Congés anticipés : Un prêtre catholique charge: «À quoi ont servi les États généraux de l'enseignement ?»

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conges-anticipes-un-pretre-catholique-charge-a-quoi-ont-servi-les-etats-generaux-de-l-enseignement La police est chargée de contenir les élèves qui manifestent pour les congés anticipés afin d'éviter tout débordement. (Ph: DR)
Education

Père Donald Zagoré, prêtre de la Société des missions africaines (SMA), dans cette contribution s’insurge contre le désir des élèves d’anticiper leurs congés et s’attaque au système éducatif ivoirien.  

En Côte d'Ivoire, comme depuis un certain nombre d'années, à une semaine de grands congés comme Noël et Pâques, les élèves s'adonnent à des actes de violences qui conduisent parfois à des morts. Les dégâts matériels sont extrêmement importants. La raison d'une telle attitude est le désir d'anticiper les congés. Cette année encore pour les congés de Noël, ils ont été fidèles à la tradition.


Le culte diabolique des congés anticipés

Le constat qui se fait est que cette grave crise des congés anticipés remet fortement en cause les assises des États généraux de l'enseignement en Côte d'Ivoire, ténues il y a quelques mois. Pour ce fait, cette question a toute sa raison d'être:  À quoi ont servi ces États généraux, si les problèmes majeurs tels que le culte diabolique des congés anticipés n'a pu trouver une réponse adéquate ? Dans le fond, ces États généraux avaient pour mission de penser la situation actuelle de l'école ivoirienne dans ses dynamiques les plus désenchantées. L'impuissance des autorités à trouver des solutions idoines à ce phénomène est inquiétante. On ne restera pas éternellement impuissant devant cette gangrène qui pourrit l'école.

 

La putréfaction de l'école ivoirienne

La putréfaction de l'école ivoirienne n'est-elle pas l'expression d'une autre putréfaction plus grande qui est celle de la société ivoirienne dans son ensemble ? Nos jeunes n'aiment plus l'école. Ils ne veulent plus aller à l'école et les raisons de ce désenchantement sont légions. Ils sont fils et filles d'une société ivoirienne qui s'enlise de plus en plus dans la culture de la médiocrité et de la facilité.


La société ivoirienne leur vend chaque jour un idéal de vie et de personne qui sont l'antithèse frontale d'une réussite bâtie sur le travail, la discipline, la transparence et l'excellence. En vérité, cette jeunesse ivoirienne devient ce qu'elle consomme. Elle consomme du mauvais, alors elle devient mauvaise. La lutte pour sauver l'école ivoirienne ne peut en aucun cas être isolée de la lutte pour le renouveau de la société ivoirienne, puisque le socle de l'école reste la société. Commençons par guérir la société ivoirienne de ses maux et nous sauverons non seulement l'école ivoirienne, mais surtout l'élève ivoirien.

P. Donald Zagore SMA