Grand-Lahou: Le mari assassine sa femme et se tue avec l'arme du crime

Faits divers
Publié le Source : Soir info
grand-lahou-le-mari-assassine-sa-femme-et-se-tue-avec-l-arme-du-crime (Photo d'archives pour illustrer l'article)

Qu'est ce qui a pu bien pousser Mouzou Enoukou Emmanuel dit « Ressort », à exécuter sa femme et, ensuite, à retourner l'arme du crime contre lui-même ?

Cette question, les habitants de Katiénou, bourgade située à seulement 2 Km de Tioko, dans la sous-préfecture de Grand-Lahou, se la posent sans cesse. En tout cas, les deux meurtres qui se sont produits les samedi 1er et dimanche 2 octobre 2016, sont encore vivaces dans leurs esprits.

Konan Kanga Félix, chef de ce village, n'en revient toujours pas. Il nous le signifie, le regard dans le vide, lorsque nous le rencontrons à son domicile, le mardi 4 octobre 2016, aux alentours de 13h.

Selon ce septuagénaire, c'est une querelle banale entre couple, qui vire à cette tragédie. Il ressort, en effet, que le vendredi 30 septembre 2016, alors que Enoukou Emmanuel, la quarantaine, regagne son domicile après une virée, il trouve ses deux femmes, Kouadio Adjoa Clarisse et N'Guessan Aya Jacqueline, en train de se disputer. L'homme, complètement éméché, vient tout de même aux nouvelles. Après les explications de chacune de ses conjointes, il tranche aussitôt et sans appel, en faveur d'Adjoa Clarisse. Ce qui n'est pas du goût de Aya Jacqueline qui rouspète et parle de parti pris flagrant, de la part de son homme. Le ton monte entre les deux. Une bagarre s'engage alors. Et là, le mari ne fait pas de cadeau à sa femme Jacqueline, qu'il bat copieusement, lui tuméfiant l'œil gauche et manquant même de lui fracturer l'avant-bras.

L'affaire parvient au chef du village qui en prend ombrage. Il ne peut accepter une telle violence de la part d'un homme, à l'égard de sa femme. Alors, le samedi 1er octobre, il convoque le mari brutal devant la notabilité, pour lui « tirer les oreilles ». A l'issue de la rencontre, une sévère amende est infligée au planteur. On croit alors cette affaire close. Que non! Enoukou rumine vengeance contre sa femme, N'Guessan Jacqueline, pour laquelle, il dit avoir été humilié par la notabilité. Il arrête à cet effet un plan. Celui sordide, de rayer définitivement sa femme Jacqueline, de la liste des trois concubines qui réchauffent ses draps.

Ainsi, ce même samedi, alors que Jacqueline, malgré son mauvais état de santé physique, travaille dans la ferme située à 2 Km du village, Enoukou Emmanuel s' empare de son fusil de chasse et l'y rejoint. Et sur place, il libère une décharge de chevrotines en pleine poitrine de sa femme. Ne laissant aucune chance de survie, à la pauvre dame. Son décès est constaté. Le forfait commis, l'homme part se réfugier chez sa première femme résidant à Tioko.

La nouvelle du crime fait vite le tour du village. Mais on est sans nouvelle d'Enoukou, le mari sur qui pèsent les soupçons. Le chef fait alors organiser une battue, à l'effet de le retrouver. Le lendemain dimanche, il est repéré chez sa première femme. Lorsqu'il se rend compte qu'on est venu le chercher, l'homme qui n'entend pas assumer les conséquences pénales de son acte, s'enferme à double tour, dans l'une des pièces de la maison.

A ce moment-là, les jeunes venus l'appréhender, pour le livrer aux agents des forces de l'ordre, font du boucan à la porte, exigeant de lui, qu'il se rende immédiatement. Mais Enoukou n'est pas de cet avis. Les instants d'après, c'est le bruit d'une détonation qui se fait entendre du fond de la pièce où le planteur s'est terré. C'est la débandade. Mais lorsque les habitants, remis de leurs émotions, reviennent sur les lieux et défoncent la pièce, c'est la stupeur. Enoukou dit « Ressort » est étendu inerte, dans une mare de sang, face contre terre. Il est mort. L'arme du suicide qui dégage une odeur de poudre dans la pièce, traîne juste à côté du cadavre. Enoukou a donc préféré se donner la mort, que de répondre de son acte devant la justice.

Le lundi 3 octobre 2016, il est inhumé sans les honneurs, comme le recommande la tradition, en pareille circonstance. En revanche, le corps de Jacqueline, lui, séjourne encore à la morgue. La gendarmerie, informée, a procédé au constat d'usage.

Notons que ce crime est le quatrième, en moins de trois ans, commis dans ce village. L'avant-dernier remonte au mois de janvier 2016, où un allogène avait abattu son compatriote, avec un fusil de calibre 12, sans raison apparente.

Norbert NKAKA ( Correspondant régional)

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