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Grève des commerciaux mobile money : Et si tout le monde avait été induit en erreur?

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greve-des-commerciaux-mobile-money-et-si-tout-le-monde-avait-ete-induit-en-erreur Le secteur du mobile money en Côte d'Ivoire connait quelques perturbations ces derniers jours.
Economie

Société de téléphonie mobile, commerciaux, l’État et consommateurs: Et si tout le monde avait été induit en erreur? Analyse.

Les derniers développement de l’actualité du mobile money en Côte d’Ivoire nous ont poussé a faire une analyse à froid de la situation pour en arriver à cette interrogation: Et si tout le monde avait été induit en erreur? Vu que cette grève des commerciaux du mobile money tire sa justification par amenuisement de leurs commissions sur les transactions.

La start-up américaine

Et, les professionnels du secteur situent cette «galère» des commerciaux un an seulement après l’entrée en scène, en Côte d’Ivoire de la start-up américaine spécialisée dans les transactions à bas coûts: Wave. A grand renfort de publicité commerciale, cette start-up s’est lancée dans la concurrence avec les opérateurs mobiles en Côte d’Ivoire, en avril 2021.  

Cette entreprise applique des frais fixes de transaction à hauteur de 1 % entre particuliers et épargne à ses utilisateurs des frais supplémentaires sur les paiements de factures en les reportant sur les entreprises – au contraire de ses concurrents qui font payer cette charge à leurs clients.

Une stratégie de pénétration du marché qui éblouit les consommateurs

Une stratégie de pénétration du marché qui éblouit les consommateurs. Très tôt, ‘’ le petit poucet’’ bouscule les grands et ambitionne de travailler avec 15 mille points de vente contre les 185 mille créés par les autres opérateurs.

L'approche s’avère payante: Les usagers se sentent ‘’soulagés’’ et portent du coup, un regard inquisiteur sur les autres opérateurs mobile, qui, pensent-ils, pendant longtemps, leur ont imposé des frais abusifs.

Le vent en pompe, la start-up va organiser, le 25 mai 2021 un panel à Abidjan autour du rôle des fintechs dans l’inclusion financière.

mais, plus d’un an après, la situation semble ne plus être rose pour cette start-up qui a fait rêver de nombreux clients, auxquels il faut surtout ajouter des jeunes en quête de petits contrats journaliers ou mensuels: les commerciaux.

La désillusion est grande. Les piliers de ce business modèle paraissent s’effriter. C’est le sentiment qu’éprouvent des partenaires de la start-up. Ceux que nous avons approchés ruminent une sourde colère.

Ils ont expliqué que la start-up leur avait fait miroiter, à ses débuts, de bonnes propositions de commission. «Non seulement, ils avaient beaucoup de clients, mais leur commission était nettement mieux.

Mais depuis un certain moment, nous avons constaté une baisse drastique des commissions, pire même que ceux qui étaient avant. Imaginez-moi par exemple avant, je gagnais 9.000 francs Cfa voire 10.000 FCFA sur des transactions d’environ 4.000.000 (4 millions). Mais aujourd’hui, je tourne autour de 3.700 voir 4000 FCFA. Ce n’est vraiment pas normal. Ils nous ont blaguer-tuer», a confié un commercial à Koumassi, qui a requis l’anonymat.

Pourtant, face à cette polémique autour de sa nouvelle structure de commission, Wave s’est voulue rassurante. «Nous nous soucions de nos agents et de tous nos partenaires. Récemment, les commissions ont été mises à jour sur tout le marché», souligne la start-up dans  un communiqué publié le 10 juin 2022.

Avant d’ajouter dans un autre communiqué publié le 13 juin 2022: «Des informations persistantes font état du départ de Wave de la Côte d'Ivoire. Wave dément catégoriquement cette fausse information, dénuée de tout fondement et condamne avec force cette manipulation de l'opinion qui vise à porter atteinte à son image sur le marché ivoirien. 

Pour rappel, Wave est un distributeur de monnaie électronique autorisé et est résolument engagé à rester en Côte d’Ivoire sur le long terme.
Par ailleurs, Wave déplore les “frais de prestation de services” de 100F imposés dans certains points de vente et tient à rassurer et rappeler à sa clientèle que les dépôts et retraits sont gratuits».

Or, pour faire face à cette farouche concurrence, les autres opérateurs avaient été contraints de s’aligner sur la tarification «imposée» par la loi du marché. «A la vérité, les risques que peuvent prendre des start-up ne sont pas ceux des grandes entreprises qui ont de grandes responsabilités, qui sont sensibles aux questions environnementales et qui ont un fort impact sociétal.

Ces grandes entreprises embauchent des milliers de salariés et sont implantées pour le long terme.Elles n’ont pas la même approche qu’une start-up qui peut du jour au lendemain plier bagage sans crier gare», a expliqué un expert des questions économiques.

 Le bouleversement numérique

Les opérateurs de téléphonie mobile ont, certes perdue des parts de marché, mais grâce au développement d’offre de service, MTN Côte d’Ivoire par exemple, vise à créer une place de marché numérique qui soutient les économies sans numéraire et numérique.

« En faisant ainsi, nous devenons la plus grande plateforme Fintech en Afrique et nous contribuons à accélérer le développement économique et social par le bouleversement numérique de notre pays », soutient la direction de cette société.

Momo enregistre un peu plus de 6 millions d'abonnés actifs chaque mois et plus de 2 millions à 3 millions d'abonnés font régulièrement des épargnes sur leur compte.

Aujourd’hui, avec la crise que connaît le secteur, cet opérateur continue d’avoir ses équipes sur terrain pour éduquer les populations à l’inclusion financière d’où le business responsable (exemple). Selon la direction, ils proposent un commissionnement clair et simple ou ils partagent plus de 70 % des frais avec la chaîne.

Dans le cas de la Côte d’Ivoire, nous pratiquons le zonage via quatorze distributeurs exclusifs avec lesquels nous travaillons depuis près de quinze ans.

Pour sa part, Orange Côte d’Ivoire ne se laisse pas compter. « Chaque pays à son propre modèle de distribution. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, nous pratiquons le zonage via quatorze distributeurs exclusifs avec lesquels nous travaillons depuis près de quinze ans.

Les contrats ont été renouvelés en octobre 2020», a confié Mamadou Bamba, directeur général de cette société au confrère de Jeune Afrique, dans sa publication du 10 juin 2021.

En somme, l’offre proposée par Wave paraissait alléchant pour le consommateur et les commerciaux. Mais, au vu des dernières actualités, on est en droit de se poser des questions.