Adjamé : drame à la cité « Grand bloc »

Deux hommes rivaux se battent à sang pour une jeune fille : un mort

Faits divers
Publié le Source : Soir info
deux-hommes-rivaux-se-battent-a-sang-pour-une-jeune-fille-un-mort la bagarre entre deux individus cause un mort Phd

C'est fou ce que l'amour de la chair peut entraîner quand il s'empare d'un être humain. Et pour cela, on va jusqu'à supprimer la vie à celui qui ose se positionner en rival. Cette situation dramatique, comme d'ailleurs bien d’autres avant, s'est produite à la cité « Grand bloc », à Adjamé.

De fait, rapportent des sources sécuritaires, la nommée D. Bintou, qui vit dans ladite cité, est une charmante demoiselle aux courbes qui ne laissent personne indifférent. Notamment, le nommé Kipré Clément et un autre, plus connu dans le secteur sous le surnom « Pasteur ».

Mais on le verra, le dernier cité est carrément aux antipodes des vertus religieuses du titre dont il est affublé. En tout cas, il ressort que Kipré et « Pasteur » n'ont d'yeux que pour Bintou. Chacun d'eux lui conte fleurette avec tout le bagout possible, pour ravir son cœur.

Mais dans cette bataille à la conquête féminine, les deux courtisans ne s'apprécient pas du tout. Chacun n'admet guère de voir l'autre tourner autour de Bintou. Ils ne manquent pas de se lancer des invectives et même des menaces de mort. Pourvu qu'ils se retrouvent sur le même « terrain », pour déclencher un sentiment de haine en chacun d'eux.

Mais Bintou, « bombardée » de part et d’autre de paroles mielleuses et de promesses les plus renversantes et décapantes, a-t-elle fait son choix ? Nos sources ne le disent pas.

Toutefois, il ressort que, le mardi 29 juin 2021, les deux « pointeurs » font un « croisement » chez la courtisée. Pour dire que les deux amoureux se retrouvent en même temps autour de la jeune fille. Il n'en fallait pas plus pour déclencher une colère noire en chacun d'eux.

Les deux hommes se lancent mutuellement des propos « sales », dénués de toute courtoisie et d'élégance. Mais, malgré l'intervention de Bintou, les deux courtisans bottent en touche la panoplie d'insultes, pour s'inviter sur le terrain des muscles. Et c'est la bagarre. Violente. Il faut des témoins de la scène pour les ramener à la raison avec d'énormes difficultés. Costauds et accrocheurs qu'ils sont. Tout comme son rival, Kipré Clément est une véritable armoire à glace. Un tas de muscles supporté avec peine par son mètre 80 au moins.

On croit qu'après ce pugilat, les deux hommes seraient habités par le sentiment de la sagesse. Que non ! Ce n’est que partie remise, à la vérité. Car, quelques jours seulement après, soit dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 juillet 2021, ils remettent le couvert.

Mais, avec cette fois, dans un coin de la tête pour « Pasteur », qu'aujourd'hui, l'un d'eux doit définitivement rester à quai. On apprend, en effet, que cette nuit-là, les deux gars se retrouvent une fois de plus auprès de Bintou.

Là, ils ne passent même pas par quatre chemins, pour s'empoigner. Dans la bagarre, le colosse de Kipré semble malmener son adversaire à qui il distribue des coups de poing comme de petits bonbons. Là, « Pasteur » va se parer des « habits » du démon de Belzébuth.

Pas question de laisser ainsi l’adversaire le défoncer et l'humilier devant la gonzesse. Et il a les arguments pour cela. C’est le couteau dont il s'est muni cette nuit-là. Avec cette arme blanche, il administre, à son rival, plusieurs coups les uns aussi violents que les autres. Le couteau s’enfonce chaque fois dans la chair de Kipré Clément.

Grièvement blessé, ce dernier s'affale de tout son long sur le dos. Les cris d’horreur de Bintou ameutent tout l'entourage qui accourt. Et « Pasteur », qui n'entend pas assumer les conséquences de tous ordres de son acte sanglant et criminel, prend la tangente et disparaît dans la nature. Non sans se débarrasser de son couteau, en le balançant sur son adversaire étendu.

Ce dernier saigne abondamment. Il se vide même de son sang. C'est pourquoi, il est bien trop tard, lorsque les éléments des sapeurs-pompiers militaires alertés, arrivent sur place. Kipré Clément, déjà victime d'une forte hémorragie, ne se relèvera plus jamais. Il est mort.

La police saisie, se rend sur les lieux du crime. Elle procède au constat d'usage et fait enlever le corps sans vie saignant toujours, par les services des pompes funèbres qui le transfèrent à la morgue d'Anyama.

Les agents de police ouvrent tout de suite une enquête en recueillant, sur place, des informations utiles pour l'établissement de toutes les circonstances du meurtre. Avec en point de mire, la recherche active et l'arrestation du tueur présumé.

Tout ça, pour une femme, diraient ceux qui prétendent de façon péremptoire, que des sentiments amoureux ne peuvent pas les conduire à de tels extrêmes. Mais à la vérité, doit-on vraiment ôter la vie, tuer un courtisan-rival pour valoriser la femme, objet de conquête amoureuse ? A-t-on le droit d’éliminer un rival pour prouver son amour indéfectible à l'égard d'une femme ? La problématique reste entière.

 

KIKIE Ahou Nazaire