Côte d’Ivoire / Reforme du permis de conduire : Des dirigeants d’auto-écoles posent des exigences

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cote-d-ivoire-reforme-du-permis-de-conduire-des-dirigeants-d-auto-ecoles-posent-des-exigences Les dirigeants des auto-écoles de Côte d'Ivoire attendent beaucoup de l'État, dans le cadre de la réforme du permis de conduire. (Ph: DR)
Economie

Les dirigeants d’auto-écoles ne veulent pas être en marge de la réforme initiée dans leur secteur. Ils l’ont fait savoir, vendredi 30 septembre 2022, au cours d’une rencontre à Abidjan-Plateau.

Dans le cadre de la réforme du permis de conduire en Côte d’Ivoire, le Gouvernement a décidé d’opter pour le permis à points. Une mesure qui rencontre l’adhésion des acteurs du secteur des auto-écoles, mais à certaines conditions.

Le cri du cœur des transporteurs

Lors d’une réunion organisée, vendredi 30 septembre 2022, à la Bibliothèque nationale, à Abidjan-Plateau, le président des patrons d’auto-écoles, Koko Guillaume a dit que leur cri du cœur, c’est que la réforme du permis de conduire se fasse avec eux.

« L’objectif de cette rencontre est de lancer un appel à notre autorité pour dire qu’aujourd’hui toutes les auto-écoles de Côte d’Ivoire disent qu’elles veulent la réforme, mais la réforme avec elles », a plaidé Koko Guillaume, faisant remarquer que dès qu’il y a un accident, ce sont les auto-écoles qui sont indexées. « Dès qu’on dit qu’il y a un accident, on se tourne vers les auto-écoles, mais on ne cherche pas à savoir vraiment d’où vient le mal. L’arrêté pris par les autorités va permettre d’assainir et de réorganiser les auto-écoles et donner ainsi un modèle économique pour que les auto-écoles puissent fonctionner normalement. C’est pour cette raison que nous avons décidé de nous réunir en Assemblée générale ordinaire », a mentionné le président Koko Guillaume. 

Afin d’arriver à une bonne exécution de l’arrêté, il a proposé que des formules claires soient établies. « On nous avait parlé de la séparation des permis A, B, C… mais ça voudrait dire qu’il faut qu’il y ait des programmes adaptés. Et pour pratiquer ces programmes adaptés, il faut qu’il y ait des équipements », a indiqué le président. 

"Les dirigeants d’auto-écoles ont décidé de se tourner vers le Fonds de développement du transport routier (Fdtr) pour obtenir des équipements"

Les dirigeants d’auto-écoles ont décidé de se tourner vers le Fonds de développement du transport routier (Fdtr) pour obtenir des équipements. « Il faudrait que des mesures soient prises afin que les auto-écoles soient à mesure de s’équiper et de faire la vraie formation », a-t-il dit.

Les États généraux des auto-écoles

Outre le programme national de formation, Koko Guillaume s’est attaqué également au coût du permis de conduire qu’il juge aujourd’hui de forfaitaire. « Le prix du permis de conduire est devenu un outil de campagne électorale. On trouve des permis de conduire à 35 000 Fcfa ; des permis à des prix promotionnels. Nous avons dénoncé tous ces actes. On est passé à tous les niveaux pour dire qu’on ne peut pas faire un permis de conduire à 35 000 Fcfa et que cela va nous tomber là-dessus dans 10 ans. Aujourd’hui, on subit les conséquences », déplore Koko.

Il a demandé à leur tutelle qui est le ministère des Transports de faire les États généraux du secteur des auto-écoles, une rencontre qui devrait permettre de prendre des mesures. «Comme cela a été fait pour les transporteurs, il faut que l’Etat nous accompagne», a-t-il plaidé.

"Les dirigeants d'auto-écoles réclament les États généraux de leur secteur d'activité, une rencontre qui devrait permettre de prendre des mesures"

En guise d’accompagnement, les dirigeants d’auto-écoles réclament un plan national de formation, ainsi que la mise à disposition d’équipements tels que des ordinateurs.  

Koko Guillaume s’est prononcé également sur la question de la Couverture maladie universelle (CMU), faisant remarquer qu’il s’agit d’une histoire qui vient compliquer encore la tâche aux auto-écoles. Il a demandé de passer par une phase pilote, faire l’analyse des résultats de cette phase, avant sa généralisation.