ledit projet.

Le président du Cofamirah a confié qu’il est préoccupé par la question des abattages clandestins en Côte d’Ivoire. Il a aussi proposé àleur tutelle, au district d'Abidjan ainsi qu’aux collectivités territoriales, une synergie d’actions pour mieux lutter contre les abattages clandestins.

Eddy BIBI

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