Après les épreuves écrites du Bepc /Des langues se délient, des surveillants rackettent et trompent des candidats

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apres-les-epreuves-ecrites-du-bepc-des-langues-se-delient-des-surveillants-rackettent-et-trompent-des-candidats Des candidats doivent tourner le dos à la fraude et à la tricherie.
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Des langues se délient, concernant les épreuves orales et écrites du Brevet d'études du premier cycle (Bepc), qui se sont déroulées, respectivement, du mardi 11 au vendredi 14 juin 2019, et du lundi 17 au vendredi 21 juin 2019.

Les rackets des surveillants ont été mis en évidence. '' A l'oral, quand je suis arrivé, l'interrogateur m'a dit de rentrer dans le système. Je lui ai demandé ce que cela voulait dire. Il a parlé d'argent. Je lui ai fait savoir que je n'avais rien. Il m'a posé deux questions et m'a libéré. Je pense avoir donné de bonnes réponses puisque les questions avaient trait au texte que j'ai tiré au sort. J'attends de voir maintenant ma note'', nous a confié un candidat, à Port-Bouët, qui a ajouté que ses camarades avaient payé au moins 500 francs pour se sortir d'affaires. '' Lors des épreuves écrites, un surveillant nous a demandé, pendant l'épreuve de Physique, de nous cotiser pour qu'il nous aide. Chacun de nous a donné quelque chose. Il nous a fourni quelques réponses. A la sortie, on s'est rendu compte que tout ce qu'il nous a dit était faux. Il était professeur d'Anglais'', nous a appris notre interlocuteur. Même cas de figure dans un centre à Yopougon, à en croire des candidats. '' Lors de l'épreuve orale d'Anglais, l'interrogateur m'a demandé de l'argent. Je lui ai fait savoir que moi, j'ai été bien encadré pendant l'année scolaire, et que je pouvais bien m'en sortir. Effectivement, il a vu que je faisais le poids pour le texte que j'ai choisi. Après deux questions, il m'a laissé partir. Lors des épreuves écrites, un surveillant nous a demandé de nous cotiser pour qu'il nous aide. Moi, j'ai refusé d’entrer dans ce jeu parce que j'étais sûr de moi. A la sortie, j'ai demandé ce que l'enseignant a montré à mes camarades. Quand il m'a fait savoir le résultat, je leur ai dit que c'est faux parce que nous avons fait le même exercice en classe. Je suis allé avec lui à la maison pour lui présenter l'exercice. Ses amis et lui se sont attrapés la tête parce qu'ils sont passés à côté. Ils ont crié leur argent. Mais c'était trop tard. Ils ont été trompés. Quand nous nous sommes renseignés, il s'est trouvé que le surveillant est un professeur d'Eps (ndlr, Epreuve physique et sportive)'', a relevé le candidat dont le père, lui-même, est allé dans le centre pour savoir si l'enseignant en question existe et s'il est vraiment un professeur d'Eps. Les résultats de ses recherches ont confirmé ce que lui a dit son fils. Il faut souligner que le racket existe effectivement, même s'il y a des enseignants (la majorité) qui font honnêtement leur travail, comme nous l'ont noté des candidats qui n'ont pas été inquiétés par la corruption.

En effet, à Bonon, par exemple, un enseignant de français et un autre d'Eps ont été surpris, en train de partager l'argent soutiré à des candidats. '' Ils ont reconnu les faits et ont consigné leurs aveux dans leurs dépositions'', avait informé les journalistes, lors d'un point-presse, l'Inspecteur général, coordonnateur général de l'inspection générale du ministère de l'Education nationale, de l'enseignement technique et de la formation professionnelle, Ibrahima Kourouma.''Nous ne voulons aucunement qu'un de nos élèves soit refusé dans n'importe quelle université à travers le monde, pour doute sur la crédibilité de son diplôme. C'est la raison pour laquelle nous lançons un appel à tous les candidats, de bannir la fraude et la tricherie parce que cela se fait à leur détriment'', a lancé la ministre de l'Education nationale, de l'enseignement technique et de la formation professionnelle, Kandia Camara, au terme de sa visite, dans des centres du Cepe, lundi.

Dominique FADEGNON