Suspension des salaires des enseignants grévistes/ Gnagna Zadi : « C’est une dérive autoritaire du gouvernement »


05/02/2020
Suspension des salaires des enseignants grévistes/ Gnagna Zadi : « C’est une dérive autoritaire du gouvernement »
Théodore Gnagna Zadi et la Plateforme nationale apportent leur soutien à la Cosef-Ci et aux enseignants frappés par les sanctions (Ph : DR)

Les mesures prises par le gouvernement suite à la grève observée par la Coalition des syndicats du secteur éducation-formation (Cosef-Ci) du mardi 28 au jeudi 30 janvier 2020, continuent de susciter des réactions. Le gouvernement a en effet pris des sanctions allant de la cessation de paiement de salaires à la radiation des grévistes.

 

Dans une déclaration, hier lundi 03 février, la Plateforme nationale des organisations professionnelles du secteur public et son président Théodore Gnagna Zadi, ont dénoncé ‘’avec force les violations récurrentes des libertés syndicales dans notre pays et les sanctions disproportionnées et illégales prise à l’encontre des 259 responsables syndicaux’’. « Suspendre des fonctionnaires ou les radier pour trois jours de grève est une dérive autoritaire du gouvernement qui met en péril le syndicalisme dans notre pays. En effet derrière ces sanctions graves initiées par le gouvernement depuis l’année dernière se cache en réalité une volonté manifeste de faire taire les syndicalistes », lit-on dans la déclaration dont copie est parvenue à L’inter.
Pour cette faîtière, ces mesures sont non seulement disproportionnées, mais elles sont illégales. Gnagna Zadi, qui a signé la déclaration, explique que les sanctions qui frappent ses camarades de la Cosef-Ci ont été prises par un comité créé par la Fonction publique pour les besoins de la cause. Il n’existe pas dans le Statut général actuel de la Fonction publique encore moins dans la loi numéro 92 – 571 du 11 septembre 1992 relative aux modalités de grève dans les services publiques. Il est dénommé comité de gestion des réductions proportionnelles des traitements ou salaires pour service non fait pour cause de grève dans les services publics.

« Il est bon de rappeler que la Côte d’Ivoire, notre pays a ratifié les huit (08) conventions fondamentales et principalement les conventions 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical ainsi que la convention 98 sur la négociation et le droit d’organisation. Mieux la constitution de novembre 2016 en son article 17 reconnaît le droit de grève comme un droit fondamental d’expression du travailleur. Le Statut général actuel et le code du travail de septembre 2015 sont très clairs sur le droit de grève dans notre pays. Ces textes ainsi visés et particulièrement la loi 92 -571 relative aux modalités de grève dans l’Administration publique précisent les sanctions pécuniaires encourues par les grévistes », a énuméré le leader syndical. Le président de la Plateforme nationale soutient que l’article 8 de ladite loi stipule que « l’absence de service fait, par suite d’une cessation concertée du travail (grève) entraîne une réduction proportionnelle du traitement (salaire) et de ses compléments autres que les prestations familiales ».

Or, les mesures prises par le comité de gestion suspendent les salaires, menacent les enseignants de radiation. « Ces sanctions, si elles venaient à être appliquées dans leur ensemble, constitueraient un acte attentatoire à la liberté syndicale et à la démocratie », condamne Gnagna Zadi, avant d’inviter le gouvernement à privilégier la négociation et à renoncer à ces sanctions pour la paix sociale. Enfin, la Plateforme nationale appelle l’ensemble des travailleurs et toutes les organisations syndicales éprises de justice et de liberté à une grande concertation pour faire face à la mort programmée des libertés syndicales en Côte d’Ivoire.

Franck SOUHONE

 

 

Franck Souhoné

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  • SOURCE: L'inter

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