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Lutte contre le commerce illicite : L’engagement ferme de la Côte d’Ivoire

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lutte-contre-le-commerce-illicite-l-engagement-ferme-de-la-cote-d-ivoire Le gouvernement ivoirien attache un prix à la promotion de la bonne gouvernanace.
Economie

Le pays du président Alassane Ouattara a véritablement pris à bras-le-corps la question de la lutte contre le commerce illicite. D’autant plus que les effets pervers de ce fléau ne sont plus à démontrer.

Les 15 nations-membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) enregistrent des pertes annuelles de 700 milliards FCFA du fait des produits de contrefaçon. Il est également démontré que la Côte d’Ivoire, si elle réussit à enrayer le commerce illicite, pourrait augmenter ses recettes fiscalo-douanières de 20 % à 30 %. Sans oublier que les produits issus de la contrebande ont un impact négatif sur la santé des consommateurs.

Un système de suivi, de traçabilité et de vérification

Fort de ce constat, les autorités ivoiriennes ont adopté en janvier 2022 un décret instituant un système de suivi, de traçabilité et de vérification fiscale sur les produits du tabac.

Déjà, plusieurs multinationales spécialisées dans le domaine ont été consultées. Deux critères principaux sont pris en compte : les montants des offres et le respect des normes exigées par l’OMS.

L’Union européenne qui a déjà une expérience en la matière, a obtenu des résultats spectaculaires en utilisant la solution Dentsu Tracking, y compris en Grande Bretagne.

Cette ambition qui peut paraître légitime de prime abord, reste cependant entachée de la réputation  du Groupe helvétique, confronté dans plusieurs pays à des scandales de corruption qui font les choux gras de la presse, comme au Brésil ou au Kenya.

C’est dans ce contexte que la Société industrielle et commerciale de produits alimentaires (SICPA), qui s’est spécialisée, depuis 2000, dans la sécurité des produits soumis aux droits d’accises, affiche ses ambitions pour le marché ivoirien, confronté au phénomène du commerce illicite transfrontalier.

Cette ambition qui peut paraître légitime de prime abord, reste cependant entachée de la réputation  du Groupe helvétique, confronté dans plusieurs pays à des scandales de corruption qui font les choux gras de la presse, comme au Brésil ou au Kenya. Enfin et surtout l’offre de SICPA, basée sur une ancienne solution papier ne permet pas techniquement de répondre à toutes les exigences de l’OMS.

Pour rester logique avec elle-même, la Côte d’Ivoire, peut-elle s’attacher les services de ce groupe à l’histoire récente très sulfureuse ? Elle qui a fait de la transparence et de la lutte contre la corruption son credo.

On a encore en souvenir la mise en place de la Haute autorité pour la Bonne gouvernance (HABG). Et plus, récemment, le lancement de la plateforme SPACIA, destinée à faciliter le signalement des actes de corruption en Côte d’Ivoire.

L’Etat ivoirien gagnerait à être ferme dans le processus de sélection du prestataire qu’il recherche dans le cadre de la mise en place du système de suivi et de traçabilité.

Outre des aspects techniques et financiers, la santé des consommateurs, la viabilité des solutions de traçabilité et de suivi en vigueur en Europe ainsi que les enjeux économiques et commerciaux sont autant de critères qui doivent guider l’Etat de Côte d’Ivoire, dans le choix du prestataire.