Aboisso : Son ami le traite de cocu et il le défigure à la machette

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aboisso-son-ami-le-traite-de-cocu-et-il-le-defigure-a-la-machette (Photo d'archives pour illustrer l'article)
Faits divers

G.G. et G.S. étaient à la barre du tribunal d’Aboisso, en son audience du jeudi 11 juin 2015. Deux individus qui sont dans la même tranche d’âge, qui sont voisins dans le village d'Akakro, qui sont des travailleurs saisonniers, qui ont la même corpulence physique, la même situation matrimoniale, le même vice de fumeur...

Bref, deux amis unis par le destin, mais qui vont se déchirer gravement pour une histoire partie d'une banale affaire de partage d’une cigarette. Que recouvre cette histoire pleine d’hilarité et d’amertume ? Lorsque les deux protagonistes finissent de s’expliquer à la barre, les réquisitions du ministère public nous édifient davantage sur la sauvage agression dont s'est rendu auteur G.G. qui a véritablement défiguré son ami G.S à l'aide d'une arme blanche.

De fait, le jour de leur paie de travailleurs contractuels, G.S. s’achète deux cigarettes. Il en fume une en attendant son tour de passer à la caisse. La deuxième cigarette, G.G. son ami la veut. Mais contrairement à sa volonté, ce dernier ne l’aura pas en entier. Parce G.S. la coupe avant de lui donner la moitié. Mal lui en prit. Car, contre toute attente, G.G. entre dans une colère noire. Il crie à la foutaise et traite G.S. de méchant. Et il va loin. « G.S., c’est à cause de ta méchanceté que ta femme t’a quitté pour aller vivre avec notre voisin, » lance-t-il au visage de son ami.

Touché dans son amour propre, G.S. Réplique : « Et toi dont la femme a plié bagage pour aller… ». On fait économie du reste des propos. Mais ils sont blessants pour G.G. qui replonge du coup, dans les moments difficiles de sa séparation d’avec sa concubine. La suite des événements est dramatique. D’autant plus que tout furieux, G.G. avec violence, balance une machette en direction de G.S qui est grièvement blessé au doigt et qui a le front effroyablement ouvert. Il s'écroule, en sang.

Là encore, G.G. qui lui en veut terriblement, le rejoint avant de lui porter un autre coup. De bonnes volontés interviennent fort heureusement, pour éviter un meurtre certain. L’agresseur fou est maîtrisé et conduit à la brigade de gendarmerie d’Ehania. La victime, elle, est évacuée dans un centre de santé.

A la barre, les magistrats, dans leurs conclusions, soutiennent qu'il y a nécessité que les frais médicaux de G.S. soient entièrement pris en charge par son bourreau. En définitive, G.G. est condamné à 14 jours de prison ferme et 100.000 F Cfa d'amende. A sa sortie du bagne, il devra payer la somme de 400 000 F Cfa à titre de dommages et intérêts à G.S.

J. Bédel (Correspondant régional)

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