Abus ou harcèlements sexuels chez les jeunes : Une application ''Stop chat noir'' pour dénoncer ces pratiques


26/03/2018
Abus ou harcèlements sexuels chez les jeunes : Une application ''Stop chat noir'' pour dénoncer ces pratiques

Briser le tabou en dénonçant, au travers d’une application sur les téléphones mobiles, les abus ou harcèlements sexuels pratiqués sur les filles de ménage, cousines, nièces…, dans les maisons.

C’est le sens de la création de l’application ‘’Stop au chat noir’’, qui va voir le jour d’ici trois à quatre mois. C’est Bénédicte Joanne, présidente de l’Association Train and Travel (Ndlr : en français, former et voyager), et de cette plateforme, qui a livré l’information, le samedi 17 mars 2018, lors d’une table ronde dénommée ‘’On va gbayer’’, au Plateau.

A cette occasion, elle a expliqué le contexte de la création de l’application. ‘’Nous avons initié un projet qui s’appelle Stop au chat noir, qui est une application mobile dont le but est de lutter contre le phénomène du chat noir. Aujourd’hui, c’est un début pour nous, de savoir ce que les jeunes filles vivent et pensent. C’est un premier vrai test pour savoir si les 25 filles présentes ont vraiment vécu cette malheureuse situation. En d’autres termes, nous allons voir dans quel cas on peut développer cette application par les jeunes eux-mêmes qui, très souvent, ont dû mal à en parler’’, a-t-elle expliqué. Et d’ajouter qu’elle-même fut victime de cette pratique qui, malheureusement, continue d’avoir pignon sur rue sous les tropiques.

‘’ J’ai moi-même été victime de chat noir, et j’ai su dire non. Par contre, je ne savais pas comment le reporter, et ça m’a pris deux ou trois mois dans la tête. Cette situation a eu un effet sur mon travail, jusqu’à ce que je me confie à une amie qui m’a conseillé de reporter ce fait là. C’est comme cela que j’ai partagé mon mal, et justice m’a été rendue’’, a-t-elle détaillé. Et d’ajouter que si elle a eu gain de cause, c’est parce qu’elle a osé. C’est cette expérience qu’elle veut partager avec ses sœurs ivoiriennes qui vivent aussi cette mauvaise expérience. ‘’En arrivant en Côte d’Ivoire, j’ai entendu mes sœurs parler de ça. Dès lors, je me suis dit qu’on pourrait faire quelque chose. C’est-à-dire créer une application avec les jeunes qui vont, eux-mêmes, agir sur le contenu’’, a-t-elle révélé. Pour elle, le véritable objectif, c’est de reporter vraiment des phénomènes qui se croient normaux. Puisque 3 hommes sur 4, selon un hebdomadaire de la place, ont, selon elle, déjà pratiqué le chat noir.

Isabelle Guiraud, Directrice commerciale et Marketing de Pluriel Communications, structure partenaire au projet, a, pour sa part, donné les raisons du soutien de sa structure à cette initiative. ‘’Ce projet est énorme et concerne tout le monde. Nous, en tant qu’agence de communication, ne pouvons rester muette face à ce fléau grandissant dans nos sociétés. Il fallait apporter notre expertise, en nous associant aux initiateurs de ce projet, et en proposant une vaste campagne média de sensibilisation dans tout le pays’’, a-t-elle fait savoir.

Séverin DJAHA

 

Severin Djaha

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  • SOURCE: Soir info

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